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Hommage à Ouassini Bouarfa, le seul soldat d’origine algérienne à avoir pris part au Débarquement

A l’occasion du 76ème anniversaire du D-Day libérateur, le nom d’un valeureux Béret vert, engagé dans le célèbre commando Kieffer – le très sélectif commando de Fusiliers marins créé en 1942 en Grande-Bretagne par la France libre et placé sous la houlette du capitaine Philippe Kieffer – mérite d’être exhumé des oubliettes de l’histoire.
Un nom, à la consonance venue d’ailleurs, de l’autre côté de la rive méditerranéenne, que les moins de 20 ans (et pas seulement eux…) ne peuvent pas connaître, et qu’il n’est que justice de citer en exemple, à l’heure d’honorer la mémoire des héros du Débarquement.
Pour que ce nom, après avoir été couvert d’éloges pour avoir vaincu les violents tumultes de la Seconde Guerre mondiale, au sein d’un commando d’élite qu’il avait rejoint très jeune, ne soit pas enseveli dans les cendres du passé, il convient aujourd’hui de le rappeler pour mieux lui rendre hommage : il s’agit du défunt Ouassini Bouarfa, le quartier-maître infirmier du commando Kieffer, le seul soldat d’origine algérienne et l’un des seuls non-Européens à avoir débarqué sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944, avec ses 177 frères d’armes français, dans le cadre de l’opération d’envergure Overlord.
Il est à noter que le commando Kieffer fut l’unique bataillon français à fouler les plages normandes face à l’ennemi.

Blessé sur la plage de Ouistreham, dès le début de l’assaut, comme le furent 25% des Bérets verts au cours d’un premier jour funeste (40% des commandos seront tués ou blessés au même moment), Ouassini Bouarfa, à peine rétabli, repartit au combat, la fleur au fusil ou presque.
C’est en sa qualité de quartier-maître infirmier qu’il remonta au front, en Normandie d’abord, puis à Flessingue, sur l’île de Walcheren, aux Pays-Bas, en novembre 1944, en vue de sécuriser l’accès au port d’Anvers.
Pour l’audace des missions accomplies et les victoires acquises, les Fusiliers marins, dont il fut l’un des soldats pleins de bravoure, seront cités cinq fois à l’Ordre de l’armée. Le 1er BFM/RFM reçut, du général de Gaulle, le titre de Compagnon de la Libération, en récompense de son implication dans la libération de la France.
Ouassini Bouarfa avait 25 ans lorsqu’il participa au défilé des forces alliées sur les Champs Élysées, le 25 mai 1945, après la capitulation allemande. Il s’est éteint à l’âge de 88 ans, en 2007, mais pas la flamme du souvenir, qu’il est plus que jamais essentiel de faire briller à travers l’ombre de l’oubli et les ténèbres de l’ignorance, dans l’intérêt de tous.

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