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Le plus ancien collège militaire des Etats-Unis accueille sa première élève officier voilée

L’atavisme familial n’est pas étranger à son choix de carrière dans les rangs de l’armée américaine, Sana Hamze, 18 ans, une étudiante musulmane dont le père est officier de police en Floride et deux de ses grands-parents ont servi dans le corps des Marines, assure ne pas avoir l’âme d’une pionnière, alors même qu’elle vient d’entrer dans les annales de la prestigieuse académie militaire de Norwich.

Première femme à être autorisée à porter le hijab sous l’uniforme du Corps des cadets, la jeune fille fait en effet figure de précurseuse dans l’enceinte du plus ancien collège militaire des Etats-Unis, inaugurant une nouvelle ère placée sous le signe de la diversité et de la tolérance religieuse, sur un campus où elle se singularise parmi les 2 250 élèves officiers.

Désireuse de poursuivre l’héritage familial en faisant ses classes dans la grande muette US, tout en restant attachée à ses valeurs musulmanes, Sana Hamze n’a jamais renoncé à sa vocation née très tôt, convaincue qu’elle pouvait être tout à la fois femme, musulmane et femme officier sans qu’aucune incompatibilité ne vienne contrarier sa volonté de mener trois vies de front.      

« Ce n’est pas moi qui vais changer le monde ou l’Amérique. Je me réjouis simplement de l’ouverture d’esprit dont a fait preuve la direction de Norwich en m’ayant permis de concilier ma pratique religieuse et ma formation militaire », a-t-elle déclaré sobrement, en révélant que les portes du collège militaire de Charleston, en Caroline du Sud, s’étaient préalablement refermées devant elle lorsqu’elle avait émis le souhait de conserver son voile.

Un voile qui, dans l’espace public, a souvent attiré sur elle les regards les plus pesants, réprobateurs, voire hostiles, mais pas derrière les murs de Norwich où, même si son apparence extérieure en fait un aspirant à part, elle n’a jamais lu l’animosité, ni la haine dans les yeux de ses instructeurs ou de ses camarades.

Pour être à l’origine d’une véritable innovation dans la célèbre académie militaire nichée en plein cœur du Vermont, Sana Hamze n’est pas pour autant le premier élève officier de confession musulmane à l’avoir intégrée : Ali Shahidy y a fait ses premiers pas et ses premières armes avant elle.

Après l’avoir rencontrée récemment lors d’un office religieux dans la mosquée locale, celui-ci, impressionné par sa forte personnalité, voit en elle un futur chef de file susceptible d’être une source d’inspiration pour la nouvelle génération d'Américains musulmans et d’ouvrir la voie notamment aux jeunes filles voilées, dont le rêve de servir leur pays sous le drapeau paraît à beaucoup inatteignable.

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