Samedi 11 février 2012

Les choix politiques monocolores de France Culture

Le site Internet oumma.com a publié au printemps un article qui s’étonnait des choix politiques quelque peu monocolores de France Culture. Je voudrais apporter sur ce point un témoignage personnel.

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Le site Internet oumma.com a publié au printemps un
article qui s’étonnait des choix politiques quelque peu monocolores de France
Culture. Je voudrais apporter sur ce point un témoignage personnel.

Alors que je suis
régulièrement invité sur les différentes stations du service public, France
Culture semble être un territoire interdit pour moi. Je ne suis pas en manque
d’exposition médiatique, mais je trouve ce boycott pour le moins curieux et
anormal. Jamais aucune invitation dans une émission ou dans un journal.

Début avril 2005, je
publiais un livre intitulé « Vers la 4ème guerre
mondiale ? ». Contactée par le responsable de la communication de
l’IRIS, Monsieur Tuaillon, Madeleine Mukamabano s’était montrée favorable à
l’organisation d’un débat autour de ce thème dans son
émission "Notre époque".

Une diffusion était même
prévue le dimanche 24 avril 2005, mais elle fut "reportée" du fait de
la grève que subissait Radio France.

Vers la fin du mois de
mai, Monsieur Tuaillon reçut un appel d’Avril Ventura, assistante de Mme
Mukamabano, agacée par les messages successifs que celui-ci lui avait laissés
afin d’organiser un nouveau rendez-vous. Celle-ci l’informa alors que
l’émission ne se ferait pas, car "aucun des chroniqueurs réguliers ne
voulait débattre avec moi".
Je prenais contact avec certains d’entre eux qui m’avouaient
leur étonnement et disaient n’avoir jamais été contactés à ce propos.

Je découvrais que la
raison du veto qui m’a été opposé était liée à une prétendue hostilité à
l’égard d’Israël de ma part. Mes positions sur le conflit israélo-palestinien
sont claires et constantes : soutien à la création d’un Etat palestinien dans
les frontières de 1967 (avec possibilité de modifications territoriales si
elles sont mutuellement agréées), Jérusalem capitale des deux Etats,
reconnaissance d’Israël par les pays arabes, garanties de sécurité pour Israël
et condamnation de tout acte terroriste. Ce sont des objectifs largement
partagés. Alors comment expliquer ce traitement discriminatoire à mon égard ?

Pour avoir commis le
crime, sans doute impardonnable et imprescriptible pour certains de suggérer un
rééquilibrage de la position du Parti socialiste en faveur de la situation des
Palestiniens, je suis depuis lors l’objet de la vindicte des amis
inconditionnels d’Israël en France. Les critiques sur la politique du
gouvernement israélien que je peux exprimer sont pourtant bien moins vives que
celles que de nombreux Israéliens émettent eux-mêmes, y compris l’ancien
Ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavie.

J’entretiens par ailleurs
des relations de travail cordiales avec l’Ambassade d’Israël à Paris.

On se montre donc à
France Culture plus royaliste que le roi.

Si je peux comprendre que
les radios communautaires, ou les médias privés, fassent des choix subjectifs,
il me paraît pour le moins curieux qu’une antenne de service public, financée
par la redevance, soit aussi partisane sur un sujet sensible sur lequel la
diversité des points de vue est, encore plus qu’ailleurs, un impératif
déontologique.

Ceux qui estiment qu’il
faut défendre le gouvernement israélien en toutes circonstances ont certes le
droit de s’exprimer, car c’est une opinion recevable. En revanche, il n’est pas
normal que ceux qui pensent différemment soient interdits d’antenne, ou le
soient à titre de "caution minoritaire", pour tenir le rôle de
l’alouette dans le pâté de cheval et d’alouette.

Il y a même des cas où
les choix idéologiques l’emportent sur le respect dû au public et le devoir
d’information.

Le nouveau directeur de
France Culture arrive avec une réputation d’honnêteté intellectuelle. Espérons
qu’à l’avenir, l’antenne respecte non seulement la diversité des sensibilités,
mais également la rigueur de l’information.

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