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Le Pape François, un bâtisseur de ponts, notamment avec l’islam

Devant le corps diplomatique accrédité par le Vatican qui écoutait ses premières déclarations religieusement, le Pape François s’est présenté comme un grand bâtisseur de ponts entre les religions, et notamment avec l’islam, affichant la volonté de l’Eglise chrétienne de créer les conditions d’un dialogue accru et serein avec les musulmans.

Très sensible à la présence de nombreuses Autorités civiles et religieuses du monde islamique, lors de la messe qui inaugura son ministère, le Pape a donné le ton de son pontificat résolument tourné vers l’autre, ce frère en Dieu : "Il est important d’intensifier le dialogue entre les différentes religions, je pense surtout au dialogue avec l’islam", insistant sur les bienfaits du "dialogue entre nous", afin que "chacun puisse trouver dans l’autre, non un ennemi, non un concurrent, mais un frère à accueillir et à embrasser".

"Mes origines mêmes du reste, me poussent à travailler pour édifier des ponts", a ajouté le pape François, qui se veut être un tisseur de liens pour faire vivre  "ce dialogue entre les lieux et les cultures avec leurs éloignements, d’un bout du monde à l’autre, aujourd’hui toujours plus proches, interdépendants, qui ont besoin de se rencontrer et de créer des espaces réels d’authentique fraternité".

Dans ce monde assis sur un volcan, évoquer la paix si fragile, si difficile à consolider quand elle a été durement obtenue, et si cruellement évanescente ou torpillée dans certaines régions du monde, n’est pas chose aisée. Le souverain pontife a estimé qu’elle ne pouvait pas être "véritable si chacun est la mesure de lui-même, si chacun peut revendiquer toujours et seulement son droit personnel, sans avoir le souci en même temps du bien des autres, de tous, à partir de la nature qui unit chaque être humain sur cette terre".

La nomination du Pape François a été bien accueillie par nombre de leaders musulmans, notamment par les 57 Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique et par Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite au Caire. Ekmeleddin Ihsanoglu, chef de l'OCI basée en Arabie Saoudite, a abondé dans le sens du Pape, en formant le vœu que "la relation entre l'islam et le christianisme retrouve sa cordialité et son amitié sincère.

Du côté d'Al-Azhar, l’heure semble être venue de faire table rase du passé et de renouer avec le Vatican, après avoir rompu tout lien à deux reprises avec Benoît XVI, le prédécesseur du Pape François, la première fois suite aux propos de ce dernier citant un empereur byzantin qui avait décrit le Prophète comme propageant des idées "mauvaises et inhumaines" par la violence, la seconde fois suite à son exhortation à protéger les minorités chrétiennes. Un attentat suicide perpétré contre une église d'Alexandrie en Egypte, dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011, avait mis en émoi le Vatican. Al-Azhar avait alors décidé de suspendre ses rencontres avec Benoît XVI, considérant ses propos sur les chrétiens d'Orient comme des "attaques répétées contre l'islam".

Signe des temps, la brouille avec le monde musulman est susceptible d’être dissipée, à la lumière de la déclaration de Mahmoud Azab, conseiller pour les affaires interreligieuses de l'imam Ahmed Al-Tayyeb d'Al-Azhar, qui est sorti du mutisme pour répondre favorablement à l’appel du nouveau Pape François : "Dès qu'une nouvelle politique émerge, nous allons reprendre le dialogue avec le Vatican", a-t-il assuré.

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