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Bac et Aïd El Fitr : F. Fillon fustige “le réflexe pavlovien de la droite” contre les musulmans

Quand l’ancien Premier ministre de l’ère Sarkozy, placée sous les signes funestes de l’affairisme, de la bouc émissarisation des musulmans et du bellicisme dévastateur en Libye, renvoie certains de ses collègues à leur hypocrisie sans nom et leur islamophobie instrumentalisée à l’extrême, cela donne un François Fillon très remonté mercredi, au micro de RTL, contre une indignation bassement politicienne.

 Cette indignation, toujours aussi sélective et tendancieuse, qui n’a de républicain que le nom du parti qui se targue de l’être, s’est exprimée haut et fort contre les directives de la Maison des examens en Ile-de-France (Siec) qui, à l’approche de la célébration de l’Aïd El Fitr, ont autorisé les candidats musulmans aux oraux de rattrapage du bac à bénéficier d’un report de 24h. La belle affaire !

“Communautarisme”, “atteinte à la laïcité”, “accommodement intolérable”, les cris d’orfraie poussés notamment par Jean-François Copé, lequel, malgré l’opprobre général, ose se présenter sans vergogne à la primaire de novembre, mais aussi les deux tenants de la droite dure, Eric Ciotti et Guillaume Peltier, le porte-parole des Républicains, ont fait sortir de ses gonds François Fillon.

Rappelant opportunément que ces consignes appliquent à la lettre la circulaire que lui-même avait édictée en 2004, alors qu’il était ministre de l’Education, celui-ci a admonesté ses pairs sur les ondes.

“Il y a un certain nombre de gens à droite qui ont une sorte de réflexe pavlovien: dès qu’on parle des musulmans, ils se mettent à éructer”, a lancé le député de Paris et candidat à la primaire, en ciblant la démagogie de caniveau de Copé, Ciotti (son ancien directeur de campagne rallié à Sarkozy) et Pelletier, ainsi que le fameux deux poids deux mesures à la française et son extraordinaire capacité à fermer les yeux sur ces mêmes dérogations qui profitent depuis longtemps, et essentiellement, aux Français de confession juive.

Cet accommodement est une  “une tradition française depuis toujours”, a clamé François Fillon. “C’est le Général de Gaulle le premier qui avait pris des décisions pour que les fonctionnaires français qui étaient de religion juive ou de religion musulmane puissent, lorsqu’il y avait des fêtes religieuses importantes, ne pas travailler ces jours-là”, a-t-il précisé, avant d’appuyer là où ça fait mal : « Les Français de religion juive sont très intransigeants sur la question des fêtes religieuses », « en réalité, très peu de musulmans profitent de cette situation ».

Il est des vérités qui sont bonnes à dire, surtout quand elles ont le mérite de dénoncer le cynisme de ces élus du peuple qui se disent épris de démocratie et de liberté, la laïcité chevillée au corps, et qui sont les premiers à les fouler aux pieds, rongés par une ambition dévorante, ayant leur rond de serviette au grand rituel dînatoire et communautaire par excellence du Crif.

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