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Les musulmans américains sont les mal-aimés de l’Amérique, selon une étude réalisée par l’Université du Minnesota

Littéralement dopée par les attentats du 11 septembre, l’islamophobie n’a cessé depuis de croître Outre-Atlantique sur une courbe dangereusement ascendante, entraînée dans une spirale de violences anti-musulmans – passages à tabac avant et pendant le ramadan 2016, tentative de meurtre contre un imam à Houston en juillet, assassinats d’un imam et de son assistant, ainsi que d’une enseignante musulmane à la retraite à Brooklyn, au mois d’août –  à la fois par l’abomination du terrorisme aveugle et une rhétorique politicienne pousse-au-crime, devenue dévastatrice sous l’influence maléfique de Donald Trump.

Face à ce bien sombre tableau, l’influent Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR), plus pessimiste que jamais, ne décèle aucune éclaircie salvatrice d’ici à la fin de l’année, mais prévoit plutôt une aggravation de la situation jusqu’à battre un triste record  : 2016 est, en effet, en passe d’entrer dans les annales comme la pire année en matière d’agressions anti-mosquées, 55 actes de vandalisme et profanations ayant été recensés à la mi-septembre, alors que 79 actes de la même nature avaient émaillé l’intégralité de l’année 2015.  

De quoi, effectivement, broyer du noir et exhorter avec d’autant plus de vigueur à l’unité nationale contre les ravages de la haine, à l’instar de Nihad Awad, directeur du CAIR à l’échelle nationale : "Cette tendance à l'augmentation de la violence visant la communauté musulmane américaine est extrêmement alarmante. 2016 a été une année terrible pour les musulmans, avec une multiplication d’agressions physiques, y compris des crimes, et d’actes de vandalisme. Il est essentiel que les deux candidats en lice pour la présidentielle, ainsi que d’autres personnalités éminentes, appellent à la concorde et à serrer les rangs contre la montée de la haine. Tous les Américains devraient être en mesure de pratiquer librement leur religion sans crainte de préjudices ou d'intimidations", a-t-il insisté.

Dans un tel contexte, il n’y a rien de très surprenant à ce qu’une nouvelle photographie de l’opinion vienne assombrir un peu plus la ligne d’horizon des Américains de confession musulmane, en les hissant à la première place d’un classement peu enviable : ils sont indéniablement les mal-aimés de la vaste Amérique multiculturelle, le groupe le plus « réprouvé » ( le taux de réprobation a fait un bond notable entre 2005 et 2016, passant de 26% à 45,5%), selon une étude réalisée par une équipe de sociologues de l’Université du Minnesota qui a analysé les perceptions de 2 521 citoyens américains, de février 2014 à mars 2016, sur les minorités cultuelles et ethniques aux Etats-Unis.

Ce redoutable privilège qui échoit à la communauté musulmane lui fait largement distancer les minorités juive, hispanique et asiatique, lesquelles ne comptent pas pour autant que des amis en Amérique et se retrouvent, elles aussi mais dans une moindre mesure, en butte à la « désapprobation » de l’opinion publique.

Pour Hussein Rashid, professeur au Barnard College, à New York, la montée en flèche de l'intolérance est exacerbée par un discours politique délétère qui flatte les bas instincts et légitime les passages à l’acte. "Même la génération du millénaire, réputée pour sa tolérance, finit par être sensible aux sirènes du populisme et par éprouver, à son tour, une aversion pour l’islam", a-t-il déploré, en se référant aux conclusions du rapport publié par l’Université du Minnesota.

"En l’espace de 10 ans, les Américains ont développé une perception plus négative des musulmans, mais aussi des  juifs, des homosexuels, des  Latinos et des Noirs. C’est la réponse réactionnaire d’une Amérique mythique qui veut que tout le monde se ressemble face à une nouvelle Amérique plurielle qui prend forme", a-t-il commenté.

Quant au groupe distinctif que forment les athées, loin d’être logés à la même enseigne que les musulmans, ils ne sont pas toutefois en odeur de sainteté sur le sol de la bannière étoilée, là où, toujours selon les résultats de l’étude, ils sont les deuxièmes à s’attirer les foudres de leurs concitoyens pour leur « absence de moralité ».

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