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Le responsable d’un centre islamique près de Londres victime d’une agression islamophobe

A l’ouest de Londres, rien de nouveau pourrait-on déplorer avec un brin de sarcasme, en d’autres termes rien n’a enrayé la vague d'agressions racistes qui, depuis plusieurs semaines, frappe sans discontinuer la localité de Brentford, ciblant exclusivement les proies toutes désignées : les foyers musulmans.

Ce fut la première cible d’une interminable série d’attaques dont la violence va crescendo, Muhammed Abu Sayed Ansarey, 34 ans, président de la West London Muslim Centre, a été particulièrement choqué à la vue de sa voiture vandalisée, la plaque d’immatriculation complètement endommagée, prenant peur à la lecture d’un mot injurieux et menaçant signé de l’extrême-droite anglaise, EDL, et du parti national britannique BNP, placé bien en évidence sur le pare-brise de sa Honda civic.

Cela fait onze ans qu’il a posé ses valises en Grande-Bretagne depuis son Bangladesh natal, Muhammed Abu Sayed Ansarey, qui souffre d’une mobilité réduite liée à une tumeur située dans le muscle d’une jambe, craint désormais pour les siens, sa femme et ses enfants, depuis ce beau matin de septembre qui a brisé la tranquillité d’une intégration réussie, sous l’effet d’une agression qui lui a fait ressentir la présence prégnante de la menace islamophobe.

"Comme tous les jours, je me rendais à ma voiture pour aller travailler,  et j'ai trouvé ma Honda totalement vandalisée, avec ce mot d’insultes racistes sur le pare-brise. J'étais consterné, d’autant plus que mes enfants étaient avec moi. J'ai appelé la police aussitôt. Je me remets difficilement de cette agression, car j’ai peur qu’ils aillent plus loin, et qu’il s’en prennent à ma femme voilée et à mes enfants. Je suis sûr qu’ils s’en sont pris à nous car  nous portons des vêtements religieux longs, ma femme est voilée. C’est terrible, car dans le centre islamique que je dirige, nous sommes ouverts à tout le monde, de toute religion et origines ethniques", a-t-il expliqué à la presse locale, visiblement marqué.

Alors que les députés du comté et la conseillère municipale de Brentford, Ruth Cadbury, ont exprimé leur colère et profonde tristesse face à une escalade d’intimidations et d’actes anti-musulmans qui troublent la relative quiétude d’une ville à proximité de Londres, le parti national britannique (BNP), directement mis en cause, a réagi en tonnant et tempêtant, ce qui n’a pas contribué à adoucir son image, ni à rassurer dans les chaumières…

"Nous ne pouvons pas laisser ces comportements odieux se développer en toute impunité. Je sais que je peux compter sur le soutien et l’efficacité de la police locale pour combattre cette montée de haine, et j’invite tous les administrés de Brentford à nous signaler tout individu ou groupe d’individus dangeureux ainsi que tout incident à caractère raciste et islamophobe pour y parvenir", a exhorté Ruth Cadbury en conférence de presse, confiante dans l'esprit de civisme et de solidarité qui anime la population.

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