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Jean-François Copé repart en croisade contre le port du voile dans l’espace public

Parmi les singularités peu reluisantes qui font de la politique française une piètre pantalonnade, le retour sur le devant de la scène publique de Jean-François Copé –  l’ex-patron de l’UMP déchu par ses pairs, dont l’élection interne en 2012 fut entachée d’une fraude déshonorante, ce ténor de la droite décomplexée éclaboussé par le scandale de Bygmalion et sa proximité très intéressée avec Ziad Takieddine, le milliardaire franco-libanais inculpé dans l’affaire des ventes d’armes françaises, ce politicien cumulard dont le pain au chocolat au goût amer stigmatisa le Ramadan et acheva de le discréditer – ne serait concevable et tolérable nulle part ailleurs.

Il n’y a guère qu’en France qu’une telle mauvaise farce peut se rejouer éternellement. On reprend les mêmes, aussi corrompus et décriés soient-ils, et on recommence, en misant sur la mémoire courte du bon peuple et en flattant ses plus bas instincts, comme s’emploie à le faire sans vergogne celui qui fut la cheville ouvrière du débat sur l’identité nationale et de la criminalisation du voile intégral, en repartant de plus belle en croisade contre le voile.

Jean-François Copé, dévoré par une ambition intacte, refait donc surface pour concourir à la primaire de la droite en novembre prochain, en se livrant à une surenchère islamophobe contre le « port de signes religieux ostentatoires dans tous les établissements publics », aussi bien pour les agents que pour les usagers, qui le range définitivement parmi les démagogues de la pire espèce de notre classe politique.

Comble du cynisme, c’est celui-là même qui devrait être banni de la politique qui s’arroge le droit de proscrire le voile partout (universités, hôpitaux, tribunaux, mairies…) et à tout moment, foulant aux pieds la liberté fondamentale de se vêtir selon ses goûts dans l’espace public ! Car aucun citoyen n’est tenu de se fondre dans le paysage, n’en déplaise à l’élu indigne de son mandat, seuls les agents des services publics ont un devoir de neutralité. La soif de pouvoir inassouvie de Copé l’aveugle et l’égare…

L’ancien chef de l’UMP, qui s’était proclamé calife à la place du calife sans que les scrupules ne l’étouffent, se rêve encore un grand destin à droite toute, en n’ayant pour seul programme, indigent et indigeste, que la chasse aux sorcières contre tous les voiles et le communautarisme religieux, forcément musulman, comme de bien entendu. C’est le pape François qui risque fort d’être choqué par cette conception liberticide de la laïcité à la française…

Si Copé signe là son grand retour, son insupportable retour en grâce dévalue un peu plus l’exercice de la politique, cette sinistre pantalonnade dont on nous impose, année après année, l’affligeant spectacle.

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