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Des imams pour enseigner l’islam dans les écoles, une volonté allemande

Soufflant constamment le chaud et le froid sur le fait musulman, l’Allemagne présente un visage tourmenté à deux faces qui, tantôt se décrispe sous les traits de son président de la tolérance sereine Christian Wulff, martelant à toute les tribunes qu’il est « aussi le président des musulmans », et tantôt se durcit et s’assombrit sous la plume trempée dans l’acide de l’ancien sénateur du SPD, Thilo Sarrazin, dont le seul talent consiste à noircir le trait.

Prenant le contrepied de ce Cassandre funeste, dont on sait dans quel marc de café populiste il a lu que les musulmans entraînaient « l’Allemagne à sa perte », la ministre allemande de l’Education, Annette Schavan, a décidé que des imams seraient habilités à dispenser des cours de religion musulmane dans les écoles.

Alors que l’Allemagne – où l’Eglise et l’Etat ne sont pas séparés, les écoles donnant aux élèves des cours de religion catholique ou protestante – n’échappe pas au vent d’hystérie anti-musulmans qui balaye toutes les meilleures résolutions sur son passage, la ministre a confié à Die Zeit que ces imams pourraient être “employés dans les écoles” à mi-temps, comme les “prêtres“, avec un préalable : qu’ils soient formés à l’université.

Parallèlement à cette politique volontariste de l’ouverture, quatre nouveaux instituts dédiés à la théologie musulmane sont en train d’être créés dans les universités de Tubingue (sud-ouest), Erlangen (sud), Osnabrück/Münster (ouest) et Francfort (centre), avec le soutien du ministère de la Recherche.

Nul doute que les inconditionnels des thèses apocalyptiques interpréteront cette entrée de l’islam dans le temple éducatif comme un bien mauvais présage, signe d’une invasion d’un genre nouveau : celle qui sort des mosquées avec le visa du gouvernement, qui est non seulement voulue, autorisée, et pire encore souhaitable dans l’intérêt général…

Quand les mères de famille françaises portant le voile se font reconduire vers la sortie de certains établissements sans ménagement et sont interdites de sorties scolaires, la vision d’imams franchissant le seuil des écoles fait l’effet d’une téléportation vers une autre planète.

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