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L’escrime contre l’islamophobie : un projet qui suscite l’engouement de jeunes musulmanes britanniques

Derrière leur masque d’escrimeuses en herbe, des jeunes filles musulmanes scolarisées à Birmingham semblent avoir trouvé la botte secrète contre le fléau de l’islamophobie. Un fléau qui, pour faire des ravages, n’en est pas pour autant immunisé contre une adversité féminisée et en pleine cure de jouvence qui se veut déterminée, voire imparable.

C’est en apprenant à croiser le fer sous le regard expérimenté et bienveillant de Lynne Mellia, leur entraîneur, que ces collégiennes britanniques voilées et non voilées lancent une sérieuse mise en garde au racisme anti-musulmans en recrudescence.

En garde ! A ces mots, elles entrent en piste, concentrées et motivées, en n’ayant qu’un seul objectif en tête : se perfectionner dans l’art de manier l’épée, dans l’espoir de faire mouche, de changer les regards et d’ouvrir la voie à l’intérieur du royaume de Sa Gracieuse Majesté.

Sport de combat plein de noblesse, connu pour développer les qualités essentielles que sont la volonté, la loyauté, la confiance en soi et la maîtrise de soi, l’escrime n’a pas été choisi au hasard par la direction de leur établissement secondaire de Stockland et l’association musulmane locale Maslaha qui ont porté ce projet à bout de bras.

Salués pour leur initiative inédite et stimulante, les deux promoteurs de l’escrime à l’assaut des préjugés pernicieux se félicitent du succès de l’opération, sur tous les plans. Les jeunes filles musulmanes ont été immédiatement conquises par le concept, s’empressant de revêtir leur cuirasse pour ferrailler contre les idées fausses ancrées dans les esprits, qu’elles imputent à l’islam la « soumission de la femme » ou associent l’escrime à un « sport d’élite ».

« Ce n’est pas facile d’être une jeune fille musulmane aujourd’hui, au  Royaume-Uni. Les stéréotypes négatifs tenaces, conjugués à des politiques de lutte contre l’extrémisme qui contribuent à stigmatiser les jeunes musulmans, font que l’on confisque la parole aux femmes musulmanes, jeunes et moins jeunes, que l’on parle à leur place et en leur nom. Ce projet vise à les rendre actrices et narratrices de leur propre vie, à briser les clichés et les amalgames qui les dévalorisent », a expliqué leur coach, Lynne Mellia.

Les adolescentes musulmanes de Birmingham redoublent d’efforts pour peaufiner leur fameuse botte secrète contre la spirale infernale de la haine, en tentant de marcher sur les pas de leur icône, celle dont la seule évocation fait briller leurs yeux : l’escrimeuse de talent Ibtihaj Muhammad, la première athlète américaine voilée à avoir concouru aux Jeux Olympiques et à avoir décroché la médaille de bronze à Rio, en août 2016.

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