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La grande campagne contre l’islamophobie de NewYork s’affiche sur les réseaux sociaux

Depuis qu’il a ravi les clés de Big Apple à Michael Bloomerg, son richissime prédécesseur, le démocrate Bill de Blasio s’efforce de faire de la mégapole new-yorkaise une cité où il fait bon vivre pour ses administrés musulmans, soucieux de respecter la diversité de ce melting pot de cultures et de religions, à l’image de sa promesse de campagne qu’il s’est fait un devoir de tenir sitôt élu maire en 2014 : l’instauration de deux jours fériés dans le calendrier scolaire pour les deux grandes fêtes de l’Aïd al-Fitr et de l'Aïd al-Adha.

Ce volontarisme politique, fort louable, a été cependant mis à rude épreuve par l’islamophobie meurtrière qui a frappé à trois reprises au mois d’août, en plein cœur de Brooklyn, tuant froidement l’imam Maulan Alauddin Akonjee, 55 ans, et son assistant, Thara Uddin, 66 ans, ainsi que Nazman Khanam, 60 ans, une retraitée très active de l’enseignement. Trois destins foudroyés, dont la disparition tragique a laissé derrière eux une communauté musulmane, et notamment bengalie, effondrée et pétrifiée.

Un mois plus tard, le 26 septembre dernier, une campagne d’affichage inédite portant le sceau officiel de Bill de Blasio a fleuri sur les réseaux sociaux, mettant en valeur des portraits d’hommes et de femmes, reflet de la diversité musulmane, avec en exergue un slogan éloquent, facilement mémorisable et compréhensible par tous : «  I am Muslim, I am NYC » (Je suis musulman. Je suis NewYork), accompagné d'un rappel à l’ordre : « Il est illégal de discriminer ou de harceler quelqu’un sur la base de sa religion ou de ses principes ».

C’est de loin la meilleure réponse que la ville de New York ait trouvée pour contrecarrer les préjugés anti-musulmans pernicieux et briser leur spirale infernale de violences, comme l’a expliqué son inspirateur, maître d'oeuvre et fervent promoteur : « Maintenant plus que jamais, il est important pour chaque New-Yorkais de privilégier l'unité et de rejeter la haine et la violence», a écrit Bill de Blasio dans un communiqué accompagnant le lancement de cette grande campagne de sensibilisation.

Parallèlement à la déclinaison de visuels diffusés sur Facebook, Twitter et Instagram, en vue de toucher un large coeur de cible en un temps record, une « loi sur les droits de l’Homme de la Ville de New York- Protection des musulmans et des personnes perçues comme telles » a été élaborée, s’articulant autour de 10 points essentiels. 

Dix points à ne pas négliger, ni mépriser, mais à respecter scrupuleusement pour que New York, la cité multiculturelle par excellence, ne devienne pas une jungle inhospitalière et sauvage pour les musulmans.

1. Des milliers de musulmans de milieux divers habitent à New York. Comme les autres New-Yorkais de confessions différentes, ils contribuent à la diversité et à la richesse culturelle unique qui fait la réputation universelle et bien connue de New York. Ils méritent de vivre et de travailler sans crainte de discrimination et de harcèlement

2. La discrimination fondée sur la religion/croyance à l’égard d’un employé est interdite. Les actes contraires à la loi sont par exemple le harcèlement verbal ou l’intimidation d’un employé parce qu’il est musulman, le refus d’embaucher ou de promouvoir un employé en raison de sa confession, la mutation d’un employé à un poste sans contact avec les clients en raison de tenue religieuse ou la différence de traitement d’un employé en raison de sa croyance.

3. Les employés ont le droit de demander des adaptations raisonnables afin d’observer une pratique religieuse ou de porter des tenues religieuses sur leur lieu de travail. Il s’agit par exemple d’une barbe plus longue, le port d’un turban, d’un hidjab, d’un voile ou d’un kufi.

4. Les employés ont le droit de demander du temps libre pour observer une fête religieuse ou un rituel (tel que la prière en milieu de journée) et ils peuvent discuter d’une solution avec leur employeur, par exemple un congé payé, un congé sans rémunération ou la possibilité de rattraper le temps ultérieurement.

 5. Il est illégal pour les loueurs en meublé de refuser une location à une personne en raison de sa confession ou de la perception de sa confession, en se fondant sur son apparence.

6 Il est interdit aux propriétaires et gérants d’immeuble de refuser à des locataires d’une confession d’afficher des décorations, iconographies ou symboles religieux à l’extérieur de leur porte d’appartement s’ils permettent les locataires d’autres confessions à le faire (par exemple, autour des fêtes importantes, comme l’Aïd ou Noël).

7. Il est interdit aux propriétaires et concierges de refuser de faire des réparations dans l’appartement d’un locataire en raison de sa croyance ou de l’expression religieuse réelle ou perçue du locataire.

8. Il est illégal pour les restaurants, entreprises ou autres organismes publics de refuser de servir une personne en raison de sa croyance ou de son expression religieuse réelle ou perçue. Il est interdit à un restaurant de refuser de servir une femme musulmane parce qu’elle refuse de retirer son hijab. Il est interdit à un chauffeur de taxi de refuser de prendre un client en raison de la perception de sa religion.

9. Il est illégal de menacer, harceler ou intimider dans un espace public une personne en raison de sa religion, réelle ou perçue, par exemple dans un train ou un cinéma.

10. Il est illégal d’employer des représailles à l’encontre d’une personne, y compris une personne consciencieuse parce qu’elle a déposé une plainte pour discrimination. sur Twitter, Facebook, Instagram et YouTube. 

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