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Le champion de boxe, Amir Khan, victime d’une violente campagne islamophobe aux Etats-Unis

Un raz-de-marée islamophobe va-t-il priver d’un combat au sommet le phénomène de la boxe britannique, Amir Khan, en interdisant à ce champion du monde WBA des poids légers d’administrer ses uppercuts foudroyants à Las Vegas ?

Telle est la menace qui pèse sur cet exceptionnel gladiateur des rings, d’origine pakistanaise, acclamé en héros Outre-Manche et porté aux nues dans la ville de Bolton, au cœur du Grand Manchester, notamment dans son quartier natal défavorisé où il montra très tôt de formidables dispositions pour ce sport de combat réputé pour sa rudesse, qui lui a permis d’échapper à un quotidien morose et sans espoir.

Médaillé d’argent en 2004, à seulement 17 ans, aux Jeux Olympiques d’Athènes à la forte charge symbolique et mythologique, Amir Khan n’a cessé depuis d’aligner les titres de gloire, ayant à son actif un palmarès à mettre KO debout ses adversaires, jusqu’à entrer par la grande porte dans l’histoire de la boxe britannique en devenant le troisième plus jeune champion du monde du royaume, après Naseem Hamed et Herbie Hide.

C’est ce boxeur multi-médaillé au grand cœur et passeur de flambeau dans l’âme, qui a souhaité que son succès rejaillisse sur les jeunes nés du mauvais côté de la barrière à Bolton, en créant le centre Gloves Community pour leur offrir l’opportunité de découvrir un sport pétri de nobles valeurs, qui pourrait être éjecté des rings sous une déferlante d’insultes et menaces racistes, l’empêchant de se mesurer à Floyd Mayweather, le champion américain de WBA et WBC, et sportif le mieux payé du monde.

L’islamophobie galopante se déchaîne à Las Vegas depuis que ce duel de titans a été annoncé à grand renfort de communication, Amir Khan étant la cible d’une propagande anti-musulmans haineuse et rageuse qui pourrait lui faire jeter l’éponge sans avoir eu à combattre. Une première pour lui, ô combien affligeante.

"Il y a une telle montée de l’islamophobie ici, suite aux massacres des otages par l’ISIS, que maintenir ce combat représenterait un trop grand risque pour Amir Khan", a déclaré un des organisateurs de ce qui était considéré comme une rencontre de rêve pour les spécialistes et le public averti.

Ses condamnations fermes de l’Etat Islamique n’y ont rien fait, le talentueux boxeur de 27 ans, attendu de pied ferme en territoire ennemi, l’Arizona, a subi une autre humiliation en voyant son visa pour l’Amérique être refusé, après avoir été validé une semaine avant cette controverse paroxystique. Ce n’est certes pas la première fois qu’Amir Khan se heurte de plein fouet au racisme passionnel et irrationnel lors de ses déplacements sportifs, ayant eu à déplorer nombre de contrôles de sécurité tatillons et dégradants à l’excès.

Comment ne pas se souvenir amèrement de son accueil en grande pompe, en 2011, dans les salons de la Maison Blanche, en sa qualité d’invité spécial d’Hillary Clinton, alors Secrétaire d’Etat, lors d’un Iftar qui réunissait un panel de personnalités musulmanes trié sur le volet ?

La déception se lit sur les visages de ses proches, tandis que son père, tout aussi combatif que son fils, veut croire jusqu’au bout à un revirement salutaire : "Ce serait tellement injuste d’empêcher Amir de monter sur le ring à Las Vegas ! Il a toujours fait de son mieux pour apaiser et harmoniser les relations entre les communautés, et en tant que musulman très pieux, il s’est opposé publiquement à l’extrémisme. De plus, il est très populaire aux Etats-Unis !", s’est exclamé ce dernier.

Affecté mais ne s’avouant pas vaincu, Amir Khan, à qui l’on reproche ses séjours réguliers au Pakistan ainsi qu’en Egypte, a réagi en clamant: "Je respecte les autres religions et les autres cultures. Je n'étais qu'un gamin de 14 ans quand le 11 septembre s’est produit, mais j'ai été aussi choqué et consterné que n'importe qui ce jour-là, comme je l'ai été lors des attentats de Londres en 2005, que j'ai condamnés à l'époque, comme je le fais pour les dernières atrocités épouvantables commises par l’ISIS."

Après ce premier round remporté par l’islamophobie vengeresse, Amir Kahn, qui se refuse à mettre un genou à terre, semble prêt à entamer un second round pour avoir le droit de combattre à Las Vegas, animé d'un mental d’acier qui en fait le champion hors pair qu’il est.

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