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Montréal : une hache, porteuse d’un message menaçant, brise la fenêtre d’un centre islamique

A peine la peur de l’avènement du nationalisme laïciste l’avait-elle quittée à l’annonce du triomphe du Parti Libéral aux récentes élections provinciales que la communauté musulmane québécoise, rassérénée mais lucide, qui se laissait toutefois aller à croire en des lendemains plus radieux, est déjà ébranlée en son sein par une agression islamophobe qui a ravivé l’angoisse latente.

L’espoir, fugace, de voir le cycle des violences anti-musulmans se consumer dans le brasier de la défaite du Parti souverainiste québécois et de sa charte des valeurs sectaire réduite en cendres, se sera très vite dissipé pour laisser place à l’effroi face à des représailles qui ont la défaite politique amère et terriblement revancharde.

Quels sombres activistes de l’ombre se cachent derrière les mains vengeresses qui ont déterré la hache de guerre contre l’islam en lançant une hache à travers la fenêtre d’un centre islamique de Montréal ? Une hache porteuse d’un message foncièrement hostile qui, bien plus qu’une vitre, a surtout brisé en mille morceaux la douce utopie de la concorde nationale que les mots de l’apaisement prononcés par le Premier ministre fraîchement élu, Philippe Couillard, avaient réussi à faire naître."Je serai le Premier ministre de tous les Québécois. Le temps de la division est derrière nous", avait-il clamé lors de son grand soir, tandis que la menace gravée sur le manche de la hache jetée dans une enceinte musulmane est d’une tout autre tonalité : "F… libéraux, nous allons exterminer les musulmans".

Résolu à ne pas capituler devant le racisme primaire, même si l’anxiété, cette compagne oppressante, l’a de nouveau envahi, Adil Charkaoui, le directeur du centre islamique Assahaba, qui avait reçu des menaces de mort sur Twitter quelques heures avant les faits, a confié son immense consternation sur les ondes de Radio-Canada devant cet acte odieux qui a atteint son double objectif : gâcher la fête électorale et faire planer l’épée de Damoclès de la stigmatisation sur des musulmans qui s’en croyaient délivrés, ou du moins l’espéraient vivement.

"C'est vraiment triste et inquiétant. Quelques heures avant cette agression, nous fêtions, avec tous nos membres du quartier, les formidables résultats de l’élection, soulagés d’apprendre  en direct la victoire du Parti Libéral", a-t-il déclaré visiblement affecté, avant de poursuivre en s’indignant : "Vous avez entendu le nouveau Premier ministre, quand il a appelé de ses vœux que l’on construise ce pays ensemble, en privilégiant des relations fondées sur le respect, et voilà ce qui se passe quelques heures après ! Le virage identitaire est fini. Nous pouvons vivre en paix. Mais le discours haineux n'est pas prêt de disparaître. Il y aura toujours quelqu'un pour faire le sale travail. C’est honteux, comment de telles attaques peuvent-elles être encore commises et jusqu'à quand ?".

Une question qui pour l’heure reste en suspens, alors que la police de Montréal, qui a qualifié l’acte de «crime de haine», mène l’enquête, recherchant activement à remonter la trace des semeurs de trouble islamophobes qui n’auront pas mis longtemps pour assombrir l’éclaircie politique qui est parvenue à poindre dans le ciel tourmenté de la Belle Province.

Par la rédaction d'Oumma.com

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