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Alain Juppé juge l’islamophobie contraire à la laïcité et aux principes républicains

Alors que le radeau de l’UMP tente de ne pas couler sous le poids des querelles de chapelle et des ambitions personnelles, et caresse même l’espoir de sortir la tête de l’eau grâce à une primaire inédite pour la présidence du parti, mais aux airs de combat de coq entre Copé et Fillon, Alain Juppé a annoncé qu’il ne se hasardera pas sur ce ring-là. La planche est-elle un peu trop savonnée au goût de l’ancien Premier ministre?

Très attaché à sa liberté de parole, celui qui n'a pas eu grand mérite à incarner l'homme providentiel du Quai d’Orsay, après le passage calamiteux de Michèle Alliot-Marie, ne briguera pas le pouvoir suprême de la droite rassemblée, ou qui prétend toujours l’être…

Si l’on sait ce qui fait courir les deux principaux protagonistes en lice, le député-maire de Meaux et grand pourfendeur du voile intégral, Jean-François Copé, et l’ex-Premier ministre devenu député, François Fillon, célèbre pour avoir avalé beaucoup de couleuvres sous Sarkozy, qu’est-ce qui a donc conduit le maire de Bordeaux à jeter l’éponge ?

Ne souhaitant pas ajouter de la division à la division dans cette guerre des chefs, Alain Juppé a expliqué, mardi, au micro de France Inter, sa position : "Moi ce qui m'intéressera, c'est de savoir ce qu'ils proposent. Ce ne sont pas les personnes, c'est le projet (…) Comment allons-nous assurer cette cohésion de l'UMP, qui me paraît plus nécessaire que jamais ? Comment allons-nous convaincre qu'il n'y a pas de compatibilité entre nos valeurs et celles du Front national ?", a-t-il déclaré, en précisant toutefois que si aucun projet pertinent ne se démarquait, il se réserverait le droit de ne pas se prononcer à l'élection du 18 et 25 novembre prochains.

Parmi les points non négociables, l’islamophobie et l’instrumentalisation qui l’exacerbe ne souffrent aucune discussion pour Alain Juppé. Les valeurs délétères qu’elles charrient sont contraires aux principes républicains. "Pour moi, un des points de clivage fondamentaux, c’est l’attitude vis-à-vis de l’islam", a poursuivi ce dernier, renchérissant : "L’islamophobie qui globalise les problèmes de cette religion est contraire à ce principe de laïcité et ce principe républicain. C’est donc pour moi un point extrêmement sensible".

"Ma vision de l’identité de la France est tout à fait claire", a enchaîné le premier magistrat de la capitale de la Gironde. "Ce sont les principes républicains", "le principe de laïcité" qui "n’est pas la guerre aux religions, mais le respect de toutes les religions", a insisté Alain Juppé, qui n’avait pas craint de hausser le ton dans le concert de petites phrases haineuses sur l’islam, au pic du débat poudre aux yeux sur l’identité nationale, allant même jusqu'à faire les heures savoureuses de la télévision en raillant Zemmour pour "sa phobie de l’islam'"en direct sur France 2.

Si Alain Juppé assure qu’aucun prétendant n’a encore sa préférence, ses propos ressemblent à s’y méprendre à un tacle en règle de Copé, l’une des chevilles ouvrières de la stigmatisation de l’islam et de la radicalisation de l'UMP, mais surtout un bonimenteur de première, qui s’est toujours défendu de braconner sur les terres du FN, tout en entonnant les mêmes ritournelles populistes.

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