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Comment Marie est-elle célébrée dans le Coran ?

La personne de Marie est l’objet de postures théologiques différentes, selon que l’on soit dans le judaïsme, le christianisme ou l’islam. La fête de l’Assomption est l’occasion de revenir sur le statut de Marie dans le Coran.

Pour le judaïsme, notamment rabbinique, le miracle de la naissance virginale de Jésus est un non-événement. L’idée d’une jeune fille vierge donnant naissance à un enfant sans père est rejetée. D’autant plus que ce dernier ne peut être le Messie annoncé dans les prophéties de la Bible (l’Ancien Testament), n’étant pas de la chair du roi David et devant être issu d’un père et d’une mère comme d’ordinaire. Pour l’Eglise catholique, il en est tout autrement et les lignes qui suivent donnent quelques indications sur le statut de Marie tel qu’il y est enseigné.

En islam, Marie est une femme plusieurs fois mentionnée dans le Coran selon des postures toutes d’une exemplarité hors du commun. Après avoir répertorié les versets relatifs à Marie, il nous été possible de présenter l’essentiel de son statut selon le Coran.

Qu’est-ce qui est célébré le 15 Août : l’Assomption ou la Dormition de Marie ?

A ce sujet, nous avons répertorié les commentaires suivants de la part d’auteurs chrétiens : « Le récit de l’Assomption ne se trouve pas dans le Nouveau Testament, mais dans des textes apocryphes qui remontent au Ve siècle après Jésus-Christ. Ils racontent qu’au moment de la mort de la Vierge, les apôtres dispersés aux quatre coins du monde ont été transportés par des anges jusqu’au pied de son lit. Ensuite, les traditions divergent : pour les orthodoxes, Marie s’est “endormie” et les icônes montrent Jésus prenant dans ses bras l’âme de sa mère. Pour les catholiques, elle est “montée au ciel” comme son Fils. L’Assomption n’est un dogme de l’Eglise catholique que depuis 1950. En promulguant ce dogme, l’Eglise a entériné la ferveur et la tradition populaires » http://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Assomption/15-aout-quelle-fete

« Les catholiques romains parlent d’Assomption et les orthodoxes de Dormition pour désigner comment la Vierge Marie a terminé sa vie sur terre. Est-ce bien un seul et même événement ? (…) Le terme Assomption traduit l’idée que la Vierge Marie n’est pas réellement morte, mais qu’elle fut élevée, aux cieux. C’est ce qu’affirme le dogme catholique promulgué en 1950 « (…) [la Vierge Marie] a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. » Marie fut « assumée. » corps et âme en Dieu. Le mot de Dormition indique plutôt que Marie s’est « endormie » dans la mort. Elle partage ainsi le destin de tous les êtres humains qui naissent, vivent et meurent. Pour les orthodoxes chaque être humain à la fin de son existence terrestre, vit sa propre dormition, son passage en Dieu » (…) http://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Assomption/L-Assomption

Aperçu sur la personne et le statut de Marie dans le Coran

La Marie du Coran (Maryam en arabe) est la fille d’Anne (son nom dans l’évangile), une servante de Dieu à laquelle les commentateurs du Coran donnent le nom de Hannah, épouse d’un homme pieux et vertueux du nom de ‘Imrân (ce nom arabe correspond à « Amram » dans la Bible, Ancien Testament). Les quatre évangiles canonisés (Luc, Matthieu, Jean et Marc) ne mentionnent pas le nom du père de Marie. C’est le protévangile de Jacques qui donne au père de Marie le nom de Joachim. La mère de Marie avait formulé le vœu de dédier son enfant, si Dieu lui en donnait, au service du temple juif.

Voici les versets incontournables qui parlent de la naissance de Marie, selon les moins mauvaises traductions possibles :

                 « Allah a élu Adam, Noé, la famille d’Abraham, et la famille de ‘Imrân parmi (au-dessus des) les mondes. Ce sont des descendances issues les unes des autres, et Allah entend tout et Il est Omniscient ».

Et lorsque la femme de ‘Imrân dit :

              «Seigneur, j’ai fait le vœu de vouer à ton culte exclusif ce que je porte en mon sein. Veuille donc l’accepter de moi, Toi qui entends tout, Toi qui es Omniscient ! ».

Puis, lorsqu’elle l’eut enfantée, elle dit :

               «Seigneur, voilà que j’ai accouché d’une fille (femelle)» Allah savait mieux ce qu’elle avait mis au monde, et le garçon (mâle) n’est pas comme la fille (femelle). «Je l’ai nommée Marie, et la mets elle et sa descendance, sous Ta protection contre Satan le lapidé ». Son Seigneur lui a alors réservé un bel accueil, l’a fait croître d’une belle croissance et l’a confiée à la garde de Zacharie. (Le Coran, 3 : 33-37).

Deux principales versions ressortent des commentaires du Coran, relativement à ce qu’il s’est passé chez Anne, la future mère de Marie :

  • mariée sans enfant depuis longtemps, Anne est sous une forte émotion lorsqu’un jour son regard se pose sur un oiseau donnant la becquée à ses petits et elle demande Dieu de lui donner un enfant ;
  • sans enfant pour on ne sait exactement quelle raison (stérilité ?), Anne demande à Dieu de lui donner un enfant et le cas échéant (peut-être qu’elle avait connaissance de la naissance prochaine d’un fils providentiel), de le mettre à Son service exclusif.

Cela étant dit, il s’agit à présent de décrire à partir du Coran, le portrait de Marie, son identité, son statut et sa fonction dans l’histoire du Salut.

Marie est totalement et rien qu’humaine, elle peut être anéantie par Dieu, elle consomme de la nourriture, elle prie Dieu, elle souhaite mourir pour échapper à la calomnie, elle est la mère de Jésus le Messie.

Marie est la seule femme dont le nom est mentionné dans le Coran.

Marie est née d’un homme du nom de ‘Imrân (Amram de l’Ancien Testament) et d’une femme du nom de Hannah (Anne dans l’évangile), tous deux issus de la lignée de Lévi, fils de Jacob par la branche d’Aaron.

Marie est l’homonyme de son aïeule, la Marie de l’exode, fille d’Amram, sœur d’Aaron et de Moïse, une famille israélite qui a vécu en Egypte il y a plus de 1000 ans.

Marie est la personne dans laquelle se traduit le vœu de sa mère Anne, qui souhaitait un garçon à dédier à Dieu pour les services du temple des fils d’Israël.

Marie et son fils Jésus sont les deux seules personnes ayant été protégées par Dieu du toucher de Satan.

Marie est la seule fille qui n’ait jamais été acceptée pour être consacrée au Temple de Jérusalem et à y être installée dans le lieu Saint (Mihrâb) ou le lieu le plus Saint.

Encore petite fille dans le Temple, Marie reconnaît à travers la nourriture qu’elle reçoit par les voies insondables de Dieu, sans aucune intervention humaine, les attributs de Dieu en tant que Pourvoyeur de subsistance (Ar-râziq), Seigneur absolument libre de faire des dons à qui Il veut et d’une prodigalité sans limites.

Dieu agit sur les lois du hasard à travers le lancer des plumes, de sorte que Zacharie devienne le tuteur de Marie et lui assure une croissance physique et mentale harmonieuse.

En parlant si bellement de Dieu et de Ses attributs, Marie suscite chez Zacharie la prière pour la réalisation de l’impossible (avoir un enfant alors qu’il est vieux et que sa femme est stérile depuis toujours).

Marie mène une vie recluse dans le temple les premières années de sa vie, et pas n’importe où dans le temple israélite, au lieu Saint voire le lieu le plus Saint (Mihrâb dans le Coran).

Marie reçoit la visite des anges, lui annonçant qu’elle est élue et purifiée par Dieu, et l’exhortant à persévérer dans l’observance des commandements de Dieu et notamment la prière.

Marie reçoit une deuxième visite des anges, lui annonçant la venue d’une Parole de Dieu (kalimatun minallah), qui sera le Messie (al masîh), Jésus, qu’elle va porter et mettre au monde. Les anges décrivent à Marie certaines caractéristiques de la personne, du statut et de la fonction de Jésus ici-bas comme dans l’au-delà.

Marie est d’une chasteté parfaite et s’étonne de sa future maternité virginale à elle annoncée par les anges, sans jamais douter de la Toute Puissance de Dieu et en Lui faisant totale confiance.

Le jour où Marie sort du Temple sans savoir que sa vie va changer, elle ne frémit pas devant la beauté parfaite d’un jeune homme, en réalité l’ange Gabriel, se présentant sous une apparence humaine mais au contraire éprouve de la peur, se réfugie en Dieu et exhorte le bel homme à la crainte de Dieu.

Marie conçoit Jésus dans son sein chaste par l’intermédiaire de l’ange Gabriel qui lui insuffle ce qu’il lui insuffle sur ordre de Dieu.

Marie ignore en quoi son fils sera un signe (âyah) pour les hommes et une miséricorde (rahmah) de Dieu.

Marie qui a une totale confiance en la Parole de Dieu est qualifiée de véridique (siddîqah) dans le Coran.

Marie a souhaité mourir, faute de ne pouvoir expliquer sa maternité virginale à son entourage. Marie a été l’objet de calomnies de la part de son entourage qui lui reproche d’avoir déshonoré la respectabilité de la lignée de Jacob.

Marie est consolée par son fils, au moment de l’accouchement, et assistée par lui quand il parle au berceau de son statut de serviteur de Dieu, de prophète, d’être partout béni, du commandement qui lui est fait d’observer la prière et de donner la zakât, et de faire montre de piété filiale envers sa mère.

Marie est totalement humaine et innocente de la divinisation de sa personne survenue après sa disparition, le détail de cet énoncé sera donné ailleurs.

Marie est la meilleure femme de son époque, voire du monde selon le Coran, et compte parmi les 4 meilleures du monde selon les hadiths.

Marie n’a jamais été touchée par un homme, ne s’est jamais mariée et est restée dans une chasteté et une pureté spirituelle et morale hors du commun jusqu’à enfanter Jésus.

Marie et son fils Jésus participent d’un même signe (âyah), sujet d’une importance théologique capitale qui sera traitée ailleurs

Marie enfante la personne, Jésus, qui annonce le basculement de l’Alliance entre Dieu et les fils d’Israël et donc d’Isaac vers Muhammad (SAWS), descendant d’Ismaël, fils ainé d’Abraham.

6 commentaires

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  1. Mais le sens original des mots “virginité” et “chasteté” veut il signifier quelque chose de simplement physique ou quelque chose de métaphorique ? Le Coran aborde à de multiples reprises des choses qui doivent être comprises sous l’angle métaphorique, ce que favorise d’ailleurs la structure originelle des langues sémitiques (arabe, hébreu, araméen, amhara, etc.). Dans ce cas, n’est-il nécessaire de faire un ijtihad aussi sur cette question ? Comment doit on comprendre la “pureté” de Myriam et que signifie-t-elle vraiment ? Est-ce que c’est la question du rapport au sexe qui est fondamental dans l’islam ou est-ce le rapport à la pureté d’intention dans les rapports sociaux ? Et que nous enseignent les découvertes scientifiques modernes sur ce sujet, psychologie, psychanalyse, neurologie, linguistique, etc ? Ne doit on pas relire le Coran à l’aune du progrès scientifique ? La Sunna elle-même n’ouvre-t-elle pas par certains témoignages rapportés des dires du prophète (PBSL) à l’écoute de l’inconscient ? Par exemple dans le récit du prophète (PBSL) écoutant caché derrière un arbre ce que disait l’enfant juif considéré comme “fou” ? Et qui semblait dire tout autre chose que ce qu’il disait aux yeux de son entourage qui le considérait comme “fou”. Donc que veut dire la “virginité” dans le Coran ?

    • Baraa
      Dans le noble Quran, Maryam est vierge: le texte dit clairement (sans métaphore!) qu’aucun homme ne l’a touchée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle quand son peuple découvre sa grosssesse, les rabins la traitent de tous les noms, que nous ne répèterons pas ici.

      Dans l’islam, la question de la virginité sexuelle concerne TOUT le monde. Le fétiche arabe notament sur la virginité de la femme est faux, irrationnel, et une grossière erreur d’interprétation du noble Quran et de la tradition prophétique. Rappelons que le Prophète (saw) était vierge à son premier mariage, qu’il a vécu avec une seule épouse pendant 25 ans, qu’ensuite parmi ces huit autres épouses, seules Aïcha (ra) et Maymuna (ra) étaient vierges.

      La question de la “pureté” est un autre vaste sujet. Il ne concerne pas que le corps ou les relations physiques.

      Enfin, attention à ne pas verser dans le psychologisme, le noble Quran n’est pas un roman.

      • Tout cela est vrai si on a une lecture littéraliste, mais même les néosalafistes les plus bornés doivent bien accepter certaines métaphores dans le Coran, par exemple sur l’inégalité entre l’aveugle et celui qui voit, c’est une métaphore car il est évident que l’aveugle est égal au non aveugle sur le plan social et humain. Pourquoi dès lors accepter une lecture métaphorique quand on ne peut pas faire autrement car elle “crève les yeux” et ne pas faire de même pour tous les autres versets ? Le littéralisme rassure, ce que je peux comprendre dans un premier temps, mais ensuite il limite tellement l’intelligence et la science qu’il enferme. L’essentiel c’est de chercher les signes pour ceux qui réfléchissent et toutes les sciences doivent nous y aider car elles sont toutes des signes divins. Comme disait Roumi : O humain ! Pourquoi rampez vous sur terre alors que Allah vous a créé avec des ailes ! …une autre métaphore. Il faut que nous nous servions des ailes que Allah nous a donné si généreusement …mais il faut d’abord que nous les voyons

        • baraa
          Où se trouve le “littéralisme” exactement”? Si le texte vous dit que Maryam était vierge, pourquoi aller penser le contraire?

          Je crois que vous confondez métaphore et allégorie. Le noble Quran, comme nombre de textes religieux, offre plein d’allégories: dire une histoire pour mieux comprendre un concept. Par exemple la sourate de la Cave (18) en est l’exemple type.

          Il est inutile d’avoir des ailes si on ne sait pas voler: le problème des musulmans aujourd’hui est l’ignorance de leur religion. Ils veulent simplifier, contourner les principes fondamentaux, bref se parer d’une foi light….

  2. Abbé Guy Pagès : ( Interroger l’islam 1501 questions à poser aux musulmans ! … )

    -L’Abbé Guy Pagès, a Posé 1501 Questions aux Musulmans,

    -Mais jusqu’à l’heure actuelle,

    -il n’a pas été capable de répondre à une seule question d’un simple musulman que je suis,

    -lorsque je lui ai posé la question de définir la place et la considération de la vierge marie dans la bible.

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