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Origines de l’islam : le déni musulman

Un grand nombre de détracteurs musulmans persiste à nier l’évidence des acquis de la recherche historique, de ses découvertes nouvelles. Celles-ci invalident désormais et sans le moindre doute possible le substrat de la tradition musulmane dont les grandes lignes prévalaient naguère dans les milieux scientifiques[i]. Ces découvertes semblent inacceptables pour ceux qui font prédominer leur foi – ou leur fantasme – sur la réalité que la science a mise au jour. Ils s’enferment donc dans des stratégies de déni, de contestation de leur valeur scientifique, de moralisation des débats, attaquant les messagers pour s’épargner de considérer les messages.

Dans le sillage de nos récentes contributions[ii] sur l’avancée des travaux historico-critiques consacrés à la genèse de l’islam, un certain Ahmed Amine, historien autodidacte, s’est ainsi attaché à fustiger des thèses et des personnes qu’il qualifie arbitrairement « d’hypercritiques » dans une récente publication parue sur Oumma.com[iii]. Il y déplore la partialité supposée de ces chercheurs et leurs intentions présumées de « déconstruire » des consensus établis[iv].

Il reste que ce « droit de réponse » – c’est le titre de l’article et la revendication de son auteur – fait sursauter, tant cette notion recouvre en principe une situation spécifique à laquelle Ahmed Amine ne peut prétendre. Cet auteur n’est l’objet d’aucun de nos articles et sa personne n’y a jamais été attaquée. Seule l’historicité du récit traditionnel de l’islam est au cœur de nos analyses. En revendiquant un « droit de réponse », Ahmed Amine montre qu’il s’identifie lui-même à l’islam, ou aux principaux rédacteurs de son récit traditionnel vis-à-vis duquel il affirme pourtant avoir pris ses distances[v]. Aussi, le présent article se pose-t-il comme une mise au point nécessaire dans l’intérêt du lecteur d’une part – témoin direct d’un type de raisonnement faussement scientifique, ou plutôt « scientifisant », que nous allons examiner – et de la recherche historique d’autre part, pour la défense de sa légitimité scientifique.

1) Contester la valeur scientifique

L’article d’Ahmed Amine s’illustre particulièrement par cette incapacité à discuter de la teneur du dossier historique. Il use de diverses ficelles pour cela, comme l’entretien d’une confusion permanente entre la narration de l’histoire selon le scénario proposé par telle ou telle thèse[vi], et la logique démonstrative de leurs cadres théoriques respectifs. Ou bien comme la déformation des arguments qu’il conteste, présentés de manière volontairement partielle et incomplète pour éviter de s’aventurer réellement dans leur examen. C’est la tactique classique de « l‘homme de paille ».

Il prétend de la sorte contester la « mise à l’écart »[vii] de la tradition islamique à laquelle nous procéderions à la suite de toute « l’école critique ». Or, ceci est une fausse accusation, qui procède d’un amalgame entre l’examen scientifique du récit traditionnel et une prétendue exclusion a priori des sources musulmanes. Dans le strict cadre de la méthode scientifique, les éléments du récit traditionnel sont évidemment pris en compte au travers de leur analyse critique comme le sont n’importe quels autres témoignages et n’importe quelles autres sources.

Par ailleurs, l’ensemble du récit traditionnel des origines n’est pas non plus rejeté a priori, par principe. Il est simplement considéré comme un scénario, comme une hypothèse parmi d’autres, à la manière de celles que formulent les chercheurs pour expliquer les différents éléments relatifs aux origines de l’islam – sources scripturaires, traditions, vestiges, artefacts divers, etc. C’est ainsi que l’on procède selon la méthode scientifique : on formule des hypothèses, des scénarios possibles que l’on confronte aux données disponibles.

C’est la confrontation du récit traditionnel à ces données qui l’invalide globalement : « l’hypothèse musulmane » se révèle en effet incapable de rendre compte de l’ensemble du dossier historique[viii] en l’état des connaissances disponibles. Au cas par cas, tel ou tel élément du scénario musulman peut certes se révéler compatible avec le dossier historique, mais pas au global, pas dans les grandes lignes de la tradition musulmane rappelées précédemment (à savoir l’apparition de l’islam au VIIe siècle en Arabie par la prédication de Muhammad). Il n’est donc nullement question, dans les travaux que nous développons dans nos synthèses, « d’écarter » par principe la tradition musulmane, mais seulement de la soumettre à un strict examen critique. En soutenant le contraire, Ahmed Amine s’interdit de discuter de l’essentiel[ix]. En somme, son problème de fond se trouve être l’ignorance ou la non application de la méthode scientifique. Il n’est pas sans rappeler les reproches que formulait déjà Ibn Khaldoun contre les « historiens » musulmans, dès l’introduction de ses Prolégomènes[x].

Selon les termes d’Ahmed Amine, nous « passerions sous silence »[xi] les travaux de « l’école orientaliste »[xii]. Et pour cause, car ceux-ci n’intègrent pas les acquis de la recherche dite « critique ». Effectivement, puisqu’ils ne prennent pas en compte toutes les données d’époque, puisqu’ils ne peuvent pas prendre en compte celles issues des découvertes les plus récentes, ils ne peuvent que proposer des hypothèses partielles ou fantaisistes. Elles pouvaient être légitimes en leur temps, mais sont dépassées désormais que s’accumulent de nouvelles découvertes. Tous ignorent en effet les chroniques et témoignages attestant de l’existence d’une espérance messianiste chez les « Tayayê » qui ont marché sur Jérusalem en 637-638[xiii].

Ils font l’impasse sur le projet de ces conquérants, déterminés à restaurer le Temple de Jérusalem sous la houlette de leaders décrits comme « juifs ». Ils ignorent en outre les graffitis retrouvés en Syrie qui établissent l’existence d’une communauté première de Muhāǧirīn[xiv], tout comme ils ignorent les descriptions historiques d’une tribu commerçante de « Quraych » installée en Syrie où les ruines d’un caravansérail[xv], lieu d’accueil de marchands nomades et de commerçants caravaniers[xvi] étaient encore visibles en 1920[xvii]. Toute hypothèse plausible relative aux origines de l’islam se doit désormais de prendre en compte et d’expliquer ces éléments. Et c’est valable également pour le récit traditionnel musulman, qui, les ignorant tous, s’en trouve de fait invalidé.

Quant à l’existence de La Mecque selon le récit traditionnel, faire état des travaux procédant toujours du postulat musulman qui l’établit comme lieu des origines de l’islam n’a plus de sens maintenant que les historiens ont, par exemple, établi sur le plan philologique, logique[xviii], climatologique[xix], commercial[xx] et surtout sur le plan archéologique que La Mecque n’existait pas au temps de Muḥammad[xxi]. Aucune source ancienne ne la mentionne. Ahmed Amine fustige là ce qu’il appelle « l’argument du silence » des sources en faisant valoir que « l’absence de preuves n’est pas forcément une preuve d’absence »[xxii].

Certes, La Mecque n’a pas été explorée par des équipes obéissant à la même rigueur que Christian Julien Robin, archéologue du CNRS rompu aux meilleures méthodes en la matière. Cela n’empêche qu’absolument rien n’a été exhumé des fouilles titanesques entreprises par les autorités saoudiennes sous la supervision de Commissaires aux Antiquités dans l’encadrement de tous ces travaux[xxiii]. Le « paradigme mecquois » a été ainsi complètement transformé ces dernières années. Il faut désormais l’admettre et faire avec. Ceci ne disqualifie pas cependant l’ensemble de ce qui s’est fait auparavant. Les travaux de Jacqueline Chabbi, par exemple, principalement fondés sur sa connaissance de la langue arabe islamique[xxiv] et son étude des caractères tribaux des Arabes d’Arabie, ne prennent jamais en compte les éléments du dossier qui montrent l’inexistence de La Mecque au VIIème siècle[xxv]. L’hypothèse qu’elle propose d’une origine mecquoise n’est donc pas valide, même si certaines de ses analyses sur la société bédouine recouvrent un intérêt évident[xxvi].

Autre élément, non moins significatif : l’emploi du vocable « musulman » qu’Ahmed Amine associe systématiquement à « Hagarène », « Tayayê » ou « Mahgraye »[xxvii] relève de l’interprétation forcée[xxviii]. La traduction qu’il propose des témoignages contemporains de l’avènement de l’islam oriente la lecture de son texte vers un sens conforme à l’idée qu’il se fait des premiers conquérants arabes[xxix]. En orientant ainsi la lecture, on présente les « proto-musulmans » comme un tout homogène pourvu d’une parfaite cohérence ethnique. Pourtant, ceux qu’Ahmed Amine appelle « musulmans » ne se désignaient pas eux-mêmes ainsi[xxx]. D’ailleurs, outre les mentions précitées, on ne trouve quasiment pas d’évocation des « Arabes » dans les tous premiers temps de l’islam pour décrire les conquérants (on parle de nomades, d’ismaélites, etc.)[xxxi]. Qui sont donc ces « musulmans » ? Qu’étaient-ils avant l’établissement de l’empire califal et de la civilisation islamique, qui les a constitués en nation et dotés d’une langue arabe restructurée et normalisée ?

2) Moraliser le débat : « vrai/faux » vs. « bon/mauvais »

L’application de la méthode scientifique exige le recul critique et l’exclusion de tout jugement de valeur. Or, Ahmed Amine s’adonne dans son article à une moralisation du débat incompatible de fait avec la méthode scientifique. On attendrait d’un historien rigoureux que telle découverte ou telle publication soit jugée selon des critères scientifiques, comme « vraie », « fausse », « partiellement vraie », voire « contestable » à la lumière d’éléments factuels ou d’éventuelles failles méthodologiques (oubli, lacune, impasse, etc.). L’appréciation d’Ahmed Amine, cependant, se fonde sur une dichotomie « bon / mauvais » selon que ladite découverte lui convient ou non. Ainsi, ce ne sont plus les faits, les études et travaux des chercheurs qu’il juge, mais ces chercheurs eux-mêmes.

Ce qui nous amène à l’attaque ad personam présentée par Ahmed Amine comme une « critique acerbe » qu’aurait décochée l’historien britannique Robert Bertram Serjeant en direction de Patricia Crone[xxxii]. Il s’agit là d’un cas manifeste de procès d’intention, qui cherche à disqualifier l’interlocuteur sans faire porter le débat sur le plan des faits et de la réalité de son travail. L’appréciation de cet historien ne porte pas en effet sur la pertinence des études, des découvertes, et éventuellement des méthodes de Patricia Crone. Nulle part, dans la citation rapportée par Ahmed Amine, Serjeant ne discute de la qualité ni de la rigueur des argumentations de Crone. Il s’agit ni plus ni moins que de déplacer le jugement sur le terrain de la morale.

Ainsi, Crone ne serait pas une « bonne » personne du fait de ses « mauvaises » intentions. On escamote là son travail, et plus généralement tous les principes de la recherche historique au profit d’un « bien » subjectif puisqu’il dépend de la seule définition de Serjeant. Celui-ci s’érige en procureur moral associant le « bien » et le « mal » non pas à des actes mais carrément à des personnes qui, en elles-mêmes, incarneraient ce « mal ». Ce qui permet de les discréditer directement, sans chercher plus avant à s’intéresser à leur travail. Pourtant, ni Serjeant ni Ahmed Amine ne connaissent les intentions en question. Et quand bien même les connaitraient-ils, ce n’est même pas le sujet. Que le chercheur soit « bien » ou « mal » intentionné, cela n’enlève rien aux faits que ses travaux établissent, aux vestiges archéologiques qu’il met au jour, aux qualités de rigueur du raisonnement scientifique qu’il déploie[xxxiii].

Ahmed Amine ajoute à cette insupportable moralisation du « cas Crone », l’usage de l’argument d’autorité, par nature très délicat à manier, et utilisé de plus par lui à très mauvais escient. Il prétend disqualifier la thèse de Patricia Crone non pas parce qu’il en démontrerait l’incohérence ou les conclusions erronées, mais parce que d’autres les auraient invalidées. Il se réfugie derrière des citations d’historiens pour éviter de montrer où Patricia Crone aurait pu éventuellement biaiser, sachant de plus que l’on peut citer des dizaines d’autres chercheurs[xxxiv] qui soutiennent globalement les thèses de Crone.

C’est le cas de Fred Donner[xxxv], de Gerald Hawting[xxxvi] et Robert Hoyland[xxxvii], ces deux derniers étant très proches d’elle, ou encore de Stephen Shoemaker[xxxviii]. Au final, cette citation avancée par Ahmed Amine lui épargne toute discussion sur le fond des arguments sans jamais s’aventurer sur le terrain des démonstrations de Crone – et, possiblement, de leurs effets potentiels sur sa foi musulmane. Il ne vise en fait qu’à discréditer les études qui n’épouseraient pas le scénario musulman[xxxix], du moins ce qu’il en a retenu pour lui-même.

3) Attaquer les messagers pour ne pas avoir à considérer les messages

C’est ainsi que sous couvert d’analyse critique, Ahmed Amine, comme nombre de détracteurs musulmans, s’attache à étendre cette moralisation du débat (« bien/mal » au lieu de « vrai/faux ») depuis les travaux et publications des chercheurs jusqu’à leurs personnes elles-mêmes. Ce faisant, il raisonne non pas en fonction des faits mais selon les intentions qu’il prête aux chercheurs, selon les étiquettes qu’il leur attribue, et qui, selon lui, présument de la qualité des faits qu’ils mettraient en avant. Un chercheur appartenant selon à ce qu’il définit comme « l’école orientaliste » appartiendrait ainsi au « camp du bien », crédible, honorable, méritant la considération, et à l’opposé, tel autre chercheur émargeant à une soi-disante « école hypercritique » appartiendrait au « camp du mal », vil, islamophobe, idéologisé et menteur.

Comme souligné ci-avant, celui-là qui est le « mal » est alors disqualifié entièrement dans le débat, et tous ses travaux avec lui, ce qui remplace à peu de frais leur étude et l’examen des faits. Il y aurait ainsi des chercheurs « impartiaux » et des chercheurs « partiaux »[xl], ces derniers étant alors disqualifiés d’office et leurs travaux avec. De tels raisonnements sont couramment admis dans certains cercles musulmans, rompus à l’usage des logiques « pur/impur », « musulman/mécréant », « honnête/malhonnête »[xli], mais ils sont bien étrangers aux principes de la recherche scientifique.

Dès lors, pour Ahmed Amine, notre approche ne viserait qu’à « décrédibiliser » et « déconstruire » des faits « communément admis »[xlii], ce qui nous fait basculer dans le camp des chercheurs « partiaux », c’est-à-dire le camp du mal selon lui. Tant qu’il n’acceptera pas de travailler comme le font les historiens sur la base de l’analyse critique, que ce soit celle des sources contemporaines des faits, comme celle de ce que les générations et les siècles d’après ont dit de l’époque, on ne pourra faire crédit à notre sémillant autodidacte d’une quelconque rigueur scientifique dans son approche, ce qu’illustre hélas son article, lui-même dépourvu de cette rigueur scientifique. Tout cela se révèle d’autant plus problématique qu’Ahmed Amine se réclame justement – et donc à tort – de la science auprès d’un grand public musulman peu familier de la méthode historique.

4) Conclusion : « la mécanique du déni »

Nous appelions de nos vœux des réactions à nos articles comme autant d’occasion de débattre, de confronter des points de vue et d’examiner des arguments selon les bases rigoureuses de la méthode de recherche scientifique appliquée à l’histoire. Hélas, en faisant la démonstration dans son article de son mépris de tous les principes scientifiques, Ahmed Amine s’exclut lui-même du débat. Restent ses calomnies, ses médisances et ses mensonges qui ne manqueront pas de produire leur effet auprès de son public. C’était sans doute ce que visait Ahmed Amine. Que l’imposture de ses prétentions scientifiques soit cependant ici démasquée.

Il n’empêchera pas de toutes façons la marche inexorable de la science. Mentionnons par exemple certaines études, comme celle des manuscrits de Sanaa[xliii] dont certains des recueils les plus anciens indiquent que le Coran procède d’un travail éditorial ; comme certaines recherches sur les témoignages non musulmans contemporains de Muḥammad et de la conquête arabe ; comme ces études coraniques qui établissent que les « nasara » coraniques n’étaient pas des « chrétiens » mais des fidèles du « peuple de la Torah »[xliv] ; comme celle du contexte politico-religieux de la Syrie du début du VIIème siècle qui fut selon toute vraisemblance le foyer réel de la naissance de l’islam[xlv] ; comme celle des vestiges archéologiques du caravansérail des Quraych exhumés en Syrie ; comme celle des origines syriennes de la communauté première des Emigrés[xlvi] ; comme celle du rôle capital de personnes décrites comme des « Juifs » dans la prise de Jérusalem (637-638), engagés conjointement avec les Arabes ainsi qu’en attestent les témoignages d’époque ; comme celle du projet de reconstruction du Temple de Jérusalem à la même époque par ces mêmes conquérants[xlvii] ; comme celle des soubassements syro-araméens du texte coranique[xlviii], etc.

Ahmed Amine semble n’avoir que son déni comme réponse à toutes ces études. Cette incapacité à tenir compte de l’ensemble du dossier historique ne surprend guère, tant ses acquis heurtent le scénario musulman des origines. Il n’empêche qu’un tel déni, largement consommé dans les cercles musulmans, contribue à aggraver la crise de légitimité profonde dont pâtit déjà le discours musulman dans ce domaine et disqualifie un peu plus ses auteurs comme interlocuteurs, au point de les priver de toute voix au chapitre.

 

 

 

 

[i] A savoir l’apparition de l’islam au VIIe siècle en Arabie par la prédication de Muhammad.

[ii] « L’islam à l’épreuve de ses origines », https://blogs.mediapart.fr/hocine-kerzazi/blog/270418/l-islam-l-epreuve-de-ses-origines ; « Origines de l’islam : plaidoyer pour une approche historico-critique », https://blogs.mediapart.fr/hocine-kerzazi/blog/290418/origines-de-l-islam-plaidoyer-pour-une-approche-historico-critique; « Origines de l’islam : écueil du discours musulman », https://blogs.mediapart.fr/hocine-kerzazi/blog/140518/origines-de-lislam-ecueil-du-discours-musulman; « Le Hadith aux abois », https://blogs.mediapart.fr/hocine-kerzazi/blog/100818/le-hadith-aux-abois

[iii] https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/

[iv] « L’approche dite modérée, ne cherche pas systématiquement à décrédibiliser ou déconstruire un fait communément admis. Elle ne cherche pas non plus à substituer l’histoire connue par un scénario alternatif en rupture totale avec le consensus établi » ; « L’objectif étant la déconstruction, c’est-à-dire, faire éclater le carcan du paradigme précité puisqu’il est jugé trop dépendant de la tradition » : https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/

[v] « Il ne s’agit pas de notre part, d’accorder une confiance aveugle à la tradition musulmane », https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54

[vi] Par exemple celle d’Edouard-Marie Gallez, ou bien celle de Patricia Crone (voir ci-après)

[vii] « Les sources islamiques sont écartées, car elles sont trop tardives étant écrites entre le VIIIème—IXème siècle », https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54.

[viii] Comment pourrait-elle s’accorder avec la topographie réelle de la Mecque, les témoignages d’époque, etc. ?

[ix] Comme l’absence de mention à Muhammad par les proto-musulmans dans les premiers temps de l’islam, les témoignages non-musulmans à son sujet contredisant le récit traditionnel, comme le fait que les premiers récits ou témoignages « musulmans » ne s’inscrivent que partiellement dans le récit traditionnel qui est lui apparu plus tardivement, à partir du IXème siècle,.

[x] Dale, S-F. The orange trees of Marrakesh : Ibn Khaldun and the science of man, Cambridge, Harvard University Press, 2015

[xi] « Il ne s’agit pas de notre part, d’accorder une confiance aveugle à la tradition musulmane, mais d’exiger de l’impartialité, c’est-à-dire de ne pas passer sous silence, les travaux critiques de l’école orientaliste » ; https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/

[xii] Entre autres « critiques sérieuses » : https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/

[xiii] Alfred-Louis de Prémare, Les Fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, Le Seuil, 2002

[xiv] Kerr, R. Islam, « Arabs and the Hijra », 2013 https://www.tingismagazine.com/articles/islam-arabs-and-the-hijra/ ; R. Kerr, “Le Coran n’a pris naissance ni à la Mecque, ni à Médine”

https://www.academia.edu/8225103/Le_Coran_na_pris_naissance_ni_a_La_Mecque_ni_a_Medine ; https://www.canalacademie.com/ida10344-Graffiti-islamiques-du-debut-de-l-islam-nouvelles-decouvertes-en-Arabie-Saoudite.html ; Frédéric Imbert, « L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, 129 | juillet 2011, mis en ligne le 14 juillet 2014, http://journals.openedition.org/remmm/7067

[xv] Caravansérail = base arrière ; lieu de stockage des marchandises, d’habitation pour les familles, d’élevage des chameaux.

[xvi] Leur présence dans la région est signalée par le chroniqueur syrien Narsaï (Ve siècle) qui se plaignait en effet des terribles razzias lancées par cette tribu.

[xvii] Topographie historique de la Syrie antique et médiévale, Geuthner 1927 : ce caravansérail figurait encore sur la carte de Syrie réalisée en 1927 par René Dussaud sous le nom de Ḫān al-Quraḫiyé.

[xviii] Situation à l’écart et dans un important contrebas des itinéraires caravaniers traditionnels (lesquels étaient tombés en désuétude au VIIe siècle), et qui plus est dans un site régulièrement ravagé par des inondations catastrophiques cf.Edouard-Marie Gallez, Le Messie et son Prophète, Ed. de Paris, Versailles, 2005.

[xix] Impossibilité de se livrer dans le site de La Mecque et à ses alentours aux cultures de blé, dates, olivier, vigne, grenades ni aux activités d’élevage et de pêche que décrit le texte coranique et la tradition, cf. Patricia Crone, « How Did the Quranic Pagans Make a Living? », Bulletin of the School of Oriental and African Studies, University of London, Vol. 68, No. 3 (2005), pp. 387-

[xx] Qui étaient les fournisseurs, commerçants et clients mecquois ? Patricia Crone, « How Did the Quranic Pagans Make a Living? », op.cit. pp. 387-399 ; CRONE (Patricia), Meccan trade and the rise of Islam, Princeton, Princeton University Press, 1987, VII+300 p ; « Suggested Solutions for Issues Concerning The Location of Mecca in Ptolemy’s Geography », Dan Gibson, 2013.

[xxi] Soutenir, comme le fait Ahmed Amine, que Muḥammad serait né à La Mecque, c’est s’opposer frontalement à une foule d’études épigraphiques, géologiques, géographiques, topographiques invalidant l’existence de La Mecque préislamique : R. Kerr, « Le Coran n’a pris naissance ni à la Mecque, ni à Médine », https://www.academia.edu/8225103 Le_Coran_na_pris_naissance_ni_a_La_Mecque_ni_a_Medine ; Patricia Crone, « How Did the Quranic Pagans Make a Living? », op. cit. op. cit.), pp. 387-399; « L’Arabie chrétienne avec Christian Robin », https://www.franceculture.fr/emissions/foi-et-tradition-12- 13/larabie-chretienne-avec-christian-robin ; « La péninsule Arabique à la veille de la prédication muḥammadienne », dans Les débuts du Monde musulman (VIIe -Xe siècle). De Muhammad aux dynasties autonomes, sous la direction de Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (Nouvelle Clio), Paris (Presses universitaires de France), 2012, pp. 5-33 et XIV-XV ; Imbert, F. « L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles, Écriture de l’histoire et processus de canonisation dans les premiers siècles de l’islam » in Revue des études du monde musulman et de la Méditerranée, no 129, juillet 2011 ; https://muslimmatters.org/2012/11/15/ten-things-you-didnt-know-about-the-kaaba/

[xxii] https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54

[xxiii] A cela s’ajoutent les démonstrations de l’archéologue Dan Gibson selon lesquelles aucune mosquée construite avant 727 ne tourne sa qibla vers La Mecque, outre la confidence de ses confrères saoudiens soutenant que rien n’a jamais été retrouvé à La Mecque datant d’avant la fin du IX ème siècle : https://www.youtube.com/watch?v=rWVFf8e6_G8 ; Early Islamic Qiblas : A Survey of Mosques Built Between 1AH/622 C.E. and 263 AH/876 C.E.

[xxiv] Qui n’est qu’une partie de la langue arabe.

[xxv] Orientation des premières mosquées, situation géographique, climatique, agronomique, etc.

[xxvi] Hamès Constant. Chabbi (Jacqueline). Le Seigneur des tribus. L’Islam de Mahomet. In: Archives de sciences sociales des religions, n°108, 1999. pp. 60-62.

[xxvii] Appelés « Mahgraye » dans la version originale, Ahmed Amine force la traduction en renvoyant systématiquement ce terme à « musulman ». Or, ce témoignage ne devrait valoir que pour ce qu’il est, pour ce qu’il donne à voir et non pour ce qu’Ahmed Amine aimerait lui faire dire. Il en de même de sa traduction d’un passage de l’étude de Patrice Crone et Michael Cook. La phrase originale « For it is not to the south that the Jews pray (sagdin); nor for that matter do the Mahgraye » devient sous la plume d’Ahmed Amine « car ce n’est pas vers le sud que prient les Juifs, ni d’ailleurs les musulmans (hagarènes), les Juifs qui vivent en Égypte, tout comme les musulmans » (Anastasius Sinaita, Questiones 20, PG LXXXIX.512 A, in Flusin 1991.pp.404-405, cite dans “The Cambridge Ancient History” Ed Averil Cameron et al 2000 p.803). Il en est de même dans le passage suivant où « both peoples – the Jews towards Jerusalem, and the Mahgrayc towards the Ka’ba » est traduit par « tous – les juifs vers Jérusalem et les musulmans vers la Kaaba » (Hoyland R.G.(1997), Seeing Islam as others saw it, a survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroatrian writings on early Islam, Darwin Press Princeton, p.160-67. Crone & Cook(1977), Hagarisme, op.cit., p173, note 30).

[xxviii] Il reconnait dans le même temps que « les mots « Islam », « Musulmans » et « Coran » ne sont pas cités textuellement dans les témoignages en question. Les proto-musulmans ont été qualifiés de « fils d’Ismaël, de Saracènes, de Mhagreyyés ou Hagarènes, Tayeyyés…. etc », https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54

[xxix] Hoyland R.G.(1997), Seeing Islam as others saw it, a survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroatrian writings on early Islam, Darwin Press Princeton, p.160-67. Crone & Cook(1977), Hagarisme, op.cit., p173, note 30

[xxx] Alfred-Louis de Prémare, Les Fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, op. cit. , pp. 153 ; Patricia Crone et Michael Cook, Hagarism – The making of the islamic world, Cambridge University Press, 1977, 279 p. ; Chronica minora, traduction partielle d’Alfred-Louis de Prémare, dans Les Fondations de l’islam, édition du Seuil, 2002, pp. 147, 385-386. ; Christian Robin, « Les écritures de l’Arabie avant l’Islam », Revue du monde musulman et de la Méditerranée, vol. 61, 1991, p. 127–13

[xxxi] Selon Guillaume Dye, un seul texte du VIIe siècle fait mention d’« Arabes ». Les autres parlent des « Emigrés », des « Hagarènes », des « Sarrasins », des « Ismaëlites » etc. https://www.youtube.com/watch?v=xErXLJwnVAQ

[xxxii] « Notons que Crone a reçu une critique assez sévère voire acerbe de la part de Robert B. Serjeant. Nous citons ci-dessous, un exemple significatif de cette virulence : « […] Le travail n’est pas seulement anti-islamique, mais également anti-arabe. Ses fantasmes superficiels sont si ridicules que, d’abord, on se demande si c’est juste une “farce“, une “pure parodie“ … Étant donné que les auteurs professent être des historiens de l’islam, ils sont tristement hors sujet avec la recherche contemporaine sur l’islam … ennuyeux piège de l’histoire … humeur prétentieuse […]». ». R. B. Serjeant, «Meccan Trade and the Rise of Islam: Misconceptions and Flawed Polemics», Journal of the American Oriental Society 110, n° 3, 1990, pp. 472-486 cité par https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54

[xxxiii] Et même un auteur qui se trompe – à l’image peut-être de Dan Gibson dans ses conclusions sans doute trop hâtives sur Pétra comme étant la ville des origines de l’islam, à la place de La Mecque – peut apporter des éléments objectifs dans le débat, comme les mesures des qibla des mosquées anciennes livrées par Dan Gibson révélant l’absence troublante de qibla vers La Mecque, et le rôle de Pétra – ou d’un site proche de Pétra – dans l’islam à partir de la fin des années 630 : Gibson, D. Quranic Geography, 2011 ; « Suggested Solutions for Issues Concerning The Location of Mecca in Ptolemy’s Geography », Dan Gibson, 2013

De récentes critiques textuelles font valoir de plus que La Mecque serait une création tardive des Califes omeyyades datée du 7ème siècle : Robert Kerr, « The Language of the Koran » op. cit.,et Edouard-Marie Gallez, Le Messie et son Prophète, op. cit..

[xxxiv] Casanova, P. Mohammed et la fin du monde : étude critique sur l’Islam primitif, Paris 1911 ; Gottheil, R. « The Beginnings of Islam. » The American Journal of Semitic Languages and Literatures, JSTOR, vol. 30, no. 2, 1914 ; Xanthopoulos Th. Henri Lammens, S. J. « Le berceau de l’Islam. L’Arabie occidentale à la veille de l’Hégire », 1er volume : Le climat. — Les Bédouins. In: Échos d’Orient, tome 17, n°108, 1915. pp. 488-489 ; Nau, F. « Les Arabes chrétiens de Mésopotamie et de Syrie, du VIIe au VIIIe siècle Étude sur les origines de l’islam Imprimerie nationale », 1933 (Cahiers de la Société asiatique : 1re série, t. 1, p. 3-136) ; Gunter Luling, A Challenge to Islam for Reformation : The Rediscovery and Reliable Reconstruction of a Comprehensive Pre-Islamic Christian Hymnal Hidden in the Koran Under Earliest Islamic Reinterpretations. Reprint. Delhi, Motilal, 2003, lxviii, 580 p ; Azzi, J. La vie privée de Mahomet : d’après les auteurs musulmans, Éd. de Paris, 2007 ; AZZI (Joseph), Le Prêtre et le Prophète, aux sources du Coran, Paris, Maisonneuve et Larose, 2001 ; Borrut, A. « Introduction : la fabrique de l’histoire et de la tradition islamiques »,in Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée [En ligne], 129 | juillet 2011, mis en ligne le 16 juillet 2011, URL : http://journals.openedition.org/remmm/7053 ; Borrut, A. & Donner, F. « Christians and Others in the Umayyad State », Chicago, The Oriental Institute, (“Late Antique and Medieval Islamic Near East -LAMINE- ; 1”), 2016 ; Christoph Luxenberg (ps.) Die syro-aramaeische Lesart des Koran ; Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Qur’ānsprache. Berlin, Germany : Das Arabische Buch, First Edition, 2000 ; Shoemaker (Stephen J.), The Apocalypse of Empire. Imperial Eschatology in Late Antiquity and Early Islam, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, (“Divinations : Rereading Late Ancient Religion”) ; Shoemaker (Stephen J.), The Death of a Prophet, The End of Muhammad’s Life and the Beginnings of Islam, Philadephie, University of Pennsylvania Press, (“Rereading Late Ancient Religion”), 2011 ; HOYLAND (Robert G.), In God’s Path,The Arab Conquests and the Creation of an Islamic Empire, Oxford University Press, 2015 ; Walter (Jean-Jacques), Le Coran révélé par la Théorie des Codes, Versailles, Editions de Paris, (“Studia Arabica ; 22”), 2014 ; Bernard, D. Les disciples juifs de Jésus du Ier siècle à Mahomet : recherches sur le mouvement ébionite, Paris : Les Éditions du Cerf, 2017

27 Donner, F. Muhammad and the Believers: At the Origins of Islam, Cambridge, Massachussets, The Belknap Press of Harvard University Press, 2010

[xxxvi] Hawting, G. The Development of Islamic Ritual. (The Formation of the Classical Islamic World), Aldershot and Burlington, 2006

[xxxvii] Hoyland, RG., Seeing Islam as others saw it, a survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroatrian writings on early Islam, op.cit.

[xxxviii] Stephen J. Shoemaker, The Death of a Prophet. The End of Muhammad’s Life and the Beginning of Islam, op.cit.

[xxxix] D’où ses élucubrations sur une prétendue « école radicale ».

[xl] « (…) mais d’exiger de l’impartialité (…) » https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54

[xli] « Les dangers et les conséquences pour le musulman résidant parmi les mécréants » : http://www.convertistoislam.fr/article-les-dangers-et-les-consequences-nefastes-pour-le-musulman-de-resider-parmi-les-mecreants-86047776.html; « Le mécréant n’est pas un frère pour le musulman » : http://www.3ilmchar3i.net/article-le-mecreant-n-est-pas-un-frere-pour-le-musulman-61396988.html, http://salafislam.fr/decrire-mecreant-etant-frere/, « J’ai des insufflations et l’impression d’être mécréant, que me conseillez-vous ? » : http://www.salafidunord.com/article-j-ai-des-insufflations-et-l-impression-d-etre-mecreant-que-me-conseillez-vous-110401619.html; « vivre chez les mécréants : règles et conditions Vivre chez les mécréants : règles et conditions » : http://www.3ilmchar3i.net/article-vivre-chez-les-mecreants-regles-et-conditions-104997736.html ; « Le sort des mécréants qui sont d’une très grande bonté » : http://www.3ilmchar3i.net/article-35984970.html

[xlii] https://oumma.com/pour-une-approche-historico-critique-impartiale-des-debuts-de-lislam/#_ftn54

[xliii] Hanane Harrath, « L’inavouable vérité des manuscrits de Sanaa », Le Courrier de l’Atlas, no 24, 16 mars 2009. On consultera également les manuscrits dits de Tübingen (http://www.islamic- awareness.org/Quran/Text/Mss/soth.html) et de Wetzstein II 1913 (http://www.corpuscoranicum.de/handschriften/index/sure/89/vers/7/handschrift/163).

[xliv] Exégèse lexicologique menée par André Moussali et Edouard-Marie Gallez. Le messie et son prophète, op. cit.

[xlv] Patricia Crone, « How Did the Quranic Pagans Make a Living? » op. cit. ; Christian Robin, « La péninsule arabique à la veille de la prédication muhhammadienne », dans Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe – Xe siècle : De Muhammad aux dynasties autonomes, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », 2012 (ISBN 978-2-13-055762-3), p. 28 ; Cf. documentaire « The Sacred City » de Dan Gibson

[xlvi] Frédéric Imbert, « L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles », op. cit.

[xlvii] Alfred-Louis de Prémare, Les Fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, op. cit.

[xlviii] Catherine Pennacchio, « Les emprunts lexicaux dans le Coran », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem , p. 31 [En ligne], 22 | 2011, mis en ligne le 01 avril 2012, Consulté le 26 mai 2017 ; « Muḥammad parle « selon une langue arabe claire » (S. 16, 103 : « bi-lisānin ʿarabiyyinmubīn »). Cependant, « mubīn » n’est pas un adjectif mais un participe actif : « en langue arabe rendue claire », c’est-à-dire interprétée. Les exégètes et juristes de la sunna ont eux aussi défendu l’excellence de la langue coranique, ainsi Ṭabarī : voir Claude Gilliot, « Langue et Coran selon al-Ṭabarī », dans Studia Islamica, t. 68, 1988, p. 79-106 » dans Olivier Hanne. « Le Coran à l’épreuve de la critique historico-philologique. Ecueils de l’hypercritique, impasses de la littéralité… », 2017

29 commentaires

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  1. Assalamou ‘alaïkoum, à l’intention de Patrice, notre dilettante, hédoniste et Charliesque de service.

    Adam est-il le premier homme ou Adam est-il prophète? Notre Patrice s’empresse de pointer la bienheureuse contradiction, il est à la recherche de toute faiblesse des livres révélés, soucieux qu’il est de faire prévaloir et triompher son incroyance, ou sa croyance à l’inexistence divine. Et il a pris pour argent comptant en effet, qu’il y ait unanimité sur le statut d’Adam comme le premier des hommes, et il s’est battu contre des moulins à vent. Patrice, prouvez que les Musulmans soient unanimes selon les sources Islamiques sur ce statut d’Adam, premier des hommes, ce qui effectivement l’excluerait selon votre logique assez étroite du statut de prophète, puisqu’il n’y a personne à prêcher, sauf ses enfants et descendants, raisonnement de pacotille, puisque même ainsi, Adam resterait éligible au statut de prophète. Mais est-il absolument le premier des hommes d’après les sources Islamiques? J’ignore ce qu’il en est des autres sources, j’invite aux vérifications. Voici un document de l’institut Zinky, d’où il ressort qu’Adam est peut-être le premier homme, mais pas à 100% de certitude, donc il pourrait être le premier d’une lignée, comme d’autres, mais non pas le premier homme. Le document est long, une heure vingt minutes, l’auteur en fait des longueurs et des tonnes, mais son opinion est permise en Islam, don le super-argument de Patrice se casse le nez.

    https://www.youtube.com/watch?v=2wPWRt37qhI

    Croissant de lune.

  2. Voici pour contribuer au débat, comment Karim Al-Hanifi vous expédie “Le Coran décréé” de Flaurence Mairzaki, il lui a suffi de citer les contradictions contenus dans son propre livre où elle offre des arguments à ses éventuels contradicteurs. Enfin non, c’est pas exactement ça, elle n’escomptait justement pas un public de lecteurs attentifs et critiques, elle servait juste la soupe à un public anti-Musulman qui aplaudit des quatre sabots sans chercher plus loin. L’auteur de l’article s’est-il proposé à jouter sur des points précis avec Karim Al-Hanifi, est-il prêt à le faire si Karim lui pproposait un débat rigoureux, ou se réfugie-t-il seulement sur les pages de oumma.com, qi est comme on sait le site du regard anti-Musulman sur l’actualité? A note Charliesque hédoniste de service, c’est quoi les développements FM compattibles, pouvez-vous préciser, s’il y a lieu de préciser, ou rétractez-vous si ce n’était qu’expression épidermique et affective dénuée de rigueur scientifique?

    https://www.youtube.com/watch?v=5AMWZAXukfw

    Croissant de lune.

    • @Croissant

      L’expression “FM compatible” correspond à une tendance majoritaire au sein des institutions représentatives du culte musulman: L’idée selon laquelle, puisque c’est dieu qui a écrit le Coran, et puisque un musulman est un serviteur de dieu, pas une ligne du texte sacré ne peut être changée. Cette dérive cognitive a pour nom: fondamentalisme.
      Elle interdit toute évolution de la religion, tout en justifiant les pires dérives comportementales.
      J’ai jadis connu pas mal de gens incapables de remettre en cause une seule ligne de Marx, ou de Lénine. Puis les années ont passé, et ces personnes en sont venues à nier leur fanatisme des années 70, qui apparaît aujourd’hui comme exhaustivement ridicule.
      Je retrouve chez certains musulmans la même obstination à nier les évidences. Quand on me parle, par exemple, du “Prophète Adam”, je comprends instantanément qu’on abandonne le bon sens élémentaire pour sombrer dans le fanatisme soft. Soft, parce que ça ne tue pas. C’est juste ridicule.
      A part ça, vous avez bien raison de me qualifier d’hédoniste, sous la réserve expresse de comprendre ce mot. La recherche du bonheur n’est pas la recherche effrénée du plaisir. On peut priser la compagnie des femmes sans pour autant sombrer dans la luxure, priser la gastronomie sans s’empiffrer comme un chancre, mais aussi s’adonner au bonheur des activités altruistes. La condamnation l’hédonisme est juste pathologique. Confère St Paul, déja cité, qui condamnait toute forme de plaisir, y compris celui de fonder une famille. Cet être difforme et disgracieux, en l’occurrence, un nain au nez crochu et aux sourcils soudés, était manifestement fou à lier, comme votre Tarik, ou votre Quaradawi. (Sauf que Tarik est loin d’être difforme) (Ou stupide).
      Bref.
      Enfin, s’agissant de Charlie, est-il nécessaire de rappeler que la rédaction de ce journal a été assassinée à 75%, après que vos amis FM aient tenté de tuer le journal par la voie judiciaire. Du coup, je défends ce journal, de même que je défends la presse turque d’opposition, ou ce qui en reste depuis que votre ami Erdogan a instauré la dictature.
      Dernier point. Vous suggérez des débats scientifiques. Bien. Mais vous prenez un risque. La confrontation science/religion ne tourne jamais à l’avantage de la croyance.
      Un dernier exemple? Les origines de l’homme. Singe ou argile? Nul doute que Nature se fera un plaisir de publier votre thèse sur l’origine argileuse de Sapiens.

      • @patrice
        clap.clap.clap
        Pas une virgule à changer dans cet exposé,dont je partage totalement l’esprit, et salue la pertinence.
        Concernant Dieu et la Science, une ambiguïté m’a toujours frappé, qui d’ailleurs ne concerne pas que L’islam.
        Pour tout croyant sincère Dieu est la dimension suprême de la Vérité.
        Ce qui me semble parfaitement cohérent et respectable.
        Lorsque la Science détermine la composition chimique d’un élément comme l’eau, elle affirme et démontre que les composants essentiels sont l’oxygène et l’hydrogène.
        Elle n’est pas dans l’interprétation, mais dans le constat de ce qui est.
        Dieu n’aime que la Vérité, comment pourrait-il ne pas agréer les sciences exactes ?
        Celles qui cherchent à s’approcher au plus près des mystères de sa propre création ?
        D’autant que bien souvent, elles ne se trouve pas (la Science) en contradiction avec les textes dits “sacrés”, surtout quand nous les lisons et abordons de manière ouverte, essentiellement, pour faire simple, sous l’angle du symbolisme ?
        Contradiction majeure me semble-t-il, entre une lecture littéraliste des textes, véhiculant erreurs et contresens, et l’exigence de respecter, et rechercher scrupuleusement la Vérité, en conformité avec les exigences du “Divin”
        amitiés

        • @Etienne

          Einstein, que l’on peinera à considérer comme un imbécile crédule, définissait son dieu comme un agoniste de la perfection des lois physiques. Notez l’inspiration platonicienne, mais je ne chierai pas sur la pensée de ce génie (Einstein, pas Platon).
          Bref. Loin de moi en effet l’idée de rejeter toute spiritualité, ou, c’est presque pareil, toutes hypothèse non démontrée allant dans le sens de la réalité des croyances religieuses.
          Par contre, quand la croyance est démentie formellement par une étude scientifique sérieuse, il me semble raisonnable de trancher en faveur du démontré. … D’autant que la démarche scientifique demeure réversible. Aucune théorie scientifique n’est définitive. La Relativité Générale, (que je commence à piger un peu), régit la physique depuis 1915. Sa prédictibilité est remarquable, sans parler de l’originalité de l’hypothèse, exhaustivement contre intuitive. Mais on sait déja que cette théorie sera dépassée un jour. Einstein lui même travaillait ce sujet sur son lit de mort.
          C’est là la grande différence entre une hypothèse fondée et une croyance infondée. C’est un peu paradoxal. Plus on est sérieux, plus on a d’éléments de preuves, et plus on doute. Plus on donne dans le n’importe-quoi, et plus on est sûr de soi.
          Amitiés

  3. Entre Ahmed Amine, Kerzazi et Ibn Kathir. je préfère choisir Ibn Kathir sans cligner des yeux une seconde. Continuer à nous donner des explications tordus sur vos “recherches”.

    Le Coran est la parole de DIEU. Le reste n’est que suppositions de pseudo “historiens” et “scientifiques” qui retournent leur veste sur leur théorie à chaque fois qu’on soulève une nouvelle pierre.

    • Bien dit merci, j’ajouterais que la citation de Lamartine « C’est pour la vérité que Dieu fit le génie …» devrait être complétée :
      Et c’est pour mieux la conforter dans le cœur des croyants que Dieu fit certains…
      La preuve, plus j‘entends des choses comme historicité de Jésus non établie et plus je crois en Dieu…
      Merci Messieurs, je vous dois beaucoup.

  4. oui et dans peu de temps on nous dira que l’islam est une invention bedouine pour copier les autres croyances et que le prophete na probablement jamais existé et que les arabes ou autres tributs on voulu materialiser un personnage de conte des milles et une nuit et que le coran n’est q’une copie de mein kampf ,que la mecque a était déplacée de gizeh et dépose en arabie saoudite par alexandre de macédoine et que les musulmans font fausse route q’en verité ils aurait du suivre le talmud mais que peu regardant et un peu niais ils se sont fiés au coran et qu’ils attendent bien sagement la suite des évenements et adviennent que pourra

  5. Que ce soit ce poste, ou même le premier, il y a une chose de sûre: les gens qui prétendent, que les musulmans ne sont pas ouvert à la critique, font fausse route…

    Il est agréable de voir qu’ils n’ont besoin de personne pour s’autocritiquer.

    Continuez vos recherches, continuez vos thèses argumentées et surtout mettez les en lumières!

    • @Vishnu

      Pertinente remarque. Les efforts de Oumma pour informer et relayer les critiques sont très méritoires, de même que l’absence de censure visant les gens comme moi. On est dans tous les cas très loin de l’image restituée dans certains médias, qui décrit une population bornée et violente.
      Pourtant, il suffit de lire les échanges, toujours courtois, sur ce site, ou de fréquenter des arabes, pour comprendre que la diabolisation de l’islam est infondée.
      Juste pour mémoire, j’aimerais que mes critiques de la religion soient tenues pour ce qu’elles sont: Une simple opinion, pas une condamnation.
      D’autant qu’on est quand même bien reçu, “chez les musulmans”.
      Amen.

  6. @Foulan vous-êtes aussi caricaturale que l’auteur de l’article. La Mecque n’est jamais mentionnée dans le Coran ? Quand avez-vous ouvert ce Livre pour la dernière fois ?

    وَهُوَ ٱلَّذِى كَفَّ أَيْدِيَهُمْ عَنكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ عَنْهُم بِبَطْنِ مَكَّةَ مِنۢ بَعْدِ أَنْ أَظْفَرَكُمْ عَلَيْهِمْ ۚ وَكَانَ ٱللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرًا

    48-Al-Fath : 24

    • Lisez les commentaires de ce verset et comparez avec les autres fois ou « Mekka » est cité. Très mince comme preuve.
      C’est un peu comme dans le verset 1 de la sourate 17 où le « voyage » se fit de la « Mosquée sacrée » (al Haram) à la « Mosque élognée » (Al Aqsa) alors qu’à cette époque il n’éxistait aucune mosquée à Jerusalem, juste des ruines. Bref, anachronisme flagrant.

      • Non foulan. Si vous lisez le Coran en arabe vous comprendriez autrement le sens
        Le mot traduit par mosquée en arabe de dit masjed qui signifie lieu où l’on se prosterne
        Donc même si à Jérusalem c’était en ruine et pas de bâtiment construit pour la prière des musulmans, c’est quand même un lieu de prière très ancien où les croyants se prosternaient.

  7. C’est un travail et un projet pour spécialistes.
    Cela ne concerne pas le musulman ordinaire qui vise autre chose… quand bien même sa foi serait bâtie sur un ou des mythes. Pour l’heure, est-il plus sage, plus bénéfique (bien/mal) de fissurer la base de cette foi des musulmans ordinaires qui se comptent par centaines de millions ?

    La même question se pose quant aux chrétiens ordinaires ; quel bien pour eux de démontrer que Jésus n’a pas historiquement existé ? Que c’est un mythe…, la crucifixion aussi, Pâques aussi, la naissance virginale aussi…

    Les gens ordinaires se content de peu de choses et aiment les miracles (seraient-ils des mythes), et avec ces mythes ils ont fait (Pyramides, cathédrales et palais…) grâce à la force de leur foi.
    Quant à la vérité scientifique, et par extension également celle historique, la question se pose.

    • Salam, Bonjour Tahar,

      Votre point de vue est respectable. La foi peut soulever des montagnes, créer des empires et faire des miracles. Elle est même salutaire dans certains cas. Mais je ne crois pas pertinent de s’autocensurer (pour les chercheurs) sous prétexte d’ébranler la foi des masses.
      Il est plus question de sortir du déni et de proposer enfin une lecture rationnelle et scientifique à contre courant du prêt à penser auquel le croyant lambda a été soumis durant des siècles. La discipline historico-critique est très récente concernant l’islam.

      Il est surtout question de sortir de l’infantilisme. Enfin chacun est libre d’accepter ou de rejeter (même par mauvaise foi) les travaux historico critique et scientifique proposé. 🙂

      • @Foulan, bonjour, salam… merci d’avoir pris le temps.
        Vous parlez à un convaincu, quoique ne rejetant ni la mosquée ni la zaouïa… ni aucun temple, église ou synagogue. Juste les palais.
        En substance, les enfants croient au Père-Noël et ce n’est pas mauvais pour eux. Les parents sages attendent qu’ils grandissent pour leur révéler la vérité à ce propos… à moins qu’ils ne l’aient déjà trouvée.
        D’autres parents (chaque année, à Halloween et Noël, là où je vis je constate ces futiles batailles entre parents croyants et leurs enfants… enfants.

        Cependant s’il est facile à l’âge de 10 ans d’oublier Papa Noël et adorer Nintendo, l’acte est autrement ardu quand on a 30, 40 ou 60 ans. Il est nécessaire de faire de plus en plus gros efforts pour se débarrasser de tous parasites polluant le message transmis pour en percevoir la clarté et clamer : reçu 5 sur 5.

        Perso, afin d’essayer de comprendre comment mythes, légendes et Dieux sont apparus au cours de l’histoire, en plus de diverses discussions et conférences, j’ai dû lire, étudier ou au moins surfer, consulter, compulser bien des livres et autres documents alliant histoire, anthropologie, paléontologie, linguistique, biologie, neurophysiologie, physique quantique, psychiatrie… et islamologie, science du hadith, exégèse…
        Mais le questionnement perdure : le voyage importe plus que son but.

  8. @Ahmed Amine

    Mon post n’est pas encore publié. Avant même que vous ne répondiez aux critiques, je défendais l’idée que votre article, publié il y a peu sur Oumma, était idéalement équilibré et objectif, sans omissions des points contestés, qui furent au contraire exposés dans les moindres détails.
    J’avais d’ailleurs salué à l’époque l’objectivité de Oumma, qui osait publier ce genre d’article, bien peu FM compatible.
    Apparemment, le site fait un pas de plus en direction du débat en publiant l’article ci dessus. Je ne saurais que m’en réjouir.
    A noter le fait que je n’ai rien contre la religion musulmane, ou les religions en général, tant qu’elles prônent des valeurs plan-plan. C’est le fanatisme littéraliste que je dénonce. La lecture mot à mot d’un Livre dont on ne connait pas les auteurs, par exemple.
    Bref.

  9. Correctif:
    A aucun moment j’ai affirmé, ni infirmé l’existence de la *Mecque* d’un point de vue archéologique et/ou historique. Le dossier souffre d’un grand manque de données (témoignages explicites, pas de fouilles archéologiques professionnelles).

  10. Il ne m’a pas paru que monsieur Amine manquait d’objectivité. Il cite la thèse avant de proposer une antithèse, sans zapper les arguments de l’adversaire.
    A part ça, il existe toujours une décalage colossal entre mythe et réalité. C’est même encore vrai aujourd’hui, avec les miracles modernes, comme celui de Fatima. (Par exemple).
    Mais, au sein d’un monde où l’on voit (aussi) des soucoupes volantes, alors que d’autres sont persuadés de l’inexistence des étoiles, il ne faut s’étonner de rien.
    Je suis aussi scotché par le parallélisme entre christianisme et islamisme. Dans les deux cas, si les historiens ont raison, on retrouve un prophète virtuel ayant grandi dans une ville fantôme. A croire que la condition sine qua non du succès est la virtualité.
    Ca peut s’expliquer. Une secte opérationnelle se doit d’être “moulée” dans le réel. Adaptée idéalement à sa fonction, à savoir solutionner les tensions sociétales. C’est là un vrai travail de professionnel, qui ne laisse pas place à l’improvisation hâtive. On en a confirmation en prenant acte du fait que les versions définitives du NT et du Coran n’apparaissent que 170 ans après le décès des prophètes concernés. Dans le même temps, toute une littérature douteuse envahit l’espace publique. Les évangiles apocryphes pour les chrétiens, les épîtres de Paul, toujours pour les mêmes, les hadiths douteux, pour les musulmans. (138000!!).
    De là à envisager une “mécanique religieuse”, capable de produire du mythe à la chaîne, il y a un pas qu’on peut, ou ne peut pas franchir.
    Personnellement, je ne me hasarderai pas à conclure autre chose que: Le littéralisme repose sur du vent. Dieu, Jésus, le prophète existent peut être, de même que le paradis ou même l’enfer. On n’en sait rien. Mais avec une certitude absolue, aucun texte sacré n’est incontestable. A preuve les erreurs scientifiques et historiques grotesques qu’ils contiennent.
    A moins que vous ne pensiez que Dieu a façonné Adam avec de l’argile, comme indiqué dans l’AT? Perso, je préfère faire confiance à Sciences et Vie, qui nous dit que Sapiens descend d’Homo Antecessor, qui descend D’Homo Ergaster, la version africaine de Erectus. Et je doute fort que le premier Sapiens ait été un prophète musulman. … Ou une sorte de criminel mangeur de pommes magiques. (sur les conseils d’un serpent qui parle).
    Encore une espèce en voie de disparition. Tout fout le camp.
    Au fait, la date de naissance d’Adam a été repoussée il y a peu à – 315000 ans au Maroc. Au Maroc!! Il était donc musulman, au final. D’ailleurs, Grompf l’a croisé au Marrakech du rire. (Grompf, un Erectus bien sous tous rapports et très lié à Jamel Debbouze).

    • @patrice
      “de la à imaginer une mécanique religieuse capable de produire du mythe à la chaîne”
      Produire du mythe peut-être, mais bien plus surement du dogme, cela ne fait aucun doute.
      Le dogme est un instrument de pouvoir absolu.
      Précisément sur les faibles. En majeure partie, les incultes, les ignorants, en un mot les pauvres, ceux qui vivent dans une misère intellectuelle, morale, économique totale, celle que leurs origines et leur condition sociale leur imposent depuis leurs naissances.
      ceux dont le sens critique, et forcément le libre arbitre se trouvent naturellement limités.(par la force des choses)
      Ils constituerons toujours le cœur de cible, et fourniront également toujours le gros des armées.
      En définitive, ils n’ont été et ne seront toujours, que les misérables pious-pious, d’un pouvoir en armes qui n’a pour objectif et pour but ultime, que de les maîtriser et les contraindre.
      Vous faites état, à juste titre, du décalage chronologique, entre le temps de vie des prophètes, et l’élaboration du culte, dont ils seront à l’origine.
      L’histoire du Catholicisme est frappante à cet égard.
      Plus de 300 ans après la mort du prophète, le pouvoir impérial de Rome (Constantin) assisté de l’inénarrable, Eusèbe de Césarée, élaborent une histoire à dormir debout.
      Un truc parfaitement indéfendable, que ce soit à l’égard du message originel (celui du christianisme primitif) ou de l’exercice de la plus simple raison.
      Pour aussi scabreux que soit le message, il trouvera néanmoins pendant 1700 ans, des relais intellectuels, des défenseurs, capables de mourir pour lui, de tuer pour lui, d’éradiquer pour lui, par la violence et la coercition toutes formes possibles d’opposition.
      Je ma garderai bien , sur ce site, de prolonger cette constatation jusqu’à l’Islam, mais il me semble néanmoins qu’il y a quelques similitudes (entre ces deux cultes) sur ce point .
      Amitiés

      • @Etienne

        Vous êtes injuste avec les chrétiens. Paul n’a pas attendu longtemps avant de publier, peu après la mort du Christ, qu’il n’avait pas connu, et dont il a quand même tenu à dénaturer le message au delà du contresens. Constantin n,’a fait que reprendre les bases du paulinisme pour élaborer sa religion d’état.
        Fut-ce pour contrer l’ignoble Paul que certains chrétiens finirent par inventer leur propre histoire? Inventée, mais plus conforme au dogme essénien qui, lui, n’a pas été créé ex nihilo…
        En attendant, si on zappe le vilain Paul, les premiers évangiles émergent plus de 40 ans plus tard. Et, comme il n’en reste aucune trace, difficile de deviner les bidouilles ultérieures. Il faut ensuite attendre l’an 170 pour qu’une ligne dogmatique au demeurant très floue commence à se dessiner. Sauf que, pendant ce temps, les apocryphes poussent comme des champignons. Un seul prophète, 20 histoires différentes, Nazareth qui n’existait pas encore en 170, (a fortiori en l’an zéro), dix ou quinze messies autoproclamés qui parcouraient la Palestine, des apôtres virtuels dont on perd la trace…. Mais ça n’a pas empêché les cathos de s’entre-tuer avec les protestants pour des histoires de virginité de Marie!
        C’est surtout là où je voulais en venir: Le grand mérite du doute est qu’il scie à la base le littéralisme. Car c’est le fondamentalisme qui tue, pas la croyance religieuse.
        Je ne pense pas, pour répondre à Tahar, que semer le doute soit un mauvais service à rendre aux croyants. Bien au contraire, ça permet au croyant de se recentrer sur l’essentiel.
        Ca vaut pour toutes les religions. Si l’on synthétisait le principal dans les croyances des différents cultes, on retiendrait sans doute l’injonction d’altruisme, façon Abbé Pierre. Ca, et l’espoir d’une vie heureuse post mortem. Le reste, c’est juste un prétexte à baston.
        Malheureusement, les religions qui cartonnent sont les plus fondamentalistes. Alors, si les sciences pouvaient redresser un peu la barre, tout le monde s’en porterait beaucoup mieux.
        Enfin, les similitudes entre les religions abrahamiques sont tellement évidentes que je me demande parfois pourquoi elles n’échangent pas plus. Car tous les croyants ne sont pas des fanatiques, loin s’en faut.

        • @patrice
          Paul et cette fameuse écharde qu’il disait lui-même plantée dans son corps depuis le temps de sa jeunesse !
          Les conséquences de cette pathologie (pour le monde entier) seront complètement hallucinantes . (surtout quand Constantin les recyclera)
          Apologie du célibat et de l’abstinence.
          Haine du corps (surtout celui des femmes)
          Transformation de l’acte d’Amour en péché.
          Acte d’amour qui , hors mariage, se verra accolé l’horrible terme de “fornication”
          bref
          Mais Paul à la tete de sa secte ne visait pas l’hégémonie totale d’un culte qui d’ailleurs n’existait pas à son époque.
          Pour que cette secte devienne une religion, il fallut qu’elle soit relayée, prise en charge par la puissance majeure de l’époque : Rome
          Il fallut la puissance de l”empire, économique, politique, mais surtout militaire pour l’imposer partout ou son pouvoir s’exerçait.
          Tout comme l’Islam, six siècles plus tard, le catholicisme ne raisonnera qu’en terme de pouvoir , d’hégémonie, et de domination.
          La religion s’emparera d’un prophète à la réalité historique douteuse, Jésus , à qui elle inventera une vie, mélangeant le merveilleux et l’absurde.
          Le dogme qu’elle construira, sera à cette image
          Le Christ, dans sa dimension spirituelle, n’aura que très peu de rapport avec la doctrine qui s’établira plusieurs siècles plus tard.
          L’Eon dans sa dimension platonique, le Christ “pneumatique” pourrait-on dire, ne sera connu et transmis qu’à l’intérieur de cercles d’initiés.
          Cette transmission ne pouvait se faire que dans le plus grand secret, tant le danger du bûcher guettait tous ceux qui en faisaient partie.
          C’est bien là que réside l’immense escroquerie, que dénonceront les Templiers, puisque les Papes eux même possédaient l’essentiel de cette connaissance, en témoignent les deux clefs sur leur tablier. (clé d’ivoire et clé d’argent qui sont les clés des petits et des grands mystères)
          et que dans un cynisme total ils feindront, (et continuent) toujours d’ignorer !
          L’ex communion des hérétiques (cathares, albigeois, vaudois, etc…) la destruction de l’ordre du Temple, celles des libres penseurs, des Francs-Maçons, n’auront pas d’autres motifs (réels) que la connaissance de ces mensonges et leur dénonciation.
          cordialement

          • @Etienne

            Je serai plus circonspect que vous s’agissant des templiers. D’ailleurs, leur hérésie supposée a été inventée pour les déposséder. Ils se sont aussi montrés très violents durant les croisades, avant de mettre un peu d’eau dans leur vin. L’impression qui domine est que leurs richesses ont causé leurs malheurs, après qu’ils aient bien profité du système.
            Mais je peux me tromper.
            La Croisade contre les Albigeois me parait aussi surtout politique, la religion n’ayant servi que de prétexte à des spoliations. Il en est peut être de même des Croisades conventionnelles, dont l’objectif semble avoir été le pillage.
            Mais il est toujours difficile de distinguer, dès qu’une religion devient complice d’un état, intérêts religieux, politiques, et économiques. Ces composantes sont quasi indissociables.
            L’histoire plus récente de la démocratie chrétienne italienne tend à confirmer cette vision des choses, avec un part lié au Vatican, à la mafia, et à l’extrême droite terroriste. …Lié aussi aux puissances d’argent, aux services secrets américains, etc. Sûr qu’on est loin du message christique, que le Christ ait existé ou pas.
            N’oublions jamais que le fondateur de l’Opus Dei a été canonisé, mais pas l’Abbé Pierre. Ca donne à réfléchir.

          • @patrice
            Les Templiers étaient à l’image de leur siècle, qui fut extrêmement violent je vous l’accorde.
            De plus, leur puissance a entraîné une dérive de leurs cadres, qui pour beaucoup ont sombré dans la débauche et la corruption.
            Néanmoins ils constituaient une élite intellectuelle, unique en Europe à cette époque.
            Le niveau de connaissances très élevé de leur élites, acquis en Palestine, auprès d’autres élites (musulmanes, juives essentiellement mais pas que)les rendaient très difficiles à gouverner.
            Philippe Le Bel et le Vatican qui s’étaient jusqu’alors étripés joyeusement, ne pouvaient prendre le risque d’un tel contre pouvoir, depuis la fin des croisades et leur retour en Europe.
            Leurs richesses et leur puissance militaire, ne pouvaient être tolérés par le pouvoir royal, alors que leur indépendance intellectuelle et spirituelle posait un réel problème à la religion dominante du Vatican.
            Au temporel, comme au spirituel, leur existence représentait de ce fait une réel danger.
            Pour le coup, le sabre et le goupillon ne pouvait que renouer leur ancienne alliance en décrétant unanimement leur éradication.
            cordialement

          • @Etienne

            Je dois vous l’avouer humblement: Je connais assez mal l’histoire des Templiers, même si j’ai entendu causer de thèses un peu ésotériques les concernant. Je note quand même le fait que, en ces temps reculés, les gens qui prêtaient de l’argent au roi prenaient un très gros risque. Les juifs aussi ont pâti de la pratique qui consistait à assassiner le créancier, après avoir saisi ses biens. Là, on comprend mieux. Carlos Ghosn eût été avisé de réviser ses cours d’histoire.
            Eh! Le monde change, mais pas tant que ça, au final, s’agissant des comportements humains.
            Bref.
            Amitiés.
            Mais tout de même, pauvre Carlos, même s’il a un nom de photographe de plage, et la moralité d’un hamster. Comme dit souvent madame Fernandez Virtouale, mon employée de surface: “La roche carpienne, monchieur Patriche, elle est pas loin de la capitale”. En ajoutant parfois: “J’me comprends”.
            C’est vrai que ça rassure un peu.

  11. Un éléphant accouchant d’une souris.
    Mélangeant tout.
    Islam
    Civilisations Arabo islamiques
    Sociologie
    Ethnologie
    Anthropologie
    Une soupe intellectuelle sans saveur.

    Al Islam était présent bien avant l’existence des êtres humains.

    • @Ayache

      Quels humains? Sapiens (200 000 ans), pré-sapiens (315000 ans), Antecessor (500 000 ans), Ergaster (2 millions d’années), Habilis (2.5 à 3 millions d’années, 1.20m, 600 cm3 de capacité cérébrale.
      Et quid de nos cousins Neandertal et Denisova, avec lesquels on s’est brassé?
      L’âme, c’est à partir de quelle cylindrée crânienne? Si je pose la question, c’est que si on n’en a pas, difficile d’avoir de la religion.
      Je propose un litre. Ca correspond au volume des derniers Erectus, qui pratiquaient peut être des rituels d’inhumation il y a 4 ou 500 000 ans. Mais je ne pense pas qu’ils priaient Allah, ni qu’ils faisaient la prière.
      Sinon, si Dieu a créé l’univers, reconnaissez qu’il n’a pas été très actif durant 13.7 milliards d’années.
      Désolé d’en avoir rajouté une cuillerée.

  12. Merci M. Kerzazi de susciter le débat.
    Vous mettez le doigt sur un sujet sensible. Bon nombre de musulmans n’est pas encore prêt à s’aventurer sur le terrain historico-critique de l’islam pour la simple raison que Foi et Raison n’ont jamais fait bon ménage. A moins de faire preuve de disonance cognitive (là tout est possible).

    Je voudrais juste rebondir sur les origines à rebours de la Mecque (tisser une genèse à posteriori). En effet la plupart des orientalistes ont intégré la Mecque comme point de départ à la genèse de l’islam et puisque vous citez Jacqueline Chaabi, il convient de nuancer ses propos. En effet elle reconnait que la Mecque désertique du temps de Mohamed ne pouvait être qu’une petite oasis sans récoltes ni cultures, autrement dit rien ne poussait et il fallait aller vers Ta-if (environ 70km de la Mecque) pour pouvoir se nourrir. C’est déjà un pavé dans la marre du récit « officiel » islamique.
    Au delà de cela il y a beaucoup d’autres indices d’une Mecque crée à rebours ; à commencer par le Coran lui même dont la Mecque n’est jamais cité explicitement (les commentateurs auront rectifié le tir avec « Bakkah »  بكّة ou « Balad al amin » (la Cité sûr) ou encore Masjid al Haram (mosquée sacrée).
    Et puis la tradition (sira et hadith) n’est pas en reste ; comment se fait-il que les premiers musulmans priaient en direction de Jerusalem durant plusieurs années ??? La tradition diverge sur le nombre d’années passées à prier en direction de Jerusalem.
    Et si les travaux des nouveaux historiens dérangent ou paraissent indigeste, j’invite n’importe qui à lire Ziauddin Sardar (Histoire de la Mecque) pour se faire une idée. De là on comprend un peu mieux pourquoi les « lieux saints » n’ont jamais subi de fouilles archéologique ni de travaux historico-critique. Pire, tout a été rasée : des maisonnées les plus anciennes jusqu’au sous-sol pour pouvoir créer la Mecque moderne façon Las-Vegas, grâce au pétrodollars. On ne s’y prendrait pas mieux si l’on voulait planquer des cadavres !

    Vous avez raison M.Kerzazi : la recherche historico-critique de l’islam se fera avec ou sans les musulmans.

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