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Jean-Marie Le Pen, le meilleur ennemi de sa fille

La dynastie Le Pen en plein complexe d’Œdipe ? C’est follement freudien, c’est diablement psychanalytique, c’est surtout tellement jubilatoire que l’on ne va pas bouder notre plaisir !

Le patriarche de l’extrême droite se rebiffe, qui l'eût cru ? Loin de se laisser attendrir par la percée fulgurante de la chair de sa chair, Marine, le vieux briscard frontiste n’entend pas jouer les octogénaires potiches, cantonné dans une présidence d’honneur sans goût, sans saveur et sans pouvoir.

Jean-Marie Le Pen peut-il seulement imaginer le Front National sans Jean-Marie Le Pen ? Ce trublion notoire de la vie politique nationale, dont on ne compte plus les dérapages antisémites, ce nationaliste fervent et islamophobe patenté qui adore qu’on lui voue un culte et déteste être dans l’ombre, chercherait-il à tuer la fille ? Symboliquement, s’entend… Vite, un divan pour qu’il s’allonge, et que nous puissions nous délecter de cette crise père-fille à son paroxysme !

Dire que sa récente interview au Times a desservi Marine Le Pen est un euphémisme. Décrite comme une "petite bourgeoise", le drôle de papa-gâteau n’a pas mâché ses mots pour critiquer la stratégie de dédiabolisation de son héritière : "La stratégie de Marine est de fournir à nos adversaires le moins d'angles d'attaque possibles. Tous ces courageux et dynamiques militants qui se sont fait remarquer parce qu'ils avaient le crâne rasé ont été écartés", déplore-t-il vivement. Ah, nostalgie des chemises brunes quand tu nous tiens !

Lui, "l’homme du peuple", issu "d’une famille de paysans et de pêcheurs", et fier de sa "vie virile", comme il s'est auto-portraitisé au Times, serait-il en train de scier la branche sur laquelle est assise la leader du populisme hexagonal ? A cette perspective, impensable même en rêve, on boit du petit-lait…

Alors qu’en politique, il n’est pas rare de vouloir tuer le père, et d’ailleurs Marine Le Pen ne l’a-t-elle pas déjà fait, Jean-Marie Le Pen renverse l’ordre des choses et ne cesse de discréditer la respectabilité machiavélique de sa présidente de fille, jusqu'à opposer son veto au changement de nom du FN qui devait contribuer à policer son image. Le vieil homme s’estime irremplaçable, et même si la pérennité de la marque Le Pen est assurée, il est aujourd’hui le meilleur ennemi de sa fille. Et si ce problème oedipien était le talon d’Achille du FN ? Réjouissant, n’est-ce pas ?

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