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Les milices libyennes coupables de crimes de guerre, selon Amnesty International

 Les cas de détenus, soumis aux pires sévices pour leur loyauté au défunt Guide libyen, se multiplient, tandis que la dévastation de villes entières et l’exil forcé de leur population sont le lot quotidien de nombre de citoyens.  

 Les rapports d’Amnesty International, dont celui très récent de mercredi dernier,  font état de témoignages accablants. Tous décrivent une débauche de supplices, qui, dans un raffinement de cruauté, s’acharnent des heures durant sur les prisonniers : "suspendus dans des positions tordues, battus avec des fouets, des câbles, des tuyaux en plastique, des chaînes métalliques, des barres, et des bâtons en bois, recevant des décharges électriques à l’aide de fils sous tension et des armes d'électrochoc taser. "

Au moins douze détenus sont morts sous la torture depuis septembre, les corps étant couverts d’ecchymoses, de coupures, certains ayant eu les ongles arrachés.

Tous les regards se tournent aujourd’hui vers ceux qui sont aux manettes – le Conseil National de Transition -, censés présider aux destinées du pays, et qui échouent, depuis plus de huit mois, à juguler une guerre civile tragique, et à maîtriser les centaines de brigades séditieuses qui disposent maintenant de leurs propres centres de détention, notamment à Misrata et autour de Tripoli.

 Amnesty International a visité onze camps de détention en Libye centrale et occidentale, en janvier et février, et a ramené les preuves tangibles des crimes de guerre qui y sont perpétrés.

Tandis que le chiffre de 2 400 prisonniers retenus dans les geôles officielles de l’Etat libyen est avancé, les responsables des droits de l’Homme au sein de l’Onu et d’Amnesty International ont enjoint le gouvernement libyen à se rendre maître  de toutes les prisons   passées aux mains de milices incontrôlables, afin d’enrayer une escalade d’atrocités.

 Alors que l’anniversaire du soulèvement contre Kadhafi a été célébré, cette semaine, par des milliers de miliciens armés jusqu’aux dents,  dans une grande parade riche en mitrailleuses, roquettes, et retentissant de coups de fusils tirés en l’air, Amnesty International révélait que l’heure de la vengeance ethnique avait sonné contre notamment "Les migrants africains et des réfugiés".

Maisons pillées, brûlées, les milices de Misrata ont ainsi chassé la population entière de la ville de Tawargha, soit 30 00 personnes,  tandis que "Des milliers de membres de la tribu Mashashya ont été expulsés manu militari de leur village par des milices de Zintan, dans les Montagnes Nafusa. Ces communautés déplacées de force se retrouvent dans des camps de fortune dans tout le pays,"  relate Amnesty International, qui  exhorte l'Occident à faire pression sur le gouvernement libyen et ses hordes sauvages.

La liberté n’a certes pas de prix, mais celui-ci est lourd à payer.

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