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Devant l’indignation du monde musulman, la Suède condamne le nouvel autodafé du Coran sur son sol

Il aura fallu que retentisse, depuis Djeddah, le nouveau coup de semonce de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), outrée par le énième autodafé du Saint Coran devant la Grande Mosquée de Stockholm, pour que la Suède sorte enfin de son ambiguïté inflammable. 

Une ambiguïté blâmable qui, sous couvert de « liberté d’expression », a donné un blanc-seing à Salwan Momika, un Irakien de 37 ans, surgi brusquement sur le devant de la scène pour jouer les pyromanes de la cohésion sociale. 

Et ce semeur de troubles de la pire espèce n’y est pas allé de main morte, de surcroît le premier jour de l’Aïd Al-Adha… Après avoir piétiné rageusement un exemplaire du Livre saint de l’islam devant une prestigieuse enceinte sacrée musulmane, il a brûlé plusieurs de ses pages. Comme si cela ne suffisait pas, il a menacé de « brûler une copie du Coran et un un drapeau irakien devant l’ambassade d’Irak sous dix jours ».

Cette nouvelle provocation incendiaire, celle de trop, qui ravive le brasier incandescent de la haine attisé, en janvier dernier, par l’un des leaders de l’extrême droite nordique, le triste sire Rasmus Paludan, a soulevé un tsunami d’indignations dans le monde musulman. 

Lors de la réunion extraordinaire qui s’est tenue à Djeddah, ce dimanche 2 juillet, les 57 Etats membres de l’OCI, par la voix de leur Secrétaire général Hissein Brahim Taha, ont, une fois encore, condamné avec virulence un « acte ignoble ». L’Irak, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Maroc ont immédiatement rappelé leurs ambassadeurs respectifs, en signe de leur plus vive protestation.

Le diplomate tchadien Hissein Brahim Taha (au milieu), Secrétaire général de l’OCI

Révulsé, Hissein Brahim Taha a insisté sur « l’impérieuse nécessité d’envoyer un message clair au monde, selon lequel les actes de profanation du Coran ne sont pas de simples incidents d’islamophobie ordinaire », tout en demandant aux Etats membres de « prendre des mesures unifiées pour empêcher la répétition des profanations de copies du Livre saint ».

« Nous devons envoyer des rappels constants à la communauté internationale concernant l’application urgente du droit international, qui interdit clairement tout appel à la haine religieuse », a-t-il martelé.

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Quelques heures après l’exhortation retentissante de l’OCI à agir et sévir contre des autodafés d’un autre âge, éminemment sacrilèges, la Suède semble ne plus se réfugier derrière le paravent de la liberté d’expression. Elle a enfin dénoncé sans la moindre équivoque un « acte islamophobe ». 

En effet, le ministère suédois des Affaires étrangères s’est aussitôt fendu d’un communiqué dans lequel il est clairement stipulé, noir sur blanc : « Le gouvernement suédois comprend totalement que les comportements islamophobes dans des rassemblements peuvent blesser les musulmans. Nous dénonçons vivement ces comportements. De tels actes islamophobes ne reflètent pas la vision du gouvernement suédois ». 

Les belles paroles des autorités suédoises se traduiront-elles par des sanctions pénales fortes et dissuasives ? Après avoir initialement autorisé l’autodafé du Coran, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression, la police suédoise a inculpé Salwan Momika pour incitation à la haine contre un groupe ethnique ou national.

Il est à noter que le président russe, Vladimir Poutine, n’est pas resté sans réagir face au nouvel autodafé odieux du Coran devant la Grande Mosquée de Stockholm. Et autant dire que sa perception diffère diamétralement de l’Occident dont il est plus que jamais la bête noire…

« Dans notre pays, c’est un crime au regard de la Constitution et du code pénal », a-t-il déclaré avec gravité, lors d’une visite à la mosquée historique de Derbent, au Daghestan. « Le Coran est sacré pour les musulmans et devrait l’être pour les autres », a-t-il ajouté, en remerciant les hauts dignitaires musulmans pour leur précieux cadeau. « Nous respecterons toujours ces règles », en a-t-il fait le serment.

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Un commentaire

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  1. Qu’on aime le coran ou qu’on le déteste, peu importe.
    Le coran reste un bienfait qu’on ne peut pas effacer de la mémoire des hommes.

    Traduction sourat la vache, verset 105

    “Ni les mécréants parmi les gens du Livre , ni les Associateurs n’aiment qu’on fasse descendre sur vous un bienfait de la part de votre Seigneur, alors qu’Allah réserve à qui Il veut sa Miséricorde. Et c’est Allah le Détenteur de l’abondante grâce”.

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