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Isère : la femme médecin, coupable de discrimination islamophobe envers une patiente voilée, écope d’une radiation d’un mois avec sursis

Depuis le 3 septembre dernier, date à laquelle elle a dénoncé, devant la commission de discipline du conseil de l’ordre des médecins de Rhône-Alpes, la discrimination islamophobe subie en 2015 dans un cabinet médical de l’Isère, de la part d’une femme médecin, le docteur  L., qui a foulé aux pieds le serment d’Hippocrate sans le moindre scrupule, Myriam, cette mère de famille voilée, meurtrie dans son âme mais résolument opiniâtre, comptait avec fébrilité les jours qui la séparaient d’un arbitrage crucial.

Alors que résonnent encore dans sa tête les paroles blessantes proférées par une praticienne remplaçante entrée dans une rage folle, qui a donné libre cours à son racisme primaire en ne craignant pas de manquer à tous ses devoirs – « Je n’aime pas les femmes voilées, je n’aime pas les musulmans, je ne veux pas de femmes voilées en France. Sortez maintenant ! », s’était-elle écriée – la décision rendue en sa faveur par les pairs de cette généraliste, indigne de sa blouse blanche, a fait l’effet d’un baume aux vertus cicatrisantes.

En effet, la commission de discipline du conseil de l’ordre des médecins de Rhône-Alpes a entendu l’indignation légitime et la profonde douleur de Myriam, parfaitement mises en lumière par son avocat Me Hosni Maati, et a tranché en interdisant au docteur L. « d’exercer la profession de médecin pendant un mois assorti de sursis, eu égard à l’ensemble des circonstances de l’affaire ».

Jointe au téléphone, Myriam nous a fait part de sa satisfaction à la lecture de la sanction tombée comme un couperet sur celle qui n’a manifesté aucun remords, bien au contraire, pour l’avoir humiliée, diabolisée et rejetée avec mépris et brutalité, au lieu de lui prodiguer les meilleurs soins, sans considération de religion ou d’appartenance ethnique, conformément à l’article 7 du code de santé publique.

« Je voulais y croire malgré tout et ma persévérance a fini par payer », s’est-elle exclamée. « Je suis soulagée d’un grand poids et heureuse que mon statut de victime d’une telle discrimination islamophobe ait été reconnu par le conseil de l’ordre des médecins. Ce sérieux avertissement donné à cette femme médecin servira d’exemple, je l’espère, et constitue une première victoire qui est essentielle pour la suite. Car je n’oublie pas que le parquet de Chambéry a classé l’affaire sans suite. Maintenant, je vais pouvoir à nouveau me tourner vers la justice de mon pays, plus forte aujourd’hui que je ne l’étais hier », a-t-elle poursuivi avec une détermination renforcée.

Me Hosni Maati, contacté également au téléphone, partage le même sentiment de satisfaction, se félicitant du dénouement de cette première étape : « Je suis pleinement satisfait par cette décision qui reconnaît à ma cliente son statut de victime et qui consolide son dossier face au procureur de la République. Je tiens à souligner que, à ma connaissance, c’est la première fois qu’une telle décision, assez sévère dans l’échelle des sanctions, a été rendue contre une femme médecin pour des motifs de discrimination religieuse », a-t-il expliqué.

Tout à sa joie d’avoir eu raison de ne pas baisser les bras dans le climat délétère ambiant et devant l’adversité, particulièrement farouche et sans complexe, que lui a opposée le docteur L. en présence de ses pairs du conseil de l’ordre, Myriam se prépare déjà à livrer une autre bataille dans un autre prétoire, en se réjouissant que la décision qui réhabilite son honneur sali soit connue de tous.

« Imaginez ! Elle sera notifiée au conseil départemental de l’Isère de l’ordre des médecins, au préfet de l’Isère, à la directrice générale de l’agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Grenoble, au conseil national de l’ordre des médecins et au ministre chargée de la santé. Je ne pouvais espérer mieux ! Je souhaite maintenant que justice me soit rendue dans un tribunal », nous a-t-elle confié, en ayant une pensée pour toutes les femmes, musulmanes et non musulmanes, victimes de discriminations de quelque nature que ce soit.

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