Samedi 26 mai 2012
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René Guénon : Abd el wahid yahia

René-Jean-Marie-Joseph Guénon est né en 1886 à Blois en France, il meurt en musulman au Caire en 1951. Son oeuvre en français sur la tradition universelle est unique et a marqué de nombreuses générations. Il s’y consacra durant toute sa vie. Pour lui le but de tout homme est de parvenir à la réalisation spirituelle.

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« Il ne s’agit pas d’être persuasif, encore moins envoûtant, mais simplement de dire ce qui est »

« On dit tout à fait couramment ici que quiconque désire le Paradis ou craint l’Enfer est encore bien loin d’être réellement soufi… »

Parole du shaykh Abd el Wahid Yahua (René Guenon, le Caire)

René-Jean-Marie-Joseph Guénon est né en 1886 à Blois en France, il meurt en musulman au Caire en 1951. Son oeuvre en français sur la tradition universelle est unique et a marqué de nombreuses générations. Il s’y consacra durant toute sa vie.

Pour lui le but de tout homme est de parvenir à la réalisation spirituelle. Etudiant en mathématique puis en philosophie, il fréquente d’abord les cercles occultistes, spirites, et autres écoles pseudo- initiatique dont il combattra les théories. C’est auprès des maîtres des grandes religions traditionnelles - hindouisme, taoïsme et pour finir l’islam à travers le soufisme, qu’il trouvera en 1912 la source de l’initiation véritable qu’il cherchait.

Celui qui devint le shaykh Abdal-Wahed Yahia exerça, pour l’Occident une fonction de restauration de la Tradition et de l’initiation, qu’il exprima au travers de ses publications et d’une abondante correspondance. Installé au Caire il noua des liens puissants avec le milieu soufi.

Il reçut de nombreux visiteurs venus rencontrer celui qui redonnait l’espoir aux chercheurs de vérité : F. Schuon, Titus Burckhardt, J.A. Cuttat ; Martin Lings, Jean Louis Michon et bien d’autres convertis à l’islam. Il a influencé tous les milieux, André Gide, A.K Coomaraswamy, Jean Tourniac ou le général de Gaulle parlerons de l’ascendant que cet homme simple a eu sur leur pensée.

Voici ce que dira de lui son ami et élève Nadjm oud Dîn Bammate : « Tout résidu psychique ou mental était aboli, il ne restait plus qu’une âme d’une transparence totale. Mais rien de l’ascèse ni de l’extase. La pureté était sans apprêt, familière même, presque terre à terre. En toute simplicité, René Guénon était diaphane ».

Ceux-là qui ont mis le sacré à portée de chacun, que Dieu bénisse leur secret

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Commentaires

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Merci à Madame Dassa pour ces quelques lignes sobres et justes, si éloignées de la logorrhée verbale affligeante qui sévit sur le net, véritable signe des temps actuels. Cela nous permet de retourner à la lecture des oeuvres de ce maître qui est la seule chose qui compte véritablement. Il faut lire et relire René Guénon sans se lasser. On complètera avec les ouvrages de deux autres maîtres authentiques : Michel Valsân et Charles-André Gilis.
La lecture et la méditation de la pensée de ces trois auteurs sont peut-être la dernière voie royale vers la réalisation spirituelle.
Enfin il faut rendre hommage à son dernier fils, homme courtois et tout aussi discret s’il en est et qui consacre beaucoup de temps à la traduction de l’oeuvre de son père en arabe.
Bonne lecture et bon cheminement à ceux qui feront l’effort de se lancer dans ce travail de l’esprit.

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J’espère qu’un penseur de l’envergure de René Guénon ne soit pas réduit à ces quelques lignes louables certes mais qui ne peuvent décrire la profondeur de sa pensée. Je lance donc un appel à Mme Dassa pour nous produire un texte en relation avec un des livres que Guénon a écrit, par exemple Orient et Occident , La crise du monde moderne ou n’importe quel livre qu’elle jugera en rapport avec les problèmes d’actualité.

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Il est vrai que guenon etait un homme d’exception, mais je dois dire que son attachement au franc macon et plus tard la creation d’une loge a sa person me laisse un peut perplexe...

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Selem,

Vous avez oublié de citer Michel Valsan....

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@ Aladin, à la lecture (pas la première, la n+1 ième) de l’oeuvre de Guénon, on ne peut affirmer qu’il fût franc-maçon. Simplement, il a manqué à stigmatiser, surtout en son temps du colonialisme, entre autres le français, la politique qui instrumentalisait ce genre de "club" pour sélectionner et recruter des "élites" propres à une fructueuse collaboration. Et je pèse mes mots, et qu’on ne vienne pas dire que ses préoccupations étaient trop élevées pour s’abaisser à une telle analyse.

Mais je ne demande qu’à être démenti, ou qu’on me fournisse une explication satisfaisante.

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Bonsoir, et merci pour ce travail Mme Dassa. Une question à Aladin : pourquoi la relation de R. Guénon aux francs-maçons vous laisse-t-elle perplexe ? Merci pour votre réponse.

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Aladin : René Guénon n’était pas Franc-Maçon. Il y est entré mais en est ressorti car, comme voie spirituelle, la Franc-Maçonnerie limitait ses aspirations, ses possibilités et même ses capacités exceptionnelles à l’élection suprême. Mais, la Franc-Maçonnerie doit beaucoup à René Guénon car ses critiques (cf. Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage) ont permis à ceux d’entre eux les plus sincères, de se ressaisir et de lutter contre les facteurs de dégénérescence de cet ordre, plus tout à fait ésotérique.

Par ailleurs, la loge "René Guénon" n’a rien à voir avec René Guénon et a sûrement été créée bien après sa mort.

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Une petite rectification :

La loge fut fondee a l’initiative du Comte Mordvinoff mais, Rene guenon suivra en détail les modalités de mise en œuvre et tentera d’insuffler les grandes lignes directrices de cette loge dont on a dit qu’elle fut un peu « son enfant particulièrement aimé

http://www.frithjof-schuon.com/GrandeTriade.htm

amicalement votre

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y a t il un rené guenon au 21 eme
siècle

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Je ne comprend pas j’ai ecrit 2 message en reponse au question que l’on ma poser mais aucun d’eux n’ont encore paru. Doit on attendre lundi ou bien ai-je etait censuree ?

PS : si mes 2npremier messages apparaissent Lundi ne faite pas attention a celui la :)

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Le Règne de la quantité et les signes des temps

Par : Ben Rochd Er Rachid
Ecrivain marocain

Dans son livre « Le Règne de la quantité et les signes des temps », René Guénon se livre à l’analyse et à la critique de la modernité, de façon méthodique, se plaçant résolument au point de vue traditionnel.
Le ton est donné dés la première page où il qualifie d’amblée, la ‘modernité’ d’anomalie et même de ‘monstruosité’ : « si le monde moderne, considéré en lui-même, constitue une anomalie et même une sorte de monstruosité, il n’en est pas moins vrai que, situé dans l’ensemble du cycle historique dont il fait partie, il correspond exactement aux conditions d’une certaine phase de ce cycle, sa période extrême… »
En face de la modernité, les gens se positionnent selon trois tendances. Il y a d’abord « ceux qui s’obstinent à admirer le prétendu progrès et à s’illusionner sur son aboutissement fatal » ; puis « ceux qui jugent les erreurs et les insuffisances propres à la mentalité de notre époque mais ne font que proposer des remèdes incapables d’enrayer le désordre croissant dans tous les domaines » . Et enfin ceux, forcement peu nombreux, qui sont en mesure de voir la modernité telle qu’elle est réellement. Ils remplissent pour cela les conditions nécessaires, dont la première est de connaître les Principes traditionnels. La deuxième condition est d’être extrait de l’influence de la modernité car « pour saisir la vrai signification du monde moderne, il faut être entièrement dégagé de la mentalité qui le caractérise spécialement et n’en être affecté à aucun degré… » C’est à cette catégorie de gens que René Guénon dit s’adresser, les seuls dit-il à pouvoir comprendre son message, et considère qu’ils sont destinés à préparer l’avènement de la nouvelle humanité.

Pour comprendre en fait les écrits de René Guénon il faut connaître d’abord ce qu’il entend par la « doctrine traditionnelle », c’est là son point de départ, de référence et d’ancrage. L’ensemble de son œuvre est guidé par deux objectifs complémentaires : Le premier consiste à reconstituer « la Tradition universelle » et sa doctrine, alors que le second est de suivre les conséquences de la rupture entre la Tradition et le monde moderne. C’est là les deux volets de son œuvre et l’on peut dire que le second est une application actuelle du premier : Il s’agit de saisir ce moment de ‘déviation’ - intervenant d’abord dans son milieu occidental-, de séparation entre science sacrée et science profane ; le moment de dégradation et de dissolution de la tradition et de suivre ces différentes étapes.

Pour reconstituer la ‘doctrine traditionnelle’, universelle par nature, il va chercher ses fragments dans des horizons lointains, en Inde et en Chine en particulier, et dans les profondeurs de l’histoire, remontant aux traditions polaire, hyperboréenne, atlante, etc. sans oublier bien sur la tradition judéo-chrétienne et ses différentes ramifications.
Apres ce travail énorme de reconstitution de la « tradition universelle », nous voulons évidemment savoir à quel résultat ces recherches ont aboutit ! Quelle est donc cette « doctrine traditionnelle » à laquelle l’auteur a consacré sa vie ?
Il est fort intéressant de noter que René Guénon, tout en faisant minutieusement cette reconstitution, était conscient que cette doctrine qu’il reconstitue n’est autre, dans ses grandes lignes, que la ‘doctrine islamique’, la considérant par là comme la ‘synthèse’ et ‘le renouvellement de la tradition universelle’.
C’est ainsi qu’en suivant la pensée de René Guénon et ses développements, nous prenons connaissance de la tradition universelle et, par la même occasion, nous retrouvons la « doctrine islamique », reformulée, renouvelée.
En ce qui concerne le deuxième volet de son œuvre, c’est-à-dire le divorce survenu en Occident entre la tradition et la ‘modernité’, René Guénon lui consacre son livre « Le Règne de la quantité et les signes des temps »

Qualité et quantité
Pour ce qui est d’abord du choix du titre de son livre, l’auteur écrit : « parmi les traits caractéristiques de la mentalité moderne, nous prendrons d’abord, comme point central, la tendance à réduire au seul point de vue quantitatif, tendance si marquée dans les conceptions ‘scientistes’ de ces derniers siècles… »
Cette tendance de réduction au quantitatif n’est autre en définitif, que celle qui mène au terme même de la descente qui s’effectue d’une façon accélérée à la fin d’un cycle « cette descente n’est en somme que l’éloignement graduel du Principe… le point le plus bas revêt l’aspect de la quantité dépourvue de toute distinction qualitative ».
La modernité est vue ainsi comme ‘une dégradation’, un éloignement de la ‘qualité’, et tend vers la déchéance, le règne de la quantité. « Ce que la majorité des hommes actuels célèbrent comme un « progrès », nous parait tout au contraire comme une profonde déchéance, ce ne sont que les effets du mouvement de chute, sans cesse accéléré, qui entraînent l’humanité vers les « bas-fonds » où règne la quantité pure »

René Guénon va démontrer, le long de son livre, comment cette ‘dégradation’ - dégradation des conceptions que l’homme se fait de lui-même et du monde - touche tous les domaines et il va illustrer cela par une multitude d’exemples.

Sciences sacrées et sciences profanes
René Guénon cite, dans ce domaine, deux exemples empruntés des sciences et des mathématiques : Dans la science traditionnelle des nombres et la ‘géométrie sacrée’ les chiffres et les formes géométriques traduisent essentiellement des réalités d’ordre supérieur. Ils ont subi, avec la science profane, une coupure avec le Principe et une ‘descente’ pour n’être que des entités quantitatives, dépourvues de toute qualité (métaphysique) »
« Les philosophes et les savants profanes s’enferment dans des conceptions étroitement limités, des « systèmes » qui, au fond, ne traduisent que l’insuffisance des mentalités individuelles, livrées à elles-mêmes » . « Un savant, au sens actuel de ce mot, même s’il ne fait pas profession de matérialisme, en sera fortement influencé, toute son éducation spéciale est dirigée dans ce sens ; et même s’il croit n’être pas dénué d’« esprit religieux », il trouvera le moyen de séparer sa religion de son activité scientifique de sorte que son œuvre ne se distinguera en rien de celle du plus avéré matérialiste et qu’ainsi il jouera son rôle dans la construction progressive de la science la plus exclusivement quantitative et la plus grossièrement matérialiste… »
La modernité a réussi à utiliser ainsi à son profit « ceux qui devraient être logiquement ses adversaires si la déviation de la mentalité moderne n’avait formé des êtres pleins de contradictions et incapables même de s’en apercevoir…. Tous les hommes en arrivent pratiquement à penser et à agir de la même façon… Et c’est ainsi qu’un homme qui se déclare chrétien se comporte en fait comme s’il n’y avait aucune réalité en dehors de la seule existence corporelle, et un prêtre qui fait de la science ne diffère pas d’un universitaire matérialiste… »
Le divorce entre tradition et modernité touche évidemment tous les domaines et nous aurons l’occasion de revenir sur certains de ses aspects, mais il nous faut, avec René Guénon, partir du point de vue doctrinal.

L’Unité et la doctrine de René Guénon
René Guénon, distingue donc deux pôles, celui de la quantité et celui de la qualité. Poussant le soin de définir les concepts à son paroxysme, l’auteur fait correspondre au couple qualité/quantité une multitude de désignations provenant parfois de diverses traditions. Mais pour l’essentiel retenons les correspondances entre « qualité/quantité » et « Essence/substance », « Unité/multiplicité » et « forme/matière ».
Il figure cela d’une façon schématique sous forme d’un triangle, le sommet représente la ‘qualité’ alors que la base symbolise la ‘quantité’. Il met en particulier la ‘qualité’ en relation avec ‘l’unité’.
L’Unité, c’est là en fait le point d’ancrage du raisonnement de René Guénon et ce qu’il considère comme l’essence de la Tradition universelle. Et c’est là également le ‘tawhid’ de l’Islam, le plus important des principes de la ‘doctrine islamique’.
René Guénon définit l’Unité en tant que « Unité principielle qui contient synthétiquement en elle-même toutes les déterminations qualitatives des possibilités ; elle en est le pôle essentiel »

Si ce premier Principe est en rapport avec le Divin, en tant que Réalité unique, l’origine, la finalité et la référence de toute chose, le deuxième Principe concerne spécifiquement ‘l’humain’ :
« L’homme écarté de son centre original se retrouve enfermé dans la sphère temporelle, il ne peut plus rejoindre le point unique d’où toutes les choses sont contemplées sous l’aspect de l’Eternité »
L’homme joue un rôle essentiel, sa conscience varie entre le niveau de l’éternité, du divin et celui du temporel, du monde illusoire tributaire des sens. D’où l’importance primordiale de l’être humain en tant qu’intermédiaire entre les différents niveaux de l’existence.
Ces deux Principes sont exprimés dans le credo islamique par la formule de l’Unité « la ilah illa Allah » suivie de la formule de relation homme / Dieu « Mohamed rassoul Allah ».
Apres le Principe de L’Unité et celui du rôle polaire de l’homme, nous passons au troisième Principe, lequel concerne la multiplicité. René Guenon explique que « La multiplicité principielle est contenue dans l’Unité métaphysique, c’est une multiplicité qualitative et non pas quantitative, c’est « l’ensemble des qualités ou des attributs qui constituent l’essence des êtres et des choses »
C’est ainsi que le troisième Principe concerne les attributs divins qui régissent le dynamisme du passage de l’Unité à la multiplicité, selon des lois divines.
Bien que René Guénon évoque souvent la question de la connaissance entre ‘le sacré’ et le ‘profane’, il affirme qu’« il n’existe pas réellement de domaine profane mais seulement un point de vue profane qui se fait de plus en plus envahissant jusqu’à englober finalement l’existence humaine toute entière »
Cela peut être considéré comme le quatrième Principe de la doctrine universelle : Tout chose est reliée à l’Unité – à travers les attributs divins – Unité qui est son origine, sa raison d’être et sa finalité. Même lorsqu’un homme croit être athée, c’est-à-dire coupé du Principe divin, la moindre chose de ce monde avec lequel il a affaire est reliée à Unité, depuis les rayons du soleil dont dépend sa vie jusqu’à ses propres cellules qui composent son corps.

Récapitulons maintenant les principaux principes de la ‘doctrine traditionnelle’, selon René Guénon. Exprimés en concepts islamiques cela donne. Le premier est ‘l’Unité’ (Taouhid), le deuxième concerne ‘rissala’ la relation spéciale entre Dieu et l’homme, le troisième concerne les attributs divins qui régissent la multiplicité, le quatrième concept (exprimé par le ‘tasbih’ en terme islamique) concerne le ‘lien’, multiple par ses formes et unique par sa finalité, entre Dieu et la multiplicité de la création. Il exprime la dépendance de chaque chose, pour sa vie même, du divin, et sa façon, qui lui est propre, d’exprimer ce ‘lien’.

Apres ces indications concernant le volet doctrinal de René Guénon, nous pouvons mieux comprendre sa vision de la modernité.

Conséquences de la coupure avec l’Unité
L’auteur considère cette coupure en trois étapes successives : D’abord la ‘dégradation’ (l’éloignement de l’unité), puis la ‘déchéance’ (la perte de vue de l’unité), et finalement la ‘déviance’ : « la modernité est une dégradation et une déviance qui va vers la déchéance, c’est une ‘anomalie’ et même une ‘monstruosité’ ».
La ‘déviance’ est ce point extrême lorsqu’il s’y opère une inversion des valeurs, ce qui était le plus bas est alors considéré comme une ‘valeur’ suprême. C’est ainsi que l’individualité et ‘l’uniformité’, sorte de fausse ‘Unité’ a remplacé, dans l’échelle des vertus la vrai Unité.
Les concepts ont subi ce double phénomène de dégradation et de déviance. Exemple le terme ‘matière’. A l’origine, la notion ‘materia’ dans la culture scolastique était en rapport avec la ‘mère’ , la ‘matrice’, le principe maternel. Cette notion est perdue de vue et le mot matière renvoi aujourd’hui à la notion de ‘matière dite inerte’ puis à la ‘réalité palpable’. D’autres concepts peuvent être cités dans ce registre comme les mots culture, intellectuel, héro, etc. tous d’ailleurs d’origine religieuse.
Plus que les concepts, les activités humaines ont subi ce phénomène de dégradation et de déviance autrement plus grave et parfois d’une façon dramatique :
La notion de ‘métier’, du travail qui s’inscrit dans l’optique de relier le travailleur à son essentialité, a été remplacée par celle de ‘l’industrie’, une activité où l’homme devient ‘mécanique’, dépendant dans son quotidien et même dans sa mentalité de la ‘logique’ des machines : la standardisation, la productivité, etc. .
La notion de ‘culture’, mot qui vient du terme ‘culte’ avait une signification en rapport avec une activité religieuse comportant des aspects cognitifs, rituels et éducatifs. Elle s’est dégradée d’abord pour ne designer que ‘la culture profane’ puis déviée pour être utilisée comme une sorte de ‘valeur’, plus exactement une ‘contre-valeur’ pour contrer toute aspiration spirituelle.
L’on peut citer également le terme ‘d’intellectuels’ qui désignaient des personnes ayant un haut niveau spirituel. On l’utilise actuellement pour designer des ‘penseurs libres’ n’ayant avec la spiritualité aucun engagement et aucun niveau ; c’est avec une ironie amère que René Guenon dit à leur sujet « ce phénomène actuel où des gens se considèrent comme ‘libres penseurs’ alors qu’ils sont des esclaves de tous les préjugées de l’époque » ; à quoi il faudrait ajouter : « Et qui ne font, avec des discours souvent bien prétentieux, qu’extérioriser, en public, leurs complexes et autres maladies psychiques.
L’activité artistique est un autre exemple significatif évoqué par l’auteur : « Tout art, à ses origines, est essentiellement symbolique et rituel, ce n’est que par une dégénérescence récente qu’il a perdu ce caractère sacré pour devenir finalement le « jeu » purement profane auquel il se réduit chez nos contemporains »

Le matérialisme
Avec le ‘matérialisme’, dernière étape de cette dégradation, on arrive au point de considérer la partie ‘matérielle’ apparente comme la Réalité dans son ensemble.
Apres la décadence de la doctrine religieuse en Occident, la limitation du champs de la conscience humaine à la ‘raison’, puis sa dégradation et sa déformation, engendrées successivement par le rationalisme et la mécanisation, l’étape matérialiste va accentuer ces anomalies et arrive au point de les sublimer.
René Guenon décrit cette étape et ses tendances, ‘d’uniformité’, de ‘vulgarisation’, de ‘falsification’ et même de ‘subversion’ « Dans la civilisation moderne tout apparaît comme artificiel, dénaturé et falsifié… »
L’Uniformité. Au lieu du principe de l’Unité, la modernité cherche à imposer ‘l’uniformité’.
L’uniformité n’est jamais réalisable en fait mais tous les efforts faits pour la réaliser dans le domaine humain ne peuvent avoir pour résultat que de dépouiller plus ou moins complètement les êtres de leurs qualités propres et ainsi de faire d’eux quelque chose qui ressemble à des machines… c’est bien à cela que tendent les conceptions « démocratiques » et « égalitaires » pour lesquelles tous les individus sont équivalents entre eux ; cette « égalité qui est un des « idéaux » à rebours du monde moderne et au nom de laquelle on veut imposer à tous une éducation uniforme avec un « nivellement par le bas », est une chose dont la nature n’offre aucun exemple .
La vulgarisation : la « vulgarisation », ou cette prétention de tout mettre « à la portée de tout le monde » est une des conséquences des conceptions démocratiques. Elle est particulièrement significative pour dépeindre la mentalité moderniste, mais elle ne peut aboutir qu’à un nivellement par le bas : la qualité est sacrifiée à la quantité .
La subversion. De la ‘déviation’ à la ‘subversion’ : « L’action anti-traditionnelle, par laquelle a été en quelque sorte ‘fabriqué’ le monde moderne constitue une déviation par rapport à l’état normal, celui de toute civilisation traditionnelle. La déviation s’opère d’une façon graduelle et comme insensiblement (du rationalisme … au matérialisme) mais quand elle arrive à son terme, elle aboutit à un renversement, à un état diamétralement opposé à l’ordre normal ; c’est une subversion suivant le sens étymologique de ce mot.
Des signes visibles de cette ‘subversion’ cette tendance de ‘contrefaçon’ et de ‘parodie’ du monde moderne actuel .

René Guénon met en cause l’enseignement moderne et condamne la généralisation de la modernité au reste du monde :
« L’instruction profane ne représente en somme aucune connaissance au véritable sens de ce mot ; mais à part son insignifiance et son inefficacité, ce qui la rend réellement néfaste c’est qu’elle tend à nier tout ce qui la dépasse et qu’ainsi elle étouffe toutes les possibilités se rapportant à un domaine plus élevé »
« L’Occident ne se contente pas d’imposer chez lui un tel genre d’éducation ; il veut l’imposer également aux autres avec ses habitudes mentales et la diffusion des produits de son industrie afin « d’uniformise » le monde entier »

La mentalité moderne
Toutes ces anomalies se répercutent sur la ‘mentalité moderne’ à laquelle René Guénon réserve plusieurs passages de son livre :
L’attitude matérialiste apporte dans la constitution psychologique de l’être humain une modification importante et il n’y a qu’à regarder autour de soi pour constater que l’homme moderne est devenu imperméable à toute influence qui ne tombe pas sous ses sens ; non seulement ses facultés de compréhension deviennent de plus en plus bornées, mais le champ même de sa perception s’est également restreint.
Les profanes et tous ceux qui sont affectés de l’esprit moderne nient tout ce qui les dépasse car toutes leurs études et toutes leurs recherches, entreprises à partir d’un point de vue faux et borné, ne peuvent aboutir qu’a la négation de tout ce qui n’est pas inclus dans ce point de vue. Ils sont en plus tellement persuadés de leur « supériorité » qu’ils ne peuvent admettre l’existence ou la possibilité de quoi que ce soit qui échappe à leurs investigations .
Dans la civilisation moderne tout apparaît comme artificiel, dénaturé et falsifié ce qui entraîne forcement que la mentalité moderne, elle aussi, est fabriquée . La falsification du langage, l’emploi abusif de certains mots détournés de leur véritable sens, emploi imposé par suggestion constante de la part de ceux qui exercent de l’influence sur la mentalité publique .
– « la mentalité moderne n’est que le produit d’une vaste suggestion collective qui s’exerce depuis des siècles » . « Au degré de confusion où est parvenu la majorité de nos contemporains, les associations de mots les plus contradictoires n’ont rien qui puisse les faire reculer, ni même leur donner simplement à réfléchir »

‘Dans les circonstances au milieu desquelles nous vivons présentement, les événements se déroulent avec une telle rapidité que beaucoup de choses dont les raisons n’apparaissent pas encore immédiatement pourraient bien trouver, et plus tôt qu’on ne serait tenté de le croire, des applications assez imprévues, sinon tout à fait imprévisibles… Nous tenons à citer ici, pour terminer, cette phrase de Joseph de Maistre : « Il nous faut nous tenir prêts pour un événement immense dans l’ordre divin, vers lequel nous marchons avec une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs. Des oracles redoutables annoncent déjà que les temps sont arrivés »’

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Que Dieu fasse descendre sur toi mille bénédictions BEN ROCHD.

... même si, cher frère, ton exposé risque l’incompréhension à partir du moment où tu parles d’égalitarisme et de démocratie.

Il faut rappeler que les écrits de René Guénon datent de près d’un siècle, que les points de vue sont encore plus étroits aujourd’hui. Mais on peut espérer que les personnes qui aspirent à une spiritualité authentique puissent encore découvrir ces vérités-là et remettre chaque chose à sa place.

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Je trouve dommage que l’on censure la critique (pas toutes du moins). Oumma.com semble tous a fait pret a ecouter les critique sur le wahabism mais ne semble pas pret a diffuser celles sur le soufisme.

Amicalement

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BEN ROCHD remercie ALADIN

Je n’ai fait que résumer le livre "Le règne de la quantité et les signes des temps" de René Guénon. J’ai dû amputer mon texte pour qu’il puisse entrer dans le forma du forum.

Je voudrais bien publier mes écrits en entier, en particulier sur René Guenon, dans le site Oumma, mais il semble que les responsables sont assez sélectifs en ce qui concerne le choix des auteurs.

BEN ROCHD Er Rachid -

Ecrivain marocain

benrochde@yahoo.fr

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Un élément de plus pour l’apport de René Guénon .... :

http://avecreneguenon.com/

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@ MOUHA,
Une réponse à ta question du 21ème siécle :
L’œuvre du sheïkh connaissant par Allâh est atemporelle puisque elle est spirituelle et métaphysique , il n’a rien écrit de nouveau , ses écrits ne font que revivifier la flamme pérenne de l’Esprit ( ar-rûh)chezle cheminant versl’Unique(سبحانه وتعالى)
Pour "moi personnellement" , c’est un walyu-llâh de l’éveil spirituel total et universel ; d’expression Française .
Lire le : "Munqid mina adalâl" de Ghazzâly ; commenté par A.Halîm Mahmoud : http://abdel-halim.org/

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Je n’arrive pas à comprendre sa relation avec la franc maçonnerie, c’est une secte sataniste qui vénère le diable comment peut t-il être musulman et franc maçon sinon j’en ai vu des israéliens franc maçons qui font l’éloge des livres de rené guenon. Ceci me donne bcp de doutes

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Oui , lalla zainab , nous le savons tous ,
et le mieux serait de lire l’œuvre et les
recherches écritent sur cet œuvre spirituelle propre aux " médecins du savoir ", en arabe nous disons : Al-hukamâ’ الحكماء
Et justement, le waly allâh qui est un hakîme حكيم, se situe dans le niveau de "Al-Ihsân" après "Al-Îmâne" , bien après "Al-Islâm" .
Et Dieu et Son Messager sont les plus Sages et les plus Savants.