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Réflexion du MRAP sur l’islamophobie et le racisme anti-musulman

1. Antiracisme universaliste

Le racisme est un et indivisible avec des formes multiples et différentes victimes : Roms, Arabes, Musulmans, Noirs, Asiatiques, Juifs… Le combat universaliste pour l’égalité réelle, la défense et la promotion des Droits humains passe par la lutte contre le racisme, idéologie de domination, toutes les situations qui le génèrent et toutes ses déclinaisons.

Les expressions et les causes du racisme et des discriminations dans nos sociétés sont complexes. Et le combat antiraciste est très intimement lié aux problématiques économiques et sociales. Les politiques d’intégration et la question sociale ne se fractionnent pas.

Depuis sa création en 1949, le MRAP défend “la liaison entre tous les racismes et la nécessité de mener contre tous un seul et même combat.” (Droits et liberté, n°364-365, décembre 1977). Il a très vite pris en compte le racisme anti-arabe au même titre que l’antisémitisme.

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En octobre 2017 le MRAP publie un texte de référence sur l’antisémitisme (voir : https://mrap.fr/le-mrap-et-l-antisemitisme-etat-des-lieux.html).

Au regard des événements qui ont occupé le devant de la scène, le bureau national du MRAP a estimé indispensable de faire le point sur l’islamophobie et le racisme anti-musulman.

2. Islamophobie

L’origine du mot “islamophobie” remonte à la fin du XIXe siècle et son usage est avéré dès le début du XXe siècle par des sociologues coloniaux (Maurice Delafosse, Revue du Monde musulman, mai 1910) qui y voient un traitement discriminatoire de l’islam et des pratiquants de l’islam préjudiciable à la “politique musulmane” de la France, au développement de ses “colonies musulmanes”.

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En 2003, dans un contexte post-attentats du 11 septembre 2001, la paternité du mot est faussement attribué aux mollahs iraniens afin de discréditer ceux qui l’utilisent.

Le débat est dans l’espace public. La frénésie médiatique, la tonalité de certaines déclarations autour des “affaires de foulard” révèlent cette forme de racisme jusque-là contenue. Le MRAP s’interroge sur la pertinence et l’adéquation du mot. En septembre 2003, il organise un colloque à l’Assemblée Nationale : “Du racisme anti-arabe à l’islamophobie…” (Différences n° 249, janvier 2004). Il l’inscrit dans le combat contre toutes les formes de racisme et dénonce l’assignation forcée des musulmans à une “résidence communautaire” de plus en plus pesante.

Aujourd’hui, ce qui caractérise l’usage du mot “islamophobie” c’est sa polysémie. Pour les uns il doit être strictement réservé à la critique (légitime) de la religion islam, pour d’autres il se confond avec la définition de discriminations racistes dont sont victimes les personnes de culture, d’ascendance ou de religion musulmanes. Le plus souvent son usage oscille entre ces deux définitions. La Commission nationale consultative des droits de l’homme dans son rapport de 2003, note “une confusion croissante entre l’hostilité à l’immigration maghrébine prédominante dans les années 1990 et une hostilité à l’islam, aux musulmans, des amalgames avec la délinquance dans les quartiers dits sensibles, avec le fondamentalisme ou le terrorisme”.

À son congrès de 2004 (Différences n° 253, janvier 2005), le MRAP définit l’islamophobie dans le cadre de la définition légale de la provocation à la haine raciste : les actes islamophobes se traduisent par des violences, des injures, des discriminations envers les personnes ou des attaques contre leurs lieux de culte ou de sépultures. Ce nécessaire combat pour les droits des personnes ou groupes de personnes musulmanes, leur protection et leur respect, ne saurait tolérer son instrumentalisation. Le MRAP refuse toute limitation de la liberté d’expression de ceux qui usent de leur droit légitime à la critique des religions, leurs idéologies, leurs institutions ou interdits. Il précise : “Cette double vigilance est garante d’une action antiraciste pour une société apaisée.” Au-delà des approches diverses concernant le mot “islamophobie” le MRAP est uni dans la volonté d’agir avec force contre le racisme subi par les musulmans.

3. Musulmans en France

Dans leur dernière enquête conjointe sur “la diversité des populations en France”, parue en octobre 2008 sous le titre “Trajectoires et Origines”, l’Ined et l’Insee précisent que 2,1 millions de personnes parmi la population âgée de 18 à 50 ans se déclarent de confession musulmane, quelle que soit leur religiosité et leurs pratiques soit entre 6 et 7 % de la population. Sur cette base, l’INED estime la population musulmane en France entre 3,9 et 4,1 millions.

Le ministère de l’Intérieur avance en 2015 le chiffre de 4 à 5 millions. Ce n’est qu’une approximation puisque la loi française interdit les recensements sur la base de la religion. Il inclut les “musulmans déclarés”, les personnes de “culture musulmane” ce qui est flou. Certains sondages utilisent l’expressiond’origine musulmane” qui entretient des confusions (on peut être d’origine maghrébine sans être de confession musulmane par exemple).

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La grande majorité ne se reconnaît pas dans les marqueurs religieux qui peuvent faire clivage dans la société (sexistes par exemple). Cela ne les empêche pas de se sentir blessés par les attaques lancées contre l’islam et les musulmans. Ils ne se reconnaissent pas non plus dans le “jeu de ping-pong” entre les identitaires d’extrême-droite et les islamistes.. N’essentialisons pas “les musulmans” ! Prenons en compte leur diversité ; les musulmanes ne sont pas toutes voilées – loin de là – ou en burkini ni les musulmans en tenue de madrassa. La “population musulmane en France” est, comme toute la population, fort diverse dans ses référents et dans son positionnement religieux, allant des intégristes aux athées déclarés, voire militants. On est loin d’un “grand remplacement” fantasmé et d’une “islamisation” de la France.

Le discours islamophobe d’où qu’il vienne est redoutable par ses conséquences non seulement sur les “musulmans” ou supposés tels, mais aussi sur l’ensemble de la société. Ils formatent les esprits pour une acceptation des idées réactionnaires de l’extrême-droite et de la droite extrême qui veulent les utiliser pour accéder au pouvoir.

4. Racisme antimusulman

Le racisme anti-musulman – comme tout racisme – repose sur l’amalgame de chaque personne musulmane ou supposée telle à une image stéréotypée faite de préjugés construits et bien ancrés depuis des siècles. Les ressorts idéologiques de l’extrême-droite et de la droite extrême qui prétendent combattre l’islamisation de la France et désigner des boucs-émissaires pour détourner l’attention des questions économiques et sociales et pour diviser viennent de loin, particulièrement de la période coloniale.

À la fin du XIXe siècle les justifications idéologiques ne manquent pas pour stigmatiser “la nullité intellectuelle des races qui tiennent uniquement de cette religion [le mahométisme] leur culture et leur éducation” (Ernest Renan, L’islamisme et la science, 1910) et inférioriser pour mieux civiliser ces “barbares”.

L’ordonnance de 1944 relative au statut de FMA (Français musulmans d’Algérie) certes abrogeait le code de l’indigénat mais entérinait les inégalités coloniales. Avec la guerre d’Algérie, le racisme anti-arabe a connu une recrudescence violente et meurtrière.

Ce qui s’est construit en France à force de discours, de lois, d’aveuglement, de mensonges c’est l’idée d’une altérité musulmane incompatible avec la République, justifiant le rejet des personnes perçues comme pratiquantes.

5. Islam, islamisme, terrorisme

Les discours assimilant islam, islamisme, terrorisme viennent de loin. Un certain nombre d’attentats, celui du 11 septembre 2001 à New York, mais aussi ceux de Londres, Madrid, Paris…, l’existence d’États ouvertement théocratiques, comme l’Iran, l’Arabie ou le Soudan, la longue guerre civile en Algérie ont conforté l’invention par des idéologues occidentaux, dans les années 2000, d’une “guerre de civilisations” et la construction d’un “ennemi commun”. Celui-ci venait opportunément après la chute du mur de Berlin et l’implosion de l’URSS. La suspicion à l’encontre des personnes perçues comme musulmanes et de l’islam s’en trouve accrue.

Le terrorisme est bien évidemment totalement étranger à l’immense majorité des musulmans (de religion, de culture ou d’origine). Ils aspirent à vivre ici en paix. Mais certains courants de l’islam ont pris de plus en plus d’importance, soit de leur fait, soit du fait de ceux qui les stigmatisent pour agiter des peurs, les utilisent à leurs fins propres, politiques ou non. D’autre part, le refus de reconnaissance, les discriminations mais aussi des influences externes, la pression sociale ont pu provoquer des replis communautaristes et une volonté de mettre en avant son identité, exploités par le prosélytisme musulman. Ils ont pu pousser certains courants minoritaires à poursuivre des buts propres incompatibles avec les valeurs républicaines, les exigences d’un vivre ensemble apaisé et l’indivisibilité de la République. Plus encore, certains se vivant ou se présentant comme exclus de la République se sont appropriés des marqueurs spécifiques (voiles, tenues islamiques, dispenses scolaires, etc.) pour en faire leurs revendications communautaires.

Les droits individuels et collectifs ne sauraient dépendre de l’appartenance ou de la non-appartenance à une communauté. La laïcité doit garantir contre ces dérives. Elle doit être défendue contre ceux qui la confondent avec le rejet des personnes perçues comme pratiquant une religion, en particulier celles de confessions musulmanes et contre ceux qui, se réclamant d’une religion, rejettent les personnes perçues comme agnostiques, athées ou d’une autre religion.

Racisme anti-musulman et enfermement identitaire politico-religieux renvoient l’un à l’autre. Défendre les victimes du racisme anti-musulman implique de se détacher voire de combattre les tendances identitaires des groupes de l’islam politique et de construire une mémoire partagée y compris de la colonisation.

6. Pour l’égalité réelle

L’islamophobie est à la source d’actes violents contre les mosquées, les personnes de confession musulmane, notamment les femmes portant le voile dans l’espace public.

Les discriminations ne sont pas seulement le produit de comportements individuels ou collectifs racistes mais sont très largement le produit d’un système de domination idéologique et social, d’un racisme systémique incarné par la pérennité des discriminations à l’emploi, au logement, à l’éducation, aux discriminations parfois pratiquées par les institutions étatiques comme lors des contrôles aux faciès, la relégation, pour des raisons à la fois économiques, sociales et historique d’une fraction des musulmans dans les”quartiers populaires” trop souvent oubliés des politiques publiques (délabrement, absence de services publics, etc).

Certains s’efforcent régulièrement de manipuler l’histoire, d’inventer des concurrences entre des mémoires à rebours de la nécessaire construction d’une mémoire partagée évitant que se perpétuent les fractures du passé.

L’égalité réelle passe également par la défense des libertés publiques et individuelles. Il importe de prendre toute la mesure de la gravité de la situation créée par le développement actuel de l’islamophobie, autant pour la population musulmane ou supposée telle, que pour la société dans son ensemble.

Le MRAP, ses comités locaux, ses militant·e·s, ses adhérent·e·s poursuivent leur action pour un vivre ensemble apaisé. Une société se construit par l’inclusion, double mouvement enrichissant ceux qui incluent et ceux qui s’incluent.

Il est possible et nécessaire de s’appuyer sur le besoin de justice, d’égalité, sur l’empathie et la fraternité pour combattre les peurs et la haine sur lesquelles s’appuient celles et ceux qui défendent des intérêts particuliers.

Il faut combattre les discours de haine sur Internet sans sous-estimer les difficultés et s’efforcer d’y diffuser des messages de solidarité et d’amitié entre les peuples et les populations, agir auprès des jeunes générations, notamment en intervenant dans tous les lieux de vie, de loisirs, d’éducation, culturels ou sportifs, accueillir, soutenir, défendre les personnes victimes de racisme par l’action juridique.

Les propos de ceux qui profèrent diffamations, injures racistes envers une personne ou un groupe de personnes ou provoquent à la discrimination, la haine ou la violence raciste doivent être dénoncés et leurs auteurs poursuivis si nécessaire.

La réponse la plus déterminée et la plus unitaire possible doit être apportée aux porteurs de haine. Le MRAP et ses comités fidèles à leur combat, prendront toute leur part de cette recherche d’unité et du combat contre le racisme sous toutes ses formes et en l’occurrence contre l’islamophobie.

Commentaires

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  1. Dernier point Patrice. J’aurais tendance à penser que ce ne sont pas les gens qui s’intègrent ou s’assimilent mais les cultures que les gens intègrent et assimilent. En d’autres termes, un étranger doit assimiler la culture et les codes de son pays d’accueil comme on assimile une autre langue. Et quand cela heurte ses propres codes il peut en venir à renoncer à ceux-ci. Voilà pourquoi c’est toujours extrêmement difficile de faire souche dans un pays dont la culture est trop éloignée de la sienne. Il y a en effet alors des divergences importantes qu’un individu doit résoudre. Cela peut se jouer aussi à la 2eme génération avec des conflits de loyauté vis à vis des parents. Avoir une double culture devrait être vécue comme une richesse mais ça se présente aussi parfois comme un dilemme, un tiraillement. Alors on peut faire le choix de l’une ou l’autre de ses cultures. Quant aux générations au-delà de la 3ème qui voudraient rejouer les codes originels, j’ai bien peur qu’il ne s’agisse que d’une réaction de rejet de la culture du pays d’accueil pour toutes sortes de raisons. Je me demande si réellement elles ont un attachement viscéral à la culture de leurs aïeux ou si elles la fantasment plus qu’autre chose. Car en définitive combien de maghrébins ayant grandi ici sont capables de vivre au bled ou même leur religion comme elle se pratique dans leur pays d’origine ? De même combien parmi les hong kongais qui se révoltent contre Pékin sont capables de vivre comme en Chine continentale ?

  2. @patrice. Je ne contesterai pas les statistiques. C’est vrai que j’ai pu constater que les fils et filles de prolos ou d’immigrés étaient sous représentés en école d’ingénieur. Mais cela change
    aussi avec les représentations que ceux-ci se font de leurs chances dans la vie. Cela me désespère au fond que l’on entretienne l’idée d’un déterminisme social fondé sur la classe ou l’origine et m’agace que l’on résume l’individu à un être qui subirait son environnement ou ne ferait qu’y réagir. Et d’un autre côté, je trouve tout autant absurde l’idée que l’on puisse juger d’une vie à l’aune d’une réussite matérielle, d’un rang social pour lesquels il faudrait jouer des coudes. Être au sommet possède sans doute aussi des désavantages. On peut se sentir seul, se perdre. A l’opposé, je connais des gens modestes qui se contentent de peu. Cela me donne à penser, quand d’un autre côté les modèles de réussite sociale ne m’inspirent guère. Je n’ai jamais été non plus motivé ni par une revanche sociale ni par l’appât du gain. Je me souviens de ce que disait une prof de français, à savoir que le bonheur est un état d’esprit. Et j’aime aussi ce propos que l’on trouve dans le roman de Cunningham, les heures, inspiré par Virginia Woolf : le bonheur se résume à des instants, des heures dont la valeur ne se réalise souvent qu’à distance. Certes on ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche et il faut bien survivre et pour beaucoup, se battre. Mais pour autant les obstacles sur le chemin de la vie, fussent ils des injustices ou des discriminations, tant qu’ils n’anéantissent pas, donnent parfois naissance à des personnalités admirables et des destins extraordinaires. Le manichéisme quel qu’il soit me hérisse. Je ne suis pas platonicien et ne croit donc pas en un idéal aseptisé qu’il s’agirait d’atteindre coûte que coûte. Je reste au contraire nietzschéen en pensant que l’on ne peut trier le bon grain de l’ivraie dans la vie, qu’on doit tout prendre ensemble en acceptant celle-ci telle qu’elle est. Il s’agit surtout au final d’en faire quelque chose si nécessaire.

  3. On peut critiquer un religion mais pas haïr ceux qui y croient
    Quand nous étions anti-cléricalistes, nous ne pouvions pas être racistes puisque nous étions de la même race. Les catholiques étaient de notre race mais nous ne les aimions pas.

    J’invite les musulmans français à comprendre que la critique d’une religion une chose des plus normale. Surtout si la religion présente des aspects inquiétants sous forme de violence ou de terrorisme. Cet aspect inquiétant pourrait s’améliorer si l’islam d’Europe commençait à s’organiser pour se différencier de celui des pays musulmans.

    La chance de renouveler l’islam usé se joue en Europe ?

    • Les races n’existent pas, enfin si, la race des anges, la race des djinns, et la race des hommes.

      Nous sommes divisés en peuples, tous différents d’aspect et/ou de culture, mais nous sommes tous de la race des hommes.

      Faudrait que viennent des diables rouges ou des monstres à 3 têtes qui tuent les gens dans les rues pour le raciste voit son voisin comme un autre homme, comme lui.

      • @Ken. Histoire d’aller au-delà du mantra « les races n’existent pas », ci-joint un lien qui pose des questions et amènent a développer un peu de plus de subtilité à mon avis : http://rage-culture.com/les-races-humaines-un-debat-scientifique-clos/
        Il ne s’agit pas de nier les différences juste de ne pas réduire un humain aux caractéristiques du ou des groupes auxquels il pourrait être rattaché et plus encore de hiérarchiser les groupes entre eux.

      • Tout à fait Ken. L’islam est très explicite là-dessus. Comme le dit le Noble Coran, Allah swt nous a constitué en peuples afin que nous nous entreconnaissions mieux. La diversité résultante est ainsi un bienfait divin. Ceux qui souhaitent des copies conformes (peu importe leur bord) ne sont que des personnes ivres de leur égo surdimensionné. Ils sont un mal incarné. Nous devons faire en sorte de vivre avec eux sans tomber dans leur piège démoniaque. Ils ne font qu’insufler le malheur i.e. être comme eux (= ne pas accepter les différences).
        La notion de copie conforme est très intéressante. On remarque effectivement qu’il faut toujours un organisme accréditeur. Ceci nous amène à rappeler qu’en islam, point de clergé. En cela, l’islam soutient la laïcité puisqu’ils ont, 14 siècles après la recommandation d’Allah swt (il n’est jamais trop tard pour bien faire), enfin compris qu’il ne fallait pas de clergé et encore moins prendre pour Seigneur des faux seigneurs. Du coup, ils se sont retrouvés à énoncer la DUDH, là encore recommandation d’Allah swt (cf le Noble Coran) : tuer un seul être humain est comme tuer l’ensemble de l’humanité, pas de contrainte en religion, pas de clergé, à chacun sa religion.
        Bref, on notera que les efforts d’être conforme à l’islam est la meilleure chose qu’il soit arrivé à l’occident et plus particulièrement à la France. Quand c’est Allah swt qui accrédite, sûr que cela libère et universalise car rend proche du Créateur. Tout ceci est très jeune et très récent en France, il faut leur laisser le temps. Un musulman n’a pas à être laïc (corps catholique en dehors du clergé catholique) ni laïque (corps athée en dehors du clergé franc-maçon athée) mais simplement musulman pratiquant pour défendre la laïcité. À ce titre, il ne faut pas tomber dans l’anti-cléricalisme mais juste recommander de l’abondonner. Comme quand De Gaulle avait demandé de faire place à plus de citoyens non cléricaux lors du passage à la 5ème République (parlement envahie à 90% par des franc-maçons athées lors de la 4ème République). Il s’en est suivi une période où l »ascenceur social a fonctionné à merveille et cela a coïncidé avec pas mal de très bonnes choses. Si Allah swt a institué le libre arbitre, la raison et le coeur, mais surtout pas de clergé, c’est que c’est la meilleure voie de se rapprocher de Lui et de réussir. En cela, nous ne pouvons qu’inciter la République à être plus démocratique et à mieux défendre la laïcité. Sans être des fervents croyants en la République comme certains franc-maçons (voire laïques fervents) aiment à le répéter jusqu’à en faire une religion avec des rites dont ils estiment être les clercs (ou uniques véritables représentants), nous ne pouvons qu’adhérer à la constitution républicaine de la France afin de renforcer la démocratie, la laïcité pour le bienfait commun de tous les Français.

    • @JDL

      En effet, les anticléricaux des années 70 avaient tous ou presque été catholiques dans les années 60 Critiquer une religion, ou toutes les religions, (je préfère), ne saurait être assimilé à une quelconque forme de racisme. Ce sont d’ailleurs les religions qui entretiennent le racisme et la xénophobie, alors que les athées laïcs défendent la tolérance et les droits de l’homme.
      C’est aussi une imposture que poser l’idée que les religieux sont autre chose qu’une émanation de l’extrême droite la plus réactionnaire. Les exceptions à cette règle sont trop rares pour être prises en compte.
      Personne n’est tenu d’adhérer à une philosophie liberticide au service des nantis. Formellement, examiné à l’aune de la morale courante, telle que définie par Orwell, les religieux sont au service du diable. C’est bien entendu une métaphore.
      Enfin, je note le fait que les religions qui ont le vent en poupe sont les religions les plus fondamentalistes, et les moins attachées à la DUDH. J’en déduis qu’une religion qui s’humanise est une religion en voie d’extinction. Mais il faut se réjouir de l’un et l’autre. Ca marche ensemble. D’un côté le doute, qui ramène au bon sens, de l’autre, le fanatisme, qui conduit au meurtre.
      Les catholiques qui ont rompu avec le Vatican dans les années 70 n’ont pas tous pour autant perdu la foi. Ils ont juste abandonné l’idée selon laquelle le pape était autre chose qu’un mafieux. Je ne dis pas ça pour le dernier, qui semble assez honnête et ouvert. Mais voyez le résultat: Des églises désertées, et des prêtres importés de Pologne ou d’Afrique.

      • @patrice. Oui c’est assez classique, les religions qui versent dans le mal qu’elles prétendent combattre tout comme le prêcheur qui est débauché, le moralisateur qui est immoral. Il y a plusieurs raisons à cela mais qui toutes ont à voir avec l’absoluité religieuse. La première est qu’elles inventent une morale qui clive l’être humain selon deux pôles irréconciliables car absolus (le bien et le mal) selon une logique névrotique (basée sur la culpabilité), voire une logique schizophrénique (basée sur le déni de la réalité). La seconde est que les religions comme vous le dites ont à voir avec le pouvoir. Et comme le disait Lord Acton : « Le pouvoir tend à corrompre. Le pouvoir absolu corrompt absolument. » Les fanatiques, forts de détenir une vérité absolue, partent en vrille. Ils s’investissent de l’autorité de leur prophète, voire de leur Dieu pour réformer le monde dont ils ne comprennent même pas la nature profonde. Car le monde ne peut être tout blanc ou tout noir. Le monde est blanc et noir car les contraires fonctionnent ensemble. Mais allez expliquer ca aux zélotes de Mani qui en voulant extirper le « mal » ne font que le renforcer.

  4. Rien ne se remplace, tout se transforme.
    inspirée de Lavoisier, un chimiste des lumières héritier de la chimie arabomusulmane

    La résilience des musulmans face aux attaques tout azimut est extraordinaire. Tout comme la résilience des Français en général face à la propagande néo-nazi islamophobe.
    Je vous pose une question : Admetteriez-vous, vous qui faites de l’antisémitisme le facteur premier de votre lutte, que la judéophobie pullule dans les médias. Oseriez-vous expliquer que la tolérance à une judéophobie propagandiste sournoise, menteuse, stigmatisante et pullulante s’arrête au racisme anti-juif. Par quoi avait commencé la propagande nazi ?

    Je préfère parler de critique des croyances, toutes les croyances, athéisme compris, autres religions comprises.
    L’islam dit : à chacun sa religion et nulle contrainte en religion. Et pour rappel, cela a été énoncé 14 siècles avant la laïcité. Les pays du Maghreb laissent tout le monde s’habiller comme les gens l’entendent. C’est un point positif que les Français en général devraient apprendre. La photocopieuse, c’est pour les papiers, pas les humains. Je sais bien que certains fonctionnaires pètent un câble mais quand même. Et puis, qui choisit les modèles à photocopier. Bref.

    Islamiste, islamisme sont des mots creux sans contenu destinés à confondre l’islam et les musulmans. Ce sont des termes franco-français venant des mêmes idéologues néo-colonialistes. Les utiliser démontre l’inconscience générale vers le glissement de plus en plus évident d’un néo-nazisme anti-musulmans. Demander au peuple de différencier islam, islamiste, islamisme, musulman, c’est vouloir amalgamer malgré tout et en toute hypocrisie car 90% n’y arriveront pas. Comprenez que le choix des mots est un indicateur des intentions réelles.
    Les uns prêchent le laïcisme, les autres le christianisme quand d’autres le feront pour l’athéisme. Chacun prêche pour sa paroisse. Face à ce prosélytisme islamophobe généralisé, comprenez que toute bonne réaction intellectuelle saine apportera la critique du laïcisme, de l’athéisme, du chrisitianisme, du judaïsme et j’en passe des ismes.

    L’islam est la religion de l’équilibre. Rappelez-vous qu’on tourne autour de la Kaaba. Le midi est oriental, le 15h est asiatique, le 18h est africain et le 21h est occidental.
    L’athéisme croit qu’en étant hors religion, anti-religion, a-thée, il devient moins supersticieux ou incroyant voire plus rationnel. Cela ne veut rien dire sinon à inventer une religion personnelle et un ou des dieux personnels tout en plongeant dans le scientisme et mettre sous le tapis les goulags et autres joies du communisme athée. Idem pour les agnostiques qui se retrouvent en plus de ça, être des nihilistes anihilés, plutôt instables dans le temps voire maléables à corvée. Le judaïsme ne reconnait pas le christianisme et l’islam. Le christianisme ne reconnait pas l’islam et en appelle à la conversion des juifs et des musulmans. L’islam reconnait le judaïsme et le christianisme, en donnant une place à chacun d’abord et ensuite vient la discussion. L’islam dit que seul Dieu juge alors que pour les autres si point de Christ dans le coeur ou point de judaïsme dans le sang, point de paradis.

    Toutes les croyances se vivent ainsi comme anti quelque chose sauf l’islam. Dans ce monde des anti, il n’est pas étonnant de voir un point de convergence : celui de l’anti-islamisme puisque juifs, chrétiens, agnostiques et athées sont, dans leur doctrine, anti-islam même si entre eux ils ne s’entendent pas. Parmi ces croyances, seul l’islam est rassembleur et heureusement qu’il existe des athées, des agnostiques, des chrétiens et des juifs ouverts et heureusement que certains quittent ces croyances plutôt naturellement intolérantes envers les autres pour rejoindre l’islam. En tant que croyance universelle, il n’y a que l’islam qui énonce : à chacun sa religion et nulle contrainte en religion tout en y mettant la raison et la foi. C’est l’unique croyance universelle en totale conformité avec la laïcité en tant que droit. Plus les musulmans seront nombreux et plus la jeune laïcité française se renforcera pour ainsi perdurer.

    Plus que le problème de l’héritage coloniale, c’est un problème de culte et de culture qui concerne les non musulmans dans une problématique qui fait que l’universalisme moderne de France va à contre-courant d’une certaine mentalité ancrée. Ce changement de paradigme est tellement énorme que pour la première fois, des occidentaux peuvent enfin vivre auprès de non chrétiens sans inquisition. Il vient de là le problème du racisme systémique. Il s’agit d’une sorte de mentalité moyen-âgeuse mélangée à une mentalité colonialiste qui bute face à un modernisme universaliste. C’est également un héritage de la part obscurantiste des lumières : eugénisme, idéologie raciste, colonialisme, et tout cela avec des justification scientifico-culturo-religieuse où droite, gauche et monarchies eurent les mêmes dérives génocidaires et exterminatrices démontrant ainsi un fil conducteur commun de l’horreur en même temps qu’un sursaut universaliste. C’est donc beaucoup plus profond, et sans nier la problématique sociale, il s’agit avant tout d’une résurgence d’un phénomène, une sorte d’atermoiement moyen-âgeux néo-colonialiste. En cela, les musulmans doivent tenir bon et aider la France à faire ce travail sur elle-même. Il ne faut pas oublier que la République a très peu été démocratique mais plutôt autoritaire, et cela, les intégristes laïcistes i.e. les dévoyeurs de laïcité (de tout bord) en sont la preuve concrète.

    Je suis d’accord pour dire que le moyen-orient connait une période qui est identique à la menace soviétique en Europe dans les années de la guerre froide. Tout y est installé par les mêmes : les sionistes sont en majorité d’anciens soviets et ont construit un nouveau mur à détruire pour réinstaurer la justice et la liberté. Ce mur est le symbole de toutes les horreurs qui touchent cette région envahie et colonisée. Ces guerres imposent un contexte international tendu. Il est également là le problème. Toute est lié à la mentalité moyen-âgeuse colonialiste. Mais il faut relativiser.
    La Turquie est dans l’OTAN qui profite ainsi d’un avantage géostratégique énorme, les arabomusulmans du golf permettent le pétrodollar et autorise ainsi une hégémonie des USA. Citez-moi un seul pays à majorité musulmane qui agresse un pays occidental. Il n’y en a pas. L’inverse par contre est juste digne de la CPI et indigne de la DUDH. Quant à cette histoire de terrorisme, je vous invite à retrouver les déclarations de Trump qui accuse Hillary d’avoir créé daesh. Le livre 56 de Jean-Loup Izembert démontre que tout le monde est cocu. À quoi donc rime tout ce manège qui veut faire porter le chapeau aux citoyens musulmans ?

    Tous les extrêmismes sont dirigés contre les musulmans : daesh, les ultra-sionistes (surtout ceux des USA et Israël), les extrêmes droite européennes et les droites extrêmes européennes sans oublier le passé des gauches européennes qui n’est en rien rassurant. Comprenez ainsi les énormes dangers qui pèsent sur les musulmans. Venir ensuite nous expliquer que parmi nous se trouve le plus grand danger, que c’est notre faute, que c’est parce que des femmes portent un foulard, est vu comme si nous avions à faire à des grands malades mentaux. Sinon que cela nous indique la tentative de préparation d’un nouvel holocauste antisémite dirigé contre les musulmans, qu’Allah swt nous en protège. À la question, pourquoi selon vous Khadafi a été assassiné et son pays agressé. La réponse est : « Mais vous avez vu comment il parlait et s’habillait. » Terrible, quand on connaît la réussite sociale sous Khadafi, de voir comment l’opinion justifie des horreurs sur un peuple.

    Les uns ont du mettre de côté leur religion pour devenir un tant soit peu universel quand les autres redécouvrent leur universalisme religieux et donc leur religiosité. Terrible mal entendu, n’est-ce pas. Il s’agit d’une redécouverte de l’universalisme islamique par les musulmans d’une manière tout à fait naturelle et non d’un repli identitaire. Il s’agit effectivement d’un cheminement très mûri et très divers qui échappe à l’entendement des propagandistes et des non musulmans. Et ceci interroge notre époque que des femmes libres portent humblement un foulard au lieu d’arborer un décolleté. Je trouve cela très parlant et intéressant comme séquence historique. Avons-nous, dans notre liberté, le droit de vivre notre religiosité tout comme ceux qui vivent leur sexualité librement et arborent librement les parties de leur corps. C’est une question qui démontre face à l’histoire jusqu’où va la tolérance des « a-religieux » voire des « non-musulmans » quand ceux-ci dominent. L’histoire de l’islam contient en elle une magnifique et grande période s’étendant sur plus d’un millénaire de multiculturalisme. On verra si ceux qui s’annoncent en être à la hauteur feront mieux. Cela fait un demi-siècle déjà dirons-nous.

    Comprenez que les musulmans se vivent divers naturellement et ne sont en rien contre les autres croyances. Les familles musulmanes vous ont devancé de 14 siècles, ne l’oubliez pas. Mentir là-dessus ne fait que discréditer.

    Les musulmans ont réussi leur intégration dans leur diversité, c’est désormais à ceux qui ont du mal avec ça de l’accepter et de vivre avec le fait que la France est pour partie musulmane. Notre identité est pour partie musulmane. L’islam fait partie de l’Europe depuis le début du 8ème siècle. L’universalisme l’emportera. Inchahallah

  5. @Z

    Tout ce que vous dites n’est pas faux, mais, ayant enseigné jadis un temps à Sarcelles, je n’ai pas noté de différence de comportement entre les arabes, les noirs, et les blancs. Tous étaient pauvres, incultes, voire analphabètes, violents, et malhonnêtes. Ils habitaient bien sur des cages à lapins délabrées, que personne n’entretenait, ni l’office HLM, ni la mairie, ni les habitants. Le collège dans lequel j’enseignais était une horreur, avec des préfabriqués qui fuyaient, pas de matériel pédagogique, pas de livres, pas de ronéo (à l’époque), et l’on ramassait des débris de plaques de plâtre dans la cour pour écrire au tableau. Les profs étaient assortis au niveau général. C’était des débutants, comme moi, alors qu’il aurait fallu des gens expérimentés. Prétendre que ces élèves avaient les mêmes chances de réussir que ceux des banlieues riches est juste faux.
    Les problèmes de délinquance, déja énormes il y a cinquante ans, étaient dus en principal à l’absence exhaustive de police dans les rues. La vérité est que l’état a délibérément baisé les bras à partir des années 60, et que, aujourd’hui, il est trop tard pour réagir. La police n’ose plus intervenir, même pour protéger les pompiers. Du coup, le trafic de drogue est devenu le seul métier envisageable pour les jeunes des cités, toutes races confondues. Je pense d’ailleurs que ce laxisme est lui aussi volontaire. (Si on leur interdit de dealer, ils attaquent les gens dans la rue).
    En revanche, je vous concède que les populations asiatiques se sont mieux intégrées. Mais les « boat people » étaient le plus souvent d’anciens cadres du Vietnam sud, alors que les immigrés africains étaient des ouvriers agricoles venus chercher un travail mieux rémunéré. Même ruiné, un nanti garde une chance de rebondir. Un pauvre sans formation n’aura pas cette chance, ni lui, ni ses enfants.
    Enfin, tous les vietnamiens ou vietnamiennes que je connais ont épousé des blancs. Leur religion ne l’interdit pas. Il est évident que ça facilite l’intégration. Le voile est d’ailleurs emblématique de ce refus des mariages mixtes.
    Dernier point: Les africains immigrés diplômés n’ont pas de soucis d’intégration. Et leurs enfants réussissent. Bref, on a surtout à faire à un problème social.

    • @patrice.
      J’étais parti pour vous faire une longue réponse. Au final ça n’en vaut pas la peine. Vos clichés sur les vietnamiens sont à tout à fait du niveau des clichés antisémites en ce qui me concerne. Les boat people, des nantis ? Hilarant ! Mais c’est dans l’air du temps. On agresse ainsi des chinois parce qu’ils sont censés avoir de l’argent. Mort de rire !

    • Merci Patrice de ce recadrage à notre ami Zarathoustra qui à tendance à verser dans la caricature à la limite du racisme (bien que je pense qu’il ne soit pas raciste). Ce que vous dites est tellement évident pour l’avoir moi même vécu : l’explication à tout cela est essentiellement sociale et non pas ethnico-religieuse mais c’est que le battage médiatique à des effets même sur ceux qui à priori sont dotés d’une certaine instruction et d’un certain esprit critique (je sais plus où j’ai lu un article (chez Emmanuel Todd ?) qui expliquait que la propagande fonctionnait mieux chez une certaine élite que dans la populace ; une idée à priori contre intuitive…). Notre ami Zarathoustra ne déraille pas complètement il y a effectivement une minorité chez les minorités qui ferait bien de se retrousser les manches et profiter des opportunités offertes en France plutôt que de se complaire dans une posture victimaire car les choses pour les minorités en France ne sont pas aussi rose qu’il les décrits mais ceux qui veulent s’en sortir le peuvent car tout est loin d’être imparfait. Quant à l’immigration arabe/noire et de surcroit musulmane (double tare !) qui est génétiquement/religieusement porté sur la fainéantise et l’irrespect voir le crime (thèse Zemmourienne…) c’est absurde pour ne pas dire ridicule ! Quid l’immigration arabo-musulmane des USA notamment où la criminalité est de quasi zéro et l’intégration réussie ? Parce que tout simplement une immigration de gens riche du moyen orient, ayant accès aux meilleurs écoles et donc des CSP+. Quid aussi de l’immigration mexicaine chrétienne aux USA (Les gamins des cités ici sont des enfants de cœur à côté) ? Est-ce donc leur religion qui pose un souci ? ou leur couleur de peau (c’est vrai qu’ils sont un peu basanés). Eh bien alors lâchons-nous, on peut dire également les juifs sont surreprésentés chez les bandits en col blanc (Madoff,…) ? chez les délinquants sexuels (DSK, Epstein, Weinstein, Haziza,…), l’arnaque à la Taxe carbone, le trafic d’organes des rabbins, … ? Rassurez-vous je ne pense pas que le judaïsme n’ai quoi que ce soit à voir la dedans, au contraire, de la même manière que le christianisme dans ses valeurs n’a rien à voir avec la pédophilie chez les prêtres…ah les argumentations simplistes ! Pour ma part, ma foi a jouer un rôle incontestablement positif chez moi pour ne pas dire primordial et les exemples sont très très nombreux. Par contre chez Patrice, votre avis sur le voile ne repose sur rien d’autre que des peurs, des fantasmes, vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Connaissez-vous des femmes voilées, avez-vous discuté avec elles pour voir les raisons qui les poussent à le porter ? Moi oui, j’en connais beaucoup, certaines le retirent au travail car elles ont pas le choix (ce n’est pas l’honneur de la France que de les contraindre à le faire). Nous le disons, le répétons sans cesse (c’est notre devoir mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre), aucune volonté de sécessionnisme ou que sais-je, juste une volonté de plaire à Dieu (c’est de la pure relation verticale) sauf je veux bien le croire chez un petite minorité de rebelles en quête identitaire !

      • @Tarek.

        Vous m’avez bien lu et bien compris. J’ai ainsi parlé de minorités au sein des minorités. Et je vais vous faire peut être plaisir mais j’en ai déjà parlé. Je connais une femme algérienne qui a l’âge de ma mère, d’origine modeste. Elle se considère kabyle et pas arabe pour commencer. Elle est musulmane. Eh bien cette femme fait partie comme mon père de la première génération d’immigrés. En substance, des gens simples, courageux, travailleurs qui ont subi du racisme. J’admire cette femme comme j’admire mes parents. Elle exècre le comportement de certains maghrébins y compris dans sa famille. Comme sa sœur qui vient d’Algérie se faire soigner à l’œil car elle n’est pas satisfaite des médecins dans son pays. Elle me parle aussi de ces vieux qui débarquent du Maghreb pour bénéficier d’une retraite en France, sans doute proche de la sienne alors qu’elle a trimé toute sa vie sans rien réclamer. Elle me parle aussi de ces jeunes qui s’adressent devant elle à leurs copines en arabe en les insultant, pensant qu’elle ne comprend pas l’arabe ou de musulmans qui osent lui dire de porter le voile si elle est une vraie musulmane ou encore de ceux qui crachent sur la France et qu’elle renverrait elle-même au bled. Les premières générations d’immigrés n’ont rien à voir avec les petits cons qui pourrissent les banlieues et auxquels vous trouverez des excuses d’ordre « social ». Mais la majorité des asiatiques ne manifeste pas cette hargne que l’on trouve chez des arabes et des noirs. Je vous accorde en revanche tout ce que vous voulez : la discrimination mais qui s’alimente de ce qu’on constate dans la réalité comme ces prophéties auto réalisatrices, le niveau de vie minable que l’on trouve dans les HLM. J’y ai vécu et je plains les gens qui ne peuvent y échapper. Mais parlons donc tous les 2 entre « racisés » (pour reprendre les termes des gauchistes antiracistes, cons comme des manches) et osez me dire qu’il n’y a aucun facteur culturel qui rentrerait en ligne de compte, transmis par tradition ou véhiculé par les ondes pour re islamiser les musulmans. Plutôt que d’alimenter Patrice qui en arriverait à distinguer des immigrés nantis qui s’en sortent et d’autres qui ploient sous le joug du racisme de certains « blancs » (qui n’est pas une invention) et finissent nécessairement délinquants, osez regarder la réalité en face et avouer que des (et pas les) arabes et des noirs se complaisent dans un passé colonial qu’ils n’ont jamais vécu pour jouer les caïds. Ici sur Oumma, nous sommes pour la plupart tous éduqués et même très éduqués, musulmans et non musulmans. Alors osez dire aussi que nous sommes tous issus d’une immigration de nantis. Osez dire que la pauvreté explique la délinquance, sans faire intervenir des valeurs qui font barrage à nos pires instincts. Mais moi ce que je pense c’est qu’il y a des délinquants blancs, jaunes, noirs et arabes et même qu’ils ont des valeurs. Mais certains ont la fâcheuse tendance à appliquer leurs valeurs surtout à leur communauté et à justifier leurs actes comme une revanche sur les « dominants » parce qu’ils sont entretenus dans l’idée qu’ils sont des « indigènes » par tout un discours de gauchos et dans le même temps qu’ils sont la meilleure des communautés comme l’affirmerait leur religion, quitte à méconnaître, voire à réinventer leur histoire. Idéologie et culture se combinent pour minimiser ce que la justice, les valeurs républicaines ou même la religion devraient condamner de concert et sans aucun état d’âme. La voilà la vérité. Quant au voile, c’est un phénomène purement circonstanciel devenu politique.

        Minorités donc au sein des minorités. Mais au final que dit la minorité musulmane dans son ensemble quand on dénonce la minorité pourrie en son sein. Eh bien on a surtout l’impression qu’elle minore, qu’elle excuse, qu’elle est solidaire ou inverse la charge. Elle est bien aidée en cela par toutes les organisations gauchistes qui au nom de l’antiracisme participeront à l’organisation de marches blanches pour soutenir des familles de délinquants « dans la douleur d’avoir perdu un être cher ». On ne leur retirera pas cette douleur à laquelle ils ont droit mais on n’en fera pas non plus une bannière de l’antiracisme. No way !

      • @Tarek et Z
        Je connais des femmes voilées, et je m’entends bien avec elles. Il ne s’agit pas d’attaquer des personnes, mais une politique délibérée de clivage entre les communautés.Mes reproches vont aux gens qui incitent à porter le voile, pas aux femmes qui le portent, qui sont sous influence, et servent sans bien le réaliser une politique visant à couper la société en deux.
        S’agissant des vietnamiens, je sais de quoi je parle, vu que j’ai enseigné les arts martiaux de ce pays, et donc fréquenté une très grande quantité de viets.
        La plupart d’entre eux était issue de familles de cadres et de militaires du sud ayant fui le communisme. Ils étaient extrêmement pauvres à leur arrivée, mais se sont refaits à la vitesse de la lumière (au galop). Ca n’est pas un cliché, c’est juste ce que j’ai constaté. Et je confirme pour les mariages mixtes, quasi systématiques.
        Je confirme aussi le fait que les arabes diplômés, j’en connais quelques uns, n’ont pas de gros problèmes d’intégration. En règle générale, ils n’habitent pas les cités sinistrées, et leurs enfants ne sont pas incités à la délinquance, contrairement aux souchiens de ces cités pauvres, qui n’ont aucune chance de s’en sortir.
        Quand on évoque la misère des migrants, il faut aussi prendre en compte l’éducation qu’ils ont reçue, ou pas. Un immigré ruiné n’a pas tout perdu. Il lui reste ses connaissances et son expérience. On peut certes réussir en étant issu d’un milieu inculte, mais c’est beaucoup plus difficile. Ceux qui y parviennent n’en ont que plus de mérite.
        Toutes les statistiques des grandes écoles confirment le lien entre origine sociale et intégration au plus haut niveau.
        Ce que Z n’a pas compris concernant les boat people, c’est juste que ces personnes fuyaient le communisme, après avoir été des nantis, même si les images télé ne décrivaient pas ça. Rien à voir avec les gens qui débarquent à Lampedusa, et qui fuient la misère.
        Enfin, je suis hostile aux mesures contraignantes sur le voile. C’est contre productif. Il n’empêche que cet habit véhicule un message de rejet vis à vis des français de souche, ce qui est mal perçu et interdit les brassages.

        • Je ne comprends pas quoi Patrice ? Qu’en fait je descends de Bao Dai et que la branche vietnamienne de ma famille est issue de nantis alors que jusqu’à plus ample informé, je n’ai entendu parler que de gens d’origine modeste, voire pauvres qui n’avaient pas la chance de recevoir une éducation comme on peut en avoir en France ? Que les amis de mon père sont également des nantis alors qu’ils sont de la même extraction ? Que les boat people n’étaient ainsi constitués que d’élites fuyant les communistes ? Que les immigrés asiatiques en général comme les chinois sont issus de nantis et que cela explique les différences de perception de la part des français ? Que les asiatiques seraient particulièrement aussi enclins à s’intégrer et à se métisser quand ils se regroupent dans des quartiers communautarisés (voilà pourquoi mon oncle et ma tante qui vivent aux États Unis depuis un bail ne m’ont fait visiter que les Chinatowns des villes américaines de la cote Ouest, rencontrer que des amis vietnamiens, ne logent et ne mangent que dans le 13eme arrondissement à Paris quand ils viennent me voir et voulaient que leurs enfants épousent des vietnamiens) ? Qu’ils adorent aussi vos clichés et ne ressentent pas le racisme condescendant ou ne subissent pas un racisme plus agressif, même s’ils ne passent pas leur temps à s’en plaindre car ça c’est un trait culturel (voilà sans doute pourquoi certains continueront à se regrouper et à éviter de se mélanger à des français qui les estiment peut-être au final pour leur invisibilité ou à d’autres communautés) ? Que la culture n’imprime pas une mentalité à un peuple qui le distingue d’un autre dans sa façon de vivre, dans ses mœurs et ses coutumes, dans sa relation à l’autre (comme la notion de face chez les chinois mais aussi chez d’autres peuples en Asie orientale), dans sa vision du monde et que les cultures sont forcément toutes compatibles ? Que finalement seule votre foutue lutte des classes expliquerait le monde ? Mais alors cher Patrice, puisque la culture ne compte pas, comment expliquez vous le phénomène du voile que vous dénoncez à juste titre ? Ce que vous ne comprenez pas c’est que la culture est première (quand bien même elle s’imaginerait universelle alors qu’elle n’est au mieux qu’une vision universaliste parmi d’autres possibles) et que l’économie n’arrive qu’en second et ne prend sens que par rapport à une culture. N’avez vous pas compris par exemple depuis que vous êtes ici la notion d’usure et de finance islamique ? Ouvrez les yeux.

          • @Z

            Je ne puis bien sur exclure la possibilité de réussite pour un fils de pauvres, mais elle demeure néanmoins statistiquement faible. Tant mieux pour vous si vous échappez à la malédiction. Il se trouve que certaines personnes sont plus intelligentes que les autres, ce qui leur permet de réussir en dépit des obstacles. Mais la règle générale est qu’un fils d’ouvrier finit ouvrier, et un fils de cadre, cadre. Je ne fais que me référer aux multiples études sur le sujet, publiées ces dernières années.
            A part ça, je ne pense pas être raciste ou condescendant. Je ne négloge pas non plus le facteur culturel. Je note juste le fait que l’addition pauvreté + coutumes religieuses peut nuire à l’intégration, intégration que j’estime souhaitable. Tout le monde n’est pas de cet avis

  6. « Les discriminations ne sont pas seulement le produit de comportements individuels ou collectifs racistes mais sont très largement le produit d’un système de domination idéologique et social, d’un racisme systémique incarné par la pérennité des discriminations à l’emploi, au logement, à l’éducation, aux discriminations parfois pratiquées par les institutions étatiques comme lors des contrôles aux faciès, la relégation, pour des raisons à la fois économiques, sociales et historique d’une fraction des musulmans dans les”quartiers populaires” trop souvent oubliés des politiques publiques (délabrement, absence de services publics, etc). »

    Voilà donc le cœur de cette théorie du « racisme systémique » qui découlerait bien entendu du colonialisme. C’est juste faux. Le racisme n’est pas une pensée monolithique. Il évolue en fonction de la réalité. Il s’en nourrit. Quand les HLM ont été construits, ce n’était pas les poubelles qu’ils deviennent aujourd’hui du fait du comportement d’une partie de ses habitants. Je vois la même chose dans le quartier populaire où je vis. Les détritus que les gens jettent dans la rue, dans le canal de l’Ourcq, ou les encombrants qu’ils laissent n’importe où, les tags sur les murs, les types qui pissent dans les tunnels au niveau de la place Stalingrad (alors qu’il y a des pissotières gratuites à côté), sur les portes d’entrée des immeubles, … Vous pensez qu’il s’agit d’une réaction à des discriminations ? C’est juste une question d’éducation. La délinquance est une réalité dans les cités (deals, prostitution, braquages des commerçants, …). Bien sûr que les services publics reculent vu que les gangs y font la loi. Contrôle au faciès à juste titre. Les flics sont habitués à être confronté à des racailles qui sont souvent d’origine africaine et aussi d’Europe de l’Est à présent. Bien sûr qu’il y a de la discrimination au logement vu la manière dont les logements sont dégradés sans compter le tapage nocturne et autres incivilités qui font de la vie de quartier un enfer.

    Discrimination dans l’éducation. Ou avez vous vu ça ? L’éducation nationale est gauchiste de culture. L’éducation en France est l’une des moins chères au monde. Une vraie chance. Mais encore faut il accepter d’étudier. Ainsi quand on est confronté à des élèves qui ne veulent rien apprendre, perturbent les cours, remettent en question les enseignements (histoire ou éducation physique par exemple) au nom de leur religion, on fait quoi ? Ah oui je sais. On « adapte les enseignements ». On supprime par exemple le système de notation, trop « stigmatisant » pour les élèves qui sont considérés comme des poupées en porcelaine. On remplace l’étude des grands auteurs par celle des chanteurs de rap. C’est vrai quoi. Médine est tout à fait comparable à Baudelaire ou Rimbaud. Tous des poètes ! On finira sans doute d’ailleurs par se souvenir des Misérables comme d’un film de Ladj Ly sur les banlieues. Pathétique ! Et dire qu’il fut un temps où le PCF itself éditait une petite bibliothèque de classiques pour le peuple. On ne pensait pas alors que celui ci était inapte à comprendre et à goûter les grands auteurs.

    Discrimination au travail. Aujourd’hui n’importe qui, quelque soit son origine accède à des postes prestigieux quand il a fait de bonnes études et a du talent. Enfin d’où vient l’essentiel des actes terroristes aujourd’hui ? Bref il faut arrêter de se raconter des histoires. Il y a bien des minorités au sein des minorités qui foutent la merde dans ce pays et alimentent par rebond le racisme qui était en vérité devenu marginal. D’ailleurs, les français de souche au « racisme systémique », à la « pensée viscéralement coloniale » n’ont absolument pas la même attitude vis à vis des asiatiques que vis à vis des maghrébins et des noirs dont certains peuvent jalouser d’ailleurs les premiers et exprimer leur racisme. Les clichés ne se nourrissent donc pas du passé fut il colonial mais bien du présent. C’est bien l’erreur de l’antiracisme actuel de recourir sans cesse au passé si bien qu’il en devient réactionnaire et perd au final tout son caractère universaliste en construisant des clichés autour de la figure des « nouveaux damnés de la terre ». Je me souviens de ce que disait Condoleeza Rice à l’époque de Bush junior : elle était républicaine et pas démocrate parce qu’elle ne voulait pas devoir sa carrière à sa couleur de peau ou à son genre via l’assistanat mais bien à son mérite. Mais avec vous, on sent bien qu’il faudrait plutôt excuser d’emblée les comportements et les actes des « racisés » ou prendre des pincettes pour ne pas les « stigmatiser ». D’ailleurs les médias utilisent moult précautions dans ce sens : éviter aussi longtemps que possible de donner le prénom de délinquants, de terroristes, utiliser des termes comme blesser d’un coup de couteau dans le cou pour ne pas dire egorger, … Bienvenue dans le monde d’Orwell avec une novlangue qui réussit aussi à décliner l’islam avec plus de 50 nuances de « piété » : l’islam modéré, radical, extrémiste, l’islamisme, le salafisme, le frerisme, le takfirisme et surtout « le pas d’amalgame » et le « ce n’est pas ca l’islam ».

    En tout cas continuez avec ce genre de vision passéiste en gardant vos œillères. La gauche est au fond du trou et elle va y rester. Et on sait pourquoi à présent. Le jour où elle saura affronter la réalité et aura le courage de dénoncer les dérives de plus en plus nocives du communautarisme ethno religieux, elle redeviendra peut être crédible. En attendant l’extrême droite et la droite extrême comme vous dites ont de beaux jours devant elles.

  7. – Assimiler la critique de l’Islam à du racisme n’a pas de sens, pas plus que parler de racisme anti chrétien.
    – La critique des religions est légitime entre autre du fait du prosélytisme religieux, et des pressions exercées sur la société par les croyants. La Manif pour Tous en est un bon exemple. On a à faire à des religieux qui souhaitent réduire les droits d’une partie de la population. Les athées aussi ont droit à la légitime défense.
    – Ce qu’on appelle islamophobie s’exprime en règle générale via un rejet du voile islamique, qui doit être perçu comme une provocation délibérée visant précisément à cliver la société. Juste pour mémoire, ce vêtement avait disparu en France dans les années 80. Pourquoi relancer cette pratique d’un autre âge, sinon pour couper en deux la société?
    – Il n’existe pas de race musulmane. La plupart de musulmans ne sont pas arabes, et tous les arabes ne sont pas musulmans. Par contre, il existe une culture musulmane, avec ses qualités et ses défauts, qui ressemble d’ailleurs beaucoup à la culture chrétienne des habitants du sud de l’Europe.
    – Sous la réserve expresse de ne pas juger des populations globalement, en supposant que tous les individus se comportent de la même façon, il est malgré tout loisible de critiquer des coutumes, comme par exemple, le patriarcat. Il est cependant vital de ne pas sombrer dans une forme de xénophobie, comme celle qui pousse à détester les corses en leur prêtant tel ou tel défaut supposé congénital à leur origine.
    – Enfin, la critique d’une religion ne doit jamais conduire au rejet de ses adeptes. A titre de comparaison, on peut dénoncer les dérives du communisme sans pour autant faire le procès de son voisin militant au PC.Cela n’interdit pas de rappeler les exactions staliniennes.
    – Dernier point. Critiquer l’Islam implique de critiquer aussi les religions apparentées, à savoir les monothéismes, qui défendent des valeurs quasi identiques. A défaut, on sombre en effet dans une forme larvée de racisme.

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