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Munira Ahmed érigée en symbole de la contestation anti-Trump

Qui aurait pu imaginer qu’une photo prise il y a dix ans, illustrant la réponse étoilée, saisissante de patriotisme, de la communauté musulmane américaine face à la diabolisation post-11 septembre qui remettait en cause sa loyauté au drapeau, serait brandie, le 21 janvier dernier, en photo emblématique de la Marche des femmes contre l’ère Trump ?

En tout cas pas Ridwan Adhami, le talentueux artiste new-yorkais qui, armé de son objectif, avait alors apporté un sublime démenti aux Cassandre de service et autres artisans des peurs, et encore moins sa muse, la jeune Munira Ahmed, qui incarna magnifiquement l’attachement des musulmans à l’Amérique, sous son voile aux couleurs de l’étendard national.

Aucun des deux n’aurait en effet pensé que cette belle photo choc, publiée en couverture de « Illume Magazine » (un magazine destiné à un public musulman), qui frappa les esprits, générant des réactions positives en chaîne au-delà même des espérances de son concepteur, aurait traversé la décennie sans vieillir, sans sombrer dans l’oubli, pour en ressortir érigée en symbole de la contestation anti-Trump.

La jeune fille d’hier, originaire du Queens, qui fut le visage de l’affirmation des musulmans au sein de la société américaine, en tant que croyants et citoyens sans la moindre incompatibilité, a laissé place à la jeune femme d’aujourd’hui devenue, à 32 ans, l’égérie de la mobilisation des femmes américaines contre le sexisme et le racisme de leur président.

Approché par la Fondation Amplifier, chargée de la campagne événementielle de la Marche des femmes, Ridwan Adhami a donné volontiers son accord pour que sa photo la plus marquante soit retravaillée graphiquement et exposée aux yeux de tous, lors de la manifestation protestataire sans précédent qui marcha vers le centre névralgique de Washington, le lendemain de l’intronisation de Donald Trump.

« Mon cliché correspond parfaitement à la campagne », a-t-il déclaré, heureux que son image n’ait rien perdu de sa force symbolique, tandis que celle qui lui prêta ses traits, et qui attire à nouveau tous les regards, déplore vivement que la discrimination anti-musulmans n’ait pas connu l’exact sort inverse de celui de sa photo. En d’autres termes, qu’elle n’ait pas disparu à tout jamais sans aucune possibilité de refaire surface, telle une hydre hideuse.

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