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Le pacte germano-soviétique, fruit amer des accords de Munich

A la faveur de la “guerre froide”, la narration consensuelle de la “grande alliance antifasciste” (1941-1945) s’effondre comme un château de cartes. Les alliés de la veille ne le sont plus, et un nouveau récit supplante l’ancien dans chacun des deux camps. Pour le monde occidental – désormais aligné derrière la bannière étoilée -, la coalition des démocraties contre l’hydre hitlérienne cède la place à la coalition des démocraties contre l’hydre communiste. Oblitérant l’effort colossal accompli par l’URSS pour abattre le IIIème Reich, le discours dominant en Occident entend infliger à Staline une véritable reductio ad hitlerum. La lutte titanesque entre la Wehrmacht et l’Armée rouge, en somme, aurait provoqué une illusion d’optique : comme l’arbre cache la forêt, leur affrontement militaire aurait masqué la connivence entre les deux tyrannies du siècle.

Hannah Arendt a joué un rôle déterminant dans cette interprétation de l’histoire. Pour la philosophe allemande, le totalitarisme est un phénomène à double face : le nazisme et le stalinisme. Les partis totalitaires ont une idéologie rigide et une structure sectaire. Le pouvoir du chef est absolu, et la communauté soudée par une foi sans réserve dans ses vertus surhumaines. La suppression de l’espace public et le règne de l’arbitraire policier, enfin, signent la dissolution de la société dans l’État et de l’Etat dans le parti. Mais pour Hannah Arendt, le système totalitaire est surtout l’instrument par lequel l’idéologie totalitaire prétend réaliser les lois de la nature (nazisme) ou accomplir les promesses de l’histoire (stalinisme).

Avec le totalitarisme moderne, l’idéologie est la logique d’une idée : elle se fait fort de donner un sens aux événements, elle en fournit une explication sans faille. Transformant les classes en masses, l’État totalitaire exerce une emprise illimitée sur la société. Absorbant toutes les activités humaines pour leur donner la signification univoque exigée par l’idéologie, le totalitarisme, pour Arendt, est un système qui transcende ses incarnations particulières.

Cette définition, toutefois, a pour inconvénient de faire fi des différences concrètes entre nazisme et stalinisme. Sans parler de l’idéologie elle-même (la mystique de la race aryenne contre le socialisme dans un seul pays), le recours à la violence n’emprunte pas les mêmes justifications à Moscou et à Berlin. Le système totalitaire décrit par Hannah Arendt ressemble au lit de Procuste, dans lequel on veut faire entrer une réalité qui le dépasse. L’impuissance du modèle à rendre compte du réel est flagrante lorsque Hannah Arendt attribue au système totalitaire une politique étrangère agressive, ouvertement vouée à la conquête du monde. “Comme un conquérant étranger, le dictateur totalitaire considère les richesses naturelles et industrielles de chaque pays, y compris le sien, comme une source de pillage et un moyen de préparer la prochaine étape de l’expansion agressive”(Hannah Arendt, Le système totalitaire, Seuil, 1972, p. 147).

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La conquête et le pillage, pourtant, ne sont pas l’apanage des “régimes totalitaires”. En décrivant comme une propriété intrinsèque du système totalitaire ce qui correspond à la pratique constante des régimes démocratiques, Hannah Arendt se livre à un tour de passe-passe. Si la conquête, l’expansion et le pillage sont des pratiques totalitaires, pourquoi n’en déduit-elle pas le caractère totalitaire des démocraties occidentales ?

En dépit de cette contradiction flagrante, le mythe des “jumeaux totalitaires” a fourni un répertoire inépuisable à la réécriture occidentale de l’histoire. Il a permis de tirer un trait sur la réalité d’un conflit mondial où 90% des pertes allemandes sont causées sur le front de l’Est, et où les victoires de Joukov, chèrement acquises, ont eu raison de la machine de guerre hitlérienne. Peu importe le sacrifice du peuple soviétique, peu importent les succès de l’Armée rouge, puisque leur chef – Staline – est un bourreau sanguinaire qui ne vaut guère mieux que son homologue nazi.

Cette interprétation des événements par la doxa occidentale est parfaitement illustrée par Hannah Arendt, à nouveau, lorsqu’elle écrit en 1966 que “contrairement à certaines légendes de l’après-guerre, Hitler n’eut jamais l’intention de défendre l’Occident contre le bolchevisme, mais resta toujours prêt à s’allier aux Rouges pour la destruction de l’Occident, même au plus fort de la lutte contre l’Union soviétique”. (Hannah Arendt, Op. Cit, p.243).

On chercherait en vain le moindre élément à l’appui de cette affirmation, mais peu importe. La matérialité des faits a l’obligeance de s’effacer devant ce théâtre d’ombres idéologiques. Nazisme et stalinisme représentant “deux variantes d’un même modèle”, ils ne pouvaient pas réellement s’engager dans une lutte à mort. Pour montrer que la véritable fracture ne passe pas entre nazisme et stalinisme, mais entre totalitarisme (à double face) et démocratie libérale, on s’emploie à soustraire de l’histoire tout ce qui pourrait en démentir l’interprétation.

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Ainsi Hitler est-il censé être l’allié naturel de Staline, mais à la veille de l’opération Barbarossa (juin 1941), le ministre nazi de la Propagande Joseph Gœbbels écrit dans son journal : “Le bolchevisme a vécu. Nous assumons ainsi devant l’histoire notre devoir authentique. Contre une telle entreprise Churchill lui-même ou Roosevelt ont peu d’objection. Peut-être réussirons-nous à convaincre l’épiscopat allemand des deux confessions à bénir cette guerre en tant que guerre voulue par Dieu”. Et puis, si Hitler envisageait de “s’allier aux Rouges”, comment expliquer l’extrême brutalité de la guerre menée par les nazis contre l’URSS, laquelle tranche avec leur attitude, beaucoup plus respectueuse des usages de la guerre, sur le front de l’Ouest ?

C’est qu’en France Hitler n’a pas l’intention d’installer le grand Reich millénaire qui sera au contraire chez lui dans les vastes espaces disponibles à l’Est. La future colonisation germanique dans ce qu’il appelle le “désert russe” occupe son imagination. Cette utopie colonialiste et esclavagiste tire sa source d’un mépris absolu des Slaves, d’un racisme si radical qu’il légitime n’importe quelle violence, tuerie ou famine contre ces nouveaux “peaux-rouges”, pour reprendre l’expression employée par Hitler lui-même.

Passée inaperçue de l’historiographie dominante, cette référence aux Amérindiens dans le discours hitlérien est pourtant révélatrice. Elle souligne la proximité entre l’idéologie raciste des démocraties libérales et celle de la dictature national-socialiste. “Ce n’est pas un hasard si le terme-clé du programme eugénique et racial du Troisième Reich, Untermensch, n’est que la traduction de l’états-unien Under man, le néologisme forgé par Lothrop Stoddard, auteur célébré aussi bien aux USA qu’en Allemagne, et consacré par des hommages aussi bien de deux présidents états-uniens (Harding et Hoover) que du Führer du Troisième Reich, par qui il est reçu personnellement avec tous les honneurs”, rappelle Domenico Losurdo ( Staline, Histoire et critique d’une légende noire, Aden, 2011, p. 442).

Si l’on fonde la thèse de la gémellité des régimes totalitaires sur l’usage de la terreur, comme le fait Hannah Arendt, que faut-il déduire de l’usage de la terreur sous le régime colonial imposé par les Européens aux populations de couleur ? Des Amérindiens liquidés dès le XVIème siècle aux populations africaines, asiatiques et océaniennes asservies ou exterminées par les Blancs au nom de la civilisation, l’entreprise nazie de liquidation des “races inférieures” avait de sérieux antécédents. “Il est trop commode de mettre les infamies du nazisme sur le compte exclusif de Hitler en refoulant le fait qu’il a repris, en les radicalisant, les deux éléments centraux de sa théorie à un monde qui lui préexiste : la célébration de la race blanche et de l’Occident, appelés maintenant à étendre leur domination même en Europe orientale ; la lecture de la révolution bolchevique comme complot judéo-bolchevique qui, en stimulant la révolte des peuples coloniaux et en minant la hiérarchie naturelle des races, et plus généralement, en infectant en tant qu’agent pathogène, l’organisme de la société, constitue une menace effrayante pour la civilisation, qu’il faut affronter par tous les moyens, solution finale comprise”.(Domenico Losurdo, Op. Cit., p. 469).

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C’est pourquoi la guerre des nazis contre l’URSS fut d’emblée une guerre totale, une guerre d’extermination (Vernichtungskrieg). Contre les nouveaux peaux-rouges, les directives du Führer à ses troupes d’invasion ont d’emblée une connotation politique : les commissaires politiques – a fortiori s’ils sont juifs – seront immédiatement exécutés, conformément au célèbre Kommissarbefehl (ordre sur les commissaires) du 6 juin 1941.

Ce n’est pas seulement l’Armée rouge, mais l’ensemble du régime soviétique qui devait être détruit. Une détermination alimentée par la conception nazie d’un “Etat judéo-bolchevique” dont la destruction nécessitait l’extermination des cadres juifs faisant fonctionner l’État soviétique. L’idéologie raciste nazie définit également les peuples slaves d’Union soviétique comme une race inférieure d’Untermenschen, de sous-hommes. Le 30 mars 1941, Hitler l’annonce à ses généraux : “La guerre contre la Russie est de ce type de guerre qui ne pourra pas être menée de façon chevaleresque : c’est une lutte entre idéologies et races différentes, et elle ne pourra être conduite qu’avec un niveau de violence sans précédent, sans pitié ni répit”.

Mais la thèse de l’alliance entre Hitler et Staline contre les démocraties, bien entendu, trouve son principal argument dans la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939. Car cet événement inattendu a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Il a brutalement entaché l’image de la “patrie du socialisme”, qui avait fait de “l’antifascisme” le signe de ralliement de toutes les forces progressistes appelées à conjurer la menace hitlérienne. Si le pacte donnait les coudées franches à l’expansionnisme allemand à l’Ouest, comment expliquer que Staline ait changé de cap aussi brutalement, quitte à encourir le reproche d’avoir trahi la cause de l’antifascisme et à provoquer des remous dans son propre camp ? Pour l’historiographie dominante inspirée par Hannah Arendt, la gémellité totalitaire entre les deux tyrannies aurait favorisé cette monstrueuse alliance. La proximité systémique, en somme, expliquerait la connivence stratégique. Mais ce n’est pas du tout ce que révèle l’examen des faits.

En réalité, durant les trois années qui précèdent le pacte du 23 août 1939, Staline tente obstinément de négocier une alliance anti-hitlérienne avec les Français et les Britanniques. Pour l’URSS, une triple alliance avec la France et la Grande-Bretagne signifie avant tout une coordination militaire en vue de mener le combat commun contre l’Allemagne. Aussi le Kremlin formule-t-il avec insistance une demande précise : les Franco-Britanniques doivent s’assurer que la Pologne et la Roumanie autorisent le passage de l’Armée rouge sur leur territoire, une fois la guerre déclenchée avec l’Allemagne.

Or, la Pologne et la Roumanie – deux dictatures de droite antisémites et anticommunistes – redoutent autant l’intervention soviétique que l’invasion allemande et ne sont pas disposées à octroyer un droit de passage à l’Armée rouge. Favorisé par la “politique d’apaisement” à l’égard de Berlin prônée à Londres, ce refus a pour effet de réduire la triple alliance à un front politique sans volet militaire, le condamnant à l’échec.

Certes, Staline n’est guère plus confiant dans les intentions des Allemands que dans celles des Franco-Britanniques. Il connaît le programme d’expansion à l’Est prôné par l’auteur de Mein Kampf et l’idéologie pétrie de haine raciale qui justifie ces projets de conquête. Entrepris par le régime stalinien à la faveur de l’industrialisation accélérée, l’effort de réarmement de l’URSS dans les années 30 témoigne d’ailleurs de cette lucidité face à la montée des périls. Mais les négociations avec Paris et Londres traînent depuis des mois et l’approche dilatoire des Occidentaux finit par convaincre le maître du Kremlin qu’il ne pourra pas compter sur eux.

Persuadé que les Allemands attaqueront la Pologne quoi qu’il en coûte, et constatant que les Occidentaux ont hypothéqué les chances de la triple alliance, Staline finit par répondre aux avances de Berlin. Devant le Soviet suprême, Molotov justifie alors le pacte en insistant sur le fait qu’il est la conséquence, et non la cause de l’échec des négociations pour la triple alliance. Du point de vue soviétique, le pacte n’est qu’une alternative, faute de mieux, à la coalition avec Paris et Londres.

Du côté occidental, la politique “d’apaisement” a rendu caduc les propositions d’alliance antifasciste formulées par l’URSS au profit d’une attitude conciliante à l’égard des prétentions du Reich. Passivité calculée, cette démission devant l’expansionnisme revanchard de l’Allemagne vise à orienter l’agressivité nazie en direction de l’URSS, désignée comme l’ennemi à abattre par l’idéologie national-socialiste. Cette politique atteint son apogée lors des accords signés à Munich par la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie le 30 septembre 1938.

La Tchécoslovaquie est livrée pieds et poings liés à Adolf Hitler, qui se partage les dépouilles de ce malheureux pays avec la Pologne et la Hongrie. L’Union soviétique, de son côté, tente d’empêcher ce désastre. Elle réclame en vain la coordination des forces soviétiques, françaises et tchécoslovaques, ainsi que la saisine de l’assemblée générale de la SDN. Entre le 21 et le 23 septembre 1938, l’Armée rouge mobilise des forces militaires en Ukraine et en Biélorussie. Faute de frontière commune entre l’URSS et la Tchécoslovaquie, Moscou sollicite l’accord de Varsovie et de Bucarest pour traverser leur territoire. La Roumanie semble prête à accepter, mais le refus polonais scelle le sort de la Tchécoslovaquie. Indignée par les accords de Munich, la diplomatie soviétique dénonce une « capitulation qui aura des conséquences incalculables ».

Le pacte du 23 août 1939 est le dernier épisode du jeu de go qui caractérise les relations internationales dans les dernières années de l’avant-guerre. Que ce soit avec la triple alliance – avortée – ou avec le pacte germano-soviétique, Staline tente d’éloigner le spectre de la guerre tout en sachant qu’elle est inéluctable. “En vérité, loin d’ourdir une guerre menant à une révolution, Staline ne craignait rien de plus qu’un nouveau grand conflit militaire. La guerre offrait des opportunités, mais elle exposait également à de grands périls. Bien que la Première guerre mondiale eût conduit à la Révolution russe de 1917, elle fut suivie d’une guerre civile où les ennemis des communistes furent à deux doigts de tuer le bolchevisme dans l’œuf. Parmi les opposants aux bolcheviques pendant la guerre civile, on compte les grandes puissances capitalistes – Grande-Bretagne, France et Etats-Unis – qui aidèrent les forces anticommunistes en Russie et imposèrent un blocus économique et politique pour contenir la contagion du bolchevisme”, souligne Geoffrey Roberts (Les guerres de Staline, Delga, 2011, p. 25).

Si Staline joue la carte allemande en août 1939, c’est parce que les tentatives d’entente avec les Occidentaux ont échoué par leur faute. Après la trahison de la Tchécoslovaquie par les “démocraties” occidentales à Munich en septembre 1938, il sait combien la tentation d’une ligne “Plutôt Hitler que Staline” est forte en Europe.

Ses offres d’alliance du printemps 1939 ayant achoppé sur le refus de la Pologne – laquelle s’empare d’un morceau de la Tchécoslovaquie en 1938 – , il prend acte de l’impossibilité de s’entendre avec Paris et Londres, et il retourne temporairement contre les Franco-Britanniques la menace allemande qu’ils entendaient dresser contre l’URSS. Impossible, par conséquent, de comprendre le coup de tonnerre du 23 août 1939 sans le relier au caractère défensif de la politique étrangère soviétique. Si Staline a signé le pacte, c’est pour retarder l’échéance de la guerre sur le sol soviétique. Et c’est surtout parce que les accords de Munich ne lui ont pas laissé le choix.

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11 commentaires

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  1. L’auteur touche juste dans sa critique déconstructive de la thèse d’Hannah Arendt que les conservateurs et notamment les Sionistes se sont empressés de développer. Hannah Arendt est si souvent citée par Alain Finkielkraut qu’on a l’impression qu’elle est son auteur de chevet. Bien commode est l’invention d’un vocable comme le, le, le to-ta-li-ta-ris-me, de mettre tout ça dans le même sac et renvoyer donc ceux qu’on a baptisés totalitarismes dos à dos, c’est de la parole bourgeoise, consensuelle, pontifiante et soporiffique.

    Pareillement, opposer les totalitarismes sensément unis ou de même nature aux, aux, aux dé-mo-cra-ties normalement ne veut rien dire, puisque la démocratie n’est pas un titre, n’est pas une étiquette, “les démocraties Occidentales” est une proposition qui n’a pas de sens, puisque la démocratie est un comportement politique, valable un jour, abusif le lendemain, mais si le surlendemain le comportement de la gouvernance redevient démocratique et corrige l’erreur précédcente, alors la démocratie est à nouveau observée, et peut-être pas le jour d’après. Donc des propositions du genre, “Nous sommes en démocratie, en république”, sont dépourvues de sens, comme leur opposition à la dic-ta-tu-re ou pis encore au to-ta-li-ta-ris-me.

    Maintenant, une fois ceci écrit, en quoi cet article concerne-t-il la Nation Islamique, son passé colonial subi et son sort présent, son avenir avec les périls militaires d’aujourd’hui? Quand est-ce que Bruno Guigue me fera plaisir et nous régalera d’un article traitant du fait de la Nation Islamique que visiblement je suis seul à nommer ici de ce nom?

    Les grandes guerres Européennes nous intéressent, mais ce n’est pas notre histoire à nous, et nous devons nous occuper de nous, réfléchir aux moyens de créer de la force et donc de la liberté.

    Croissant de lune.

  2. Salam ‘alikoum, je voulais faire mal au cœur aux Occidentalistes de service, ce qui est une bonne action, en citant des passages d’Ernest Renan commentés par Aimez Césaire, je n’arrive pas à remettre la main dessus et sur le sort qu’il destine à celui qu’il nommait le fils d’Ismaël, bon à être refoulé au désert, donc bon pour l’extermination, il est pourtant donné pour un libéral n’est-ce pas, alors que les Nazis et Hitler ne l’eussent pas déjugés. Tocville non plus, qui glorifiait les guerres coloniales, la grande guerre Européenne finalement n’est pas autre chose qu’une guerre coloniale mais les victimes sont différentes, Hitler envisageait bel et bien dans son livre la colonisation de l’Europe et effectivement principalement de la Russie et pays Slaves. L’auteur a raison de relever le comportement militaire différent que l’Allemagne eut à l’Ouest et à l’Est.

    Je trouve probable que les Occidentaux à Munich aient envoyé un message de feu vert à l’Allemagne libre de faire ce que bon lui semble en direction de l’Union Soviétique et les pays Slaves. Mieux que cela, je soupçonne que l’impréparation à la guerre en pays Occidentaux, notamment en France traduit le sentiment pacifiste des composantes réactionnaires peu résolues contre l’Allemagne mais soucieuses du, du, du communisme. En France il y eut vraissemblablement défaitisme ou trahison, l’histoire de la ligne Magineau face à l’Allemagne laissant les autres frontières peu militarisées ne me convainct pas, mais alors pas du tout. La Réaction Européenne et Occidentale imaginait peut-être de diriger la fureur Allemande vers l’Union Soviétique, dans une politique un peu trop fine de balancier, la Réaction n’est pas le Nazisme mais y dispose par sa lâcheté conservatrice.

    J’ai tendance à croire que Staline était fort anxieux de la menace Allemande, et en effet, craignant de voire les mains libres à l’ennemi ne se soit résolu au pacte dans l’idée d’une trêve temporraire qui le laissait traiter d’autres fronts comme le front Asiatique avec les Japonais. Si Staline a ainsi gagné un peu de temps, parce qu’il en allait de la survie même des peuples de l’Union, les Occidentaux n’ont pas cette excuse à Munich, il est douteux que du cal cul et finasserie qui leur est coutumière ne les ait pas inspirés.

    Croissant de lune.

  3. @baraa
    « les chiffres de 37 millions sont eux-aussi aujourd’hui largement révisés à la baisse »
    Ah ! Et ça changerait quoi au juste qu’ils soient carrément divisés par 10 ? En quoi est-ce que 4 millions de morts seraient moins scandaleux que 37 ou que les 29 de la deuxième guerre deviennent 3 ?
    Pour le reste, je préfère ne vous déplaise aux délires partisans et propagandistes des uns et des autres, les faits historiquement avérés, ceux de témoins directs par exemple. Alors répondez aux « élucubrations » de Soljenitsyne si vous en êtes capable, sinon merci sans façons, gardez vos tracts pour vous, pareils pour ceux sur la Chine.
    Quant à votre « leçon » sur l’humilité essayez de vous en souvenir vous-même la prochaine fois – et alors même que votre attention avait déjà été attirée-, que vous vous prendrez pour Dieu au point de répondre à son commandement direct par votre nième déni en appelant tout aussi directement à boycotter le hadj.
    Vous n’hésitez pas à annuler un verset du Coran pour les beaux yeux de votre cause à vous et vous prétendez donner des leçons sur l’humilité… Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire

  4. Les enquêtes d’opinion menées à cette époque, à l’été 1939, montrent que 80% des Français et un peu moins de Britanniques étaient favorables à une guerre contre le 3e Reich, et la légende du « Nous ne voulons pas mourrir pour Dantzig » a été véhiculée par les journaux conservateurs sans aucune base réelle. Le basculement radical de l’opinion occidentale a eu lieu en mars 1939 quand, en entrant dans Prague, Hitler a violé même l’accord de Munich. Ce sont les élites qui ont trahi, pas les peuples. Les divergences entre Occidentaux et Soviétiques ont commencé à être visibles plus tôt, déjà lors de la guerre d’Espagne, et aussi d’Ethiopie, quand les élites occidentales ont refusé d’aider le gouvernement légal espagnol contre l’intervention caractérisée du Reich et de l’Italie en Espagne. De fait, il y a toujours eu au sommet des bourgeoisies anglo-françaises deux fractions, une qui était avant tout anticommuniste et une plutôt concentrée sur sa rivalité avec le concurrent allemand. Toute la différence entre Chamberlain et Churchill par exemple. Par ailleurs, il faut savoir aussi que si Staline est entré en Pologne orientale le 17 septembre 1939, c’est d’abord après avoir réglé la question de l’attaque japonaise contre son pays et surtout après avoir appris, grâce à ses services secrets, que la commission militaire anglo-française d’Abbeville du 12 septembre avait décidé que même si le rapport des forces était alors de 5 à 1 en faveur des armées anglo-françaises contre les Allemands sur le « front » occidental, Londres et Paris ne bombarderaient pas l’Allemagne, que leurs troupes ne lanceraient pas d’offensive sur le front occidental se rabattant sur la « drôle de guerres » et que même les troupes françaises qui avaient commencé à occuper des villages allemands frontaliers seraient rapatriées sur la frontière entre les deux pays.

  5. Cet article défend une thèse, mais ce n’est qu’une thèse. En effet, sans ouvrir un débat, on peut néanmoins constater l’abondance d’analyses de cette époque qui ne la corroborent pas. A titre d’exemple, je mentionnerai trois points révélateurs dans cet article :
    Aucune mention du rôle pourtant important de Mussolini dans les accords de Munich.

    La non considération du point fondamental que Britanniques et Français savaient que leurs peuples respectifs ne voulaient plus d’une guerre. Hitler le savait parfaitement.

    Le “front anti-fasciste franco-anglo-soviétique” évoqué n’a jamais existé, c’était la recherche d’une alliance (ou d’un pacte) entre les 3 pays sur laquelle Français et Britanniques avaient de profondes divergences de vue, et vis à vis de laquelle Staline était plus que méfiant. Le pacte germano-soviétique a enterré cette fiction, passé entre deux dictateurs qui n’avaient cure des sentiments de leurs peuples et n’avaient aucune élection à craindre.

  6. si on arrive au bout des élucubrations style magico-conspiro-illuminatiste de Cemwe, la réaction logique immédiate de tout lecteur serait de devenir immédiatement bolchevik devant tant d’arrogance simpliste …A vouloir faire passer n’importe quoi, on provoque l’effet exactement inverse ! …Il a simplement oublié Iejov comme agent de Satan combattant Staline et Beria…

    • Baaahhh pourquoi se fâcher pour si peu, j’admets volontiers que dans l’affaire dite des 37 millions de morts sous Staline (hors 2ème guerre évidemment), l’alibi de Satan est en béton étant donné qu’il n’existe pas.
      ça ne peut donc être que des bipèdes, comme vous et moi…
      Alors j’ai bon, rassuré ?

      • Mais les chiffres de 37 millions sont eux-aussi aujourd’hui largement révisés à la baisse par les recherches récentes faites dans les archives des tribunaux, de la police, des chemins de fer, des diplomates, des témoins directs, etc. Par ailleurs, la responsabilité des purges est elle aussi modifiée, car on prend en compte le « jeu » entre les différentes factions existante alors au sommet, en liaison ou pas avec des puissances étrangères. Staline apparait de moins en moins comme un chef absolu et de plus en plus comme celui qui a essayé d’être plus ou moins un arbitre entre les factions pour maintenir l’existence de l’Etat et bien sûr la sienne propre. Staline a aussi été celui qui a imposé un temps, en 1946, la suppression de la peine de mort contre la majorité de ses collègues, ce que très très peu de journalistes et de chercheurs osent aborder car cela remet en cause la vision du diable parmi les diables. Bref, dans toute l’histoire humaine, les différents courants politiques créent toujours des images de saints et de diables, …et la plupart du temps, il s’avère au bout du compte que la vérité n’est pas noire ou blanche mais plus proche de l’arc en ciel. C’est aussi vrai pour l’URSS que pour l’Arabie du temps du prophète et des compagnons qui l’ont suivi. Il ne faut jamais fétichiser les hommes, en les diabolisant ou en les sanctifiant ! Il faut simplement essayer de comprendre qui les a mis au pouvoir et dans l’intérêt de qui, donc aussi bien sûr contre qui, et donc sur qui pouvaient ils s’appuyer à un tournant ou à un autre. L’humilité est la condition première de la science …et de la religion.

  7. « Impossible, par conséquent, de comprendre le coup de tonnerre du 23 août 1939 sans le relier au caractère défensif de la politique étrangère soviétique. Si Staline a signé le pacte, c’est pour retarder l’échéance de la guerre sur le sol soviétique. Et c’est surtout parce que les accords de Munich ne lui ont pas laissé le choix. »
    Ah j’aime beaucoup le côté innocent de Staline j’essaie de m’allier aux occidentaux pour combattre le diable en personne Hitler mais comme ils tergiversent et qu’ils se méfient de moi, je décide finalement – et en lieu et place de le combattre quelle idée saugrenue-, de carrément signer un pacte avec le diable, cédant au passage à mon caractère défensif si si.
    Puis quand Hitler envahit la Pologne en conquérant, j’en fais de même à l’Est et croyez le ou non, c’est toujours mon côté défensif puisque c’est pour protéger les minorités ukrainiennes et Biélorusses que je m’envoie l’Est de la Pologne derrière la cravate.
    Enfin et … 666 jours précisément (hé… oui), après signature du pacte quand Hitler le rompt à cause de mes visées – tout ce qu’il y a de plus défensives – sur la Bulgarie, j’ai d’abord hésité me disant qu’il devait être bourré puis voyant que non, je me suis mis à faire ce que je fais le mieux, me défendre et cette fois jusqu’à le vaincre une bonne fois pour toutes.
    Le goulag pareil, je voulais juste protéger la Sibérie contre la désertification.
    Quant à mon copain Béria, mon épouse et le trône du maître n’en croyez rien il y a l’Histoire et puis il y a les histoires…

    Selon le témoignage de Ivan Vikovan au chapitre “Der Thron Satans”, page 8 de son livre “Der ruf der Bekehrung”, — l’appel de la conversion — un Soviétique converti donc, il existe en effet un trône de Satan auquel s’était intéressé un savant du nom de Vavilov, un opposant au régime Communiste et officiellement fusillé pour ces mêmes raisons. Les écrits de la bibliothèque du KGB qui lui avaient permis d’en retrouver la trace associés à la connaissance des Ecritures constituèrent sa condamnation à mort. Et c’est avec l’entrée en scène de Béria, chef du KGB que l’histoire du trône de Satan en révèle la véritable nature.
    Béria était le bras droit de Staline et il devait lui prouver qu’il était son ami le plus cher. Il connaissait d’autre part l’existence de ce trône de Satan et le lieu où il se trouvait. Pour pouvoir le voir, il devait se procurer la clé de l’appartement qu’avait occupé Lénine, clé que portait Staline sur lui.
    Une nuit, alors que Staline était profondément endormi, sa femme se leva et alla dans sa chambre pour s’approcher du lieu où se trouvait la clé. Tout en continuant de dormir, Staline prit son arme de service et lui tira en plein cœur. Les médecins s’étonnèrent en ne pouvant comprendre comment étant allongé et endormi dans une chambre sombre, Staline avait pu viser et tirer sur sa femme en plein cœur! C’était incroyable mais le fait est là. Deuxième étonnement des médecins, la balle s’était logée dans le cœur sans en sortir, ce qui est impossible, le coup ayant été tiré d’une distance de 2m13
    Béria connaissait parfaitement les faits et il chercha à s’attirer la confiance de Staline à n’importe quel prix. Il se rendit dans une prison de la banlieue Moscovite et choisit un homme qui avait été condamné à mort pour délit de meurtre. Il conduisit le prisonnier du nom d’Andreev au Kremlin, près du bureau de Staline et lui fit part de ses projets. Andreev devait se tenir caché dans un coin au milieu de rosiers, avec un revolver en main et attendre 8 heures du soir, heure à laquelle Béria et Staline feraient leur promenade du soir dans l’allée centrale. Vingt mètres environ séparaient le rosier de l’allée et la présence d’un lampadaire devant lui permettait à Andreev de se tenir caché dans la pénombre. Avant que Staline ne fasse sa promenade, les gardes du Kremlin avaient pour consigne de tout vérifier mais ce soir là, le chef des gardes Oberst Kirilov donna son feu vert sans vérifier le rosier, signifiant ainsi qu’il n’y avait aucun danger. Dissimulé dans son coin, Andreev attendait avec un revolver (chargé à blanc) pour tuer Staline, comme le lui avait demandé Béria . Béria comptait pouvoir gagner la confiance de Staline en lui sauvant la vie tout en tuant Andreev, un terroriste… Lorsque Staline et Béria arrivèrent à environ une vingtaine de mètres du bosquet de roses, Andreev se dégagea de sa cache revolver en main et comme Béria entendit le bruit, il se rua devant Staline et tira trois fois en direction d’Andreev qu’il tua. Oberst Kirilov vint sur les lieux accompagné d’une dizaine de personnes et trouvèrent un homme mort tenant un revolver en main. Staline leur fit alors remarquer qu’il avait entendu lui aussi un léger bruit mais n’avait pas jugé qu’il était en danger. Béria lui avait sauvé la vie et Staline le considéra alors comme l’un de ses meilleurs amis pour son fait héroïque. Béria convainquit Staline de donner l’ordre de fusiller le responsable de la prison , où Andreev avait été tenu prisonnier et sans procès, moins de deux heures après, l’ordre était exécuté. Oberst Kirilov fût aussi exécuté par des officiers de son service de garde. Sa femme et ses deux enfants furent déportés vers la Sibérie, lesquels lui furent enlevés et placés dans des foyers différents. Leurs prénoms, noms et date de naissance furent changés.
    Après ce fait “héroïque”, Staline confia la clé de l’appartement de Lénine. Béria y fit un tour, vit le trône de Satan, s’assit quelques instants dessus et obtint la même puissance que Staline. Celui-ci savait sur l’instant que Béria se trouvait dans la pièce de l’appartement où se trouvait le trône de Satan. A partir de cet instant, Béria et Staline ne faisaient qu’un et Staline lui confia tout. (Cette gémellité démoniaque se retrouve avec le couple infernal presque homonymique HITLER/HIMMLER). Il lui raconta que Vavilov était parvenu à retrouver les traces du trône et qu’en conséquence, il avait été immédiatement éliminé. Béria anéantit ainsi tout le travail de Vavilov.
    Béria se retrouva lui même au service de Satan. A proximité du Kremlin, il se fit construire une maison tout à fait spéciale, dont sa femme ne connaissait rien. Et c’est dans cette maison, qu’il fit venir, à l’envie, un grand nombre des plus belles filles et étudiantes de l’institut de médecine de Moscou. Un peu plus tard, il les conduisait au bain et aucune d’elles n’en revînt jamais. A la place de l’eau, l’acide sulfurique dans lequel il les immergeait ne laissait subsister que leurs os en l’espace de quelques instants. Ce bain à base sulfurique était une préfiguration de l’étang de feu et de soufre! c’est de cette manière que Béria servit Satan. Il conduisit au bain de la sorte, en de séances bien “arrosées”, à cette fin funeste des savants, des professeurs, des officiers et des médecins. C’est après la mort de Staline en 1953 que fût découverte l’horreur de ces meurtres. Lorsque cette maison fût découverte et que le but caché fût révélé, on trouva dans la cave de quoi remplir deux wagons avec les ossements provenant de cadavres humains. Béria fût arrêté et mis à mort. Pendant des décennies, des scientifiques entreprirent des recherches pour connaître le lieu où se trouvait le sacrifice de Béria mais ils ne purent jamais produire plus de clarté à ce sujet car Kroutchev ne leur permit point. Il en savait beaucoup sur Béria, car il s’était toujours tenu à ses côtés et il avait désormais peur de tout révéler ce qu’il savait.
    Satan utilisa Staline à ses fins jusqu’à l’extrême. Au cours des années de sa dictature, c’est à dire de 1924 à 1953, il fit périr plus de 20 millions d’individus et ce, dans toutes les couches de la société. Parmi eux, il y avait des savants, des officiers, des pilotes, des professeurs, des médecins, des compagnons du parti, des gens riches… et bien d’autres. En d’autres termes, il avait réduit à néant l’intelligence de l’Union Soviétique. C’est un tel sacrifice que Satan avait demandé à Staline.
    Que ce soit, du temps de son service, dans le Caucase ou à Moscou, Béria avait provoqué la mort de plus de 3 millions de personnes innocentes.
    De 1917 à 1924, Lénine était ce que l’on appelle un “idiot”. Il avait été en effet blessé par V. Kaplan et ne pouvait plus penser correctement. Quotidiennement, il attendait de Staline, un sacrifice de vies humaines. Un jour il exigea de Staline qu’il fasse périr 20 000 curés, puis 10 000 autres un autres jour… Souvent, il demanda un sacrifice colossal puis finalement, Lénine mourût. Staline était malade et mourût empoisonné par Béria. Et quelques semaines plus tard, Béria fût arrêté et exécuté. C’est de la sorte que Satan récompense ceux qui le servent.
    Selon les propres données du Kremlin, de 1917 à 1953, sous le régime Stalinien, les chiffres indiquent précisément que 37 millions de personnes innocentes avaient péri et ce, selon le souhait de Satan. Pendant la seconde guerre mondiale, l’Union Soviétique perdit 29 millions d’être humains. C’est ainsi que le règne de Satan dans ce pays a coûté la vie à 66 millions d’hommes. A ce propos, ces 37 + 29 millions de vies humaines qui ont été sacrifiées, au sens propre du
    http://www.bibleetnombres.online.fr/tronesat.htm

  8. Pour Lenine,
    Le dicta du tsar, appuyé par l’église, a pour solution le communisme, personne n’a le droit de dire moi ou mon, même pour sa maison et sa femme.

    Pour l’occident,
    Le dicta du roi, appuyé par l’église, a pour solution, A dieu la création et à nous la gestion.

    Le problème des musulmans est différent, ce n’est pas la même expérience.

    L’armée de sa majesté l’avait bien compris en Inde, en Afghanistan et en Palestine,
    La composante hypocrite doit toujours avoir le dessus dans le monde musulman.

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