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Marine Le Pen attribue au fondamentalisme islamique la résurgence de l’antisémitisme

Si le poids électoral du FN l’impose dans le grand jeu démocratique, on ne peut s’empêcher de songer que la démocratie, délestée de l’extrême droite dynastique des Le Pen, loin d’être en péril, serait au contraire allégée d’un poids, pesant et oppressant.

Difficile de faire abstraction de son égérie, l’acrimonieuse Marine Le Pen, qui a plus que jamais sonné l’hallali contre son bouc émissaire tout désigné : les citoyens français musulmans.

Interviewée par la deuxième chaîne israélienne dans l’enceinte du Parlement européen, à Strasbourg, la fille de son  père a dû se plier à un exercice qui lui est désormais familier : la dédiabolisation d’une image sulfureuse, à jamais entachée de graves dérapages verbaux sur les chambres à gaz et fours crématoires.

"Je ne condamne pas mon père, on a une fausse idée de Jean-Marie Le Pen en Israël", a réitéré la présidente du FN, qui demeure persona non grata sur le sol de la terre promise, en dépit de ses efforts pour tisser des liens avec l’extrême droite au pouvoir.

Un désaveu cinglant, qui l’éloigne de l’adoubement tant espéré et par conséquent d’un électorat juif tricolore qu’elle racole sans état d’âme, au grand dam du patriarche Jean-Marie Le Pen, qui désapprouve ce rapprochement pas très catholique de son héritière…

Alors, quand la question brûlante de l’antisémitisme en France lui a été posée, Marine Le Pen, en habile mystificatrice, a fait tout naturellement endosser aux musulmans la responsabilité de sa résurgence : "Bien sûr qu'il y a de l'antisémitisme en France, qui est bien souvent la conséquence du fondamentalisme islamique. Il n'y a pas d'antisémitisme au Front national", s’est-elle époumonée avec l’aplomb qui la caractérise.

Une assurance dont elle ne s’est pas départie pour affirmer qu’un « vote juif » existe en faveur du FN. Une révélation retentissante qui a dû mettre les nerfs à vif de Richard Prasquier, président du CRIF, qui martelait récemment : "Nous ne voterons pas pour le Front National".

Mais l’héritage idéologique de Jean-Marie Le Pen est un legs empoisonné, que Marine Le Pen, malgré ses dénégations, risque fort de traîner très longtemps encore. Ainsi, jeudi, le fondateur du FN a été condamné par la cour d’appel de Paris à 3 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende, pour « contestation de crimes contre l’humanité »,concernant l’occupation allemande qu’il avait jugée, dans une interview à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, n’avoir pas été "particulièrement inhumaine".

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