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De l’insécurité à l’éducation

L’insécurité est sans aucun doute le sujet le plus rentable politiquement. La grande majorité des partis politiques l’a compris. L’instrumentalisation de la peur des citoyens en surfant particulièrement sur la vague idéologique du Front National est devenue la stratégie électoraliste la plus efficace. Une ruse démagogique visant à conditionner l’esprit des électeurs dans l’illusion d’une atmosphère d’insécurité en façonnant un ennemi potentiel, notamment le délinquant musulman issu de l’immigration.

En d’autres termes, créer, voire provoquer, un virus social pour mieux vendre le remède politique. Piteuse Manœuvre faisant écho aux méthodes cruelles employées dans le domaine de la santé à des fins purement économiques : déclencher une épidémie pour vendre des vaccins et ainsi créer du profit. Petite parenthèse à ce titre, le virus du Sida,  qui de façon biscornue sévit particulièrement en Afrique comme s’il s’agissait d’une population dégradée et souillée, pose question.

En effet, selon certains analystes, cette pandémie y aurait été volontairement introduite par l’Occident par le biais de certaines immunisations pour réduire la population mondiale et de ce fait pérenniser et cristalliser davantage l’impérialisme occidental. Bref…  Fermons la parenthèse. Restons cependant lucides.

La politique de l’épouvante est de nouveau à l’ordre du jour. Une fois n’est pas coutume. A une centaine de jours du premier tour des élections présidentielles, il est apparu capital pour certains protagonistes de la scène politique de dresser un bilan sur le problème de l’insécurité. En effet, dans une récente conférence de presse, Claude Guéant a indiqué que le taux de délinquance aurait baissé de 0,34 % en France en 2011 par rapport à l’année précédente.

Un constat controversé et contesté virulemment par le Parti Socialiste qui accuse le ministre de l’intérieur de « s’être encore livré à un exercice de maquillage des faits de délinquance. »  L’UMP, fidèle à lui-même, tente d’enjôler l’électorat français en dressant l’étendard de la sécurité. En outre, Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle s’est élevée contre les propos scandaleux de Claude Guéant l’accusant de Xénophobie et de ministre de la chasse aux voix du Front National. 

Ce dernier a en effet usé d’un notoire procédé démagogique en collant certains délits sur le dos de l’immigré. Une contorsion intellectuelle au profit d’une théorie devenue primitive : Immigration-chômage-insécurité. Cette équation simpliste que l’on dénomme plus commodément en psychologie sociale « illusion de corrélation » vise à déresponsabiliser de façon abjecte les responsables politiques du malaise de la société et des injustices sociales.

Autrement dit, il s’agit de jeter l’opprobre sur une composante de la société pour garder les mains politiquement propres… Cette volonté de raviver les flammes de l’insécurité à la vieille des présidentielles est par ailleurs curieusement concomitante de l’avalanche islamophobe provoquée par une grande partie de la classe politique – la Droite et la Gauche participant de la même hypocrisie – en jetant le discrédit à l’endroit des musulmans, en l’occurrence les femmes voilées.[1]

A défaut désormais d’avoir des Pièces maitresses, il va falloir, sur l’échiquier politique, compter sur quelques pions pour protéger notre société du Mat… Et pourquoi pas créer des ouvertures… Pour ce faire, soyons extrêmement lucides au moment de glisser le bulletin de vote dans l’enveloppe… L’avenir de la France se jouera derrière les rideaux des bureaux de vote en avril prochain !

Le problème de la délinquance, en outre, ne se résoudra pas avec des normes, des sanctions, en construisant des prisons ou en équipant plus solidement les forces de l’ordre – notamment la police municipale – comme le propose la majorité des candidats à la présidentielle[2], excepté Europe Ecologie Les Verts qui partage une vision plus pédagogique et moins basée sur le rapport de force.

La dissuasion n’est pas forcément la méthode la plus adéquate. Ce qu’il faut c’est de la persuasion. Plus clairement, persuader avec sagesse le public de sa capacité à faire le bien plutôt  que de le dissuader par la force de commettre le mal. La sécurité se gagnera donc par un travail d’éducation positif. Que proposent à ce sujet les candidats ?

Rangeons-donc les flashballs, et dégainons plutôt des actions pédagogiques concrètes et efficaces. C’est particulièrement sur la question de l’éducation que tout doit se jouer car il en va de l’avenir de la France. Quel projet éducatif global offre les politiques à la jeunesse pour favoriser son épanouissement ?

L’éducation est la clé de la réforme ! Nous avons besoins d’éducateurs et de réformateurs compétents non pas de Cowboys armés jusqu’aux dents ! Aussi, la société doit-elle s’investir davantage dans l’éducation en repensant au préalable les principes et les finalités.

Car il ne s’agit pas uniquement de leur apprendre à avoir de bonnes notes, un diplôme, et une profession, mais surtout de développer leur intelligence émotionnelle, leur donner les moyens de surmonter les échecs et de gérer les épreuves de la vie. Plus encore, de cultiver l’optimisme et leur apprendre à atteindre leurs objectifs. Eduquer, affirmait Rousseau dans l’Emile, c’est apprendre à vivre[3]. Pas seulement, c’est surtout apprendre à exister.

L’éducation c’est permettre à chacun d’exister, d’être une valeur ajoutée, une richesse pour sa société. C’est, à notre sens, dans cette perspective que doit se penser les principes et les finalités de l’éducation. D’autant que nous vivons dans une société qui ne laisse plus le temps à la jeunesse en particulier de s’appartenir, tellement occupée et tiraillée, ici et là, par la mode, le divertissement, le bruit, et toutes ces séries télévisées abêtissantes.

On contribue de cette façon davantage à entretenir la jeunesse dans une espèce de léthargie intellectuelle et spirituelle qui semble arranger les responsables politiques. En effet, une jeunesse éveillée et perspicace nuirait profondément aux intérêts des hommes du pouvoir et de leurs thuriféraires. Comment voulons-nous bâtir les Hommes de demain dans de telles conditions ?! La plus grande chose du monde,écrit Montaigne, c’est de savoir être à soi.[4]

Eduquer en somme c’est donner du sens, permettre à la jeunesse d’accéder à sa liberté intérieure, lui offrir les moyens de se libérer des jougs de son égo. Le contrat social ne suffit pas à garantir la liberté de chacun, car point de sécurité extérieure sans paix intérieure… Quel candidat serait donc prêt à relever le défi pour donner un nouveau souffle à la République ? L’entreprise semble utopique, certes. Mais il faut viser la lune pour obtenir une étoile…



[1] Le 17 janvier 2012, le Sénat, passé à Gauche depuis peu, a adopté une loi    discriminatoire stigmatisant la femme musulmane. Consulter à ce sujet le site du CCIF.

[2] Le Front National a carrément proposé un référendum pour réinstaurer la peine capitale !

[3] Jean Jacques Rousseau, Emile ou de l’Education.

[4] Montaigne, Les essais, Livre 1, « sur la solitude »

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