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Un manuel scolaire d’histoire donne une définition fallacieuse de la laïcité

Invoquée à tout propos, dans une logorrhée verbale affectionnée par certains cercles de clercs peu vertueux qui en dénaturent sciemment les grands principes fondateurs, la laïcité, ce formidable paravent derrière lequel l’islamophobie se déchaîne en toute impunité, a été à ce point dévoyée par la France d’en haut que la France d’en bas, l’esprit embrumé, l’assimile désormais à une loi liberticide et non pas de liberté.   

Evidée, lentement mais sûrement, de sa substantifique moelle par un travail de sape pernicieux, comment s’étonner dès lors, même si la faute est énorme, que sa définition fallacieuse puisse figurer dans un livre d’histoire édité par Hatier en 2014 et destiné aux classes de terminales, ainsi que l’a rapporté Libération, après que la Fédération syndicale unitaire de l’Essonne s’en soit émue un peu tard ?

Plus de cent ans après son entrée en vigueur, les bienfaits de la loi de 1905 dite de « séparation des Eglises et de l’Etat » se réduisent comme peau de chagrin, pour se faire plus sectaires, agressifs et répressifs qu’ils ne l’étaient, jusqu’à cette description biaisée écrite en toutes lettres dans un manuel scolaire, page 348 précisément  : la  laïcité « suppose aussi le refus de toute expression religieuse dans l'espace public ».

« C’est faux », dénonce à juste titre Libération, tandis que l’Observatoire de la laïcité s’est fendu d’une missive auprès des éditions Hatier pour rappeler quelques fondamentaux et leur demander de corriger leur grave erreur, mettant en lumière les vertus par trop occultées de la laïcité éclairée : elle garantit le respect de toutes les consciences, ainsi que la liberté d’exercice de chacune d’entre elles, et est tout sauf la négation des religions et le musellement de la libre expression des opinions religieuses dans l’espace public.

On ne le dira jamais assez : la laïcité à la française n’est pas le laïcisme vers lequel une certaine élite, sensible aux sirènes de l'extrême droite et drapée dans l’hypocrisie républicaine, nous entraîne de jour en jour, avant d’y sombrer définitivement…

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