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USA : les écoles publiques de Cambridge ont bénéficié d’un jour de congé pour l’Eïd al-Adha

C’est une reconnaissance officielle à marquer d’une pierre blanche : les élèves des écoles publiques de Cambridge, dans l’Etat du Massachusetts, ont vu inscrire à leur calendrier scolaire un jour de congés pour la fête de l’Eïd al-Adha.

Cette décision, unique dans les annales académiques du comté américain, a été prise par le Comité des écoles de Cambridge l’année dernière.

La satisfaction de la communauté musulmane a été à la hauteur de l’événement. « Nous accueillons cet acte fort avec une immense joie » a déclaré Atif Harden, le directeur général intérimaire de la société islamique au sein du centre culturel de Boston. « C’est la première année que cela se passe. Nous y voyons là une marque de reconnaissance de notre existence et de celle de notre communauté, qui est très prometteuse ».

De leur côté, les autorités des écoles publiques de Cambridge ont déclaré être animées par la volonté de faciliter les choses aux nombreux étudiants musulmans qui poursuivent leur scolarité dans leurs établissements, en leur permettant de célébrer leur plus grande fête religieuse en toute quiétude.

Il est de coutume que les écoles de Cambridge ferment leurs portes pour certaines fêtes chrétiennes et juives, mais respecter le calendrier hégirien est une grande première qui trouve ses fondements dans le respect du vivre-ensemble : « Je pense que ceci prouve que nous sommes attachés à nos valeurs, qui sont celles de l’intégration et du respect » a souligné Jeffrey Young, le superintendant de l’école.

Glenn Koocher, le directeur général de l’association des comités scolaires du Massachusetts, a, quant à lui, insisté sur le fait que si Cambridge fait date, il n’en demeure pas moins vrai que nombre d’officiels ont été échaudés par la polémique que l’adoption du jour férié musulman n’a pas manqué de déclencher, à l’heure où les esprits s’enflammaient à la perspective d’une mosquée aux abords de ground zero.

Marc McGovern, qui est membre du comité des écoles de Cambridge et fervent partisan de l’adoption des jours fériés musulmans, a confié avoir été l’objet de critiques et même de menaces l’an passé, après l’entrée en vigueur du congé pour l’Eïd al-adha.

Là où l’acrimonie de l’intolérance et la noirceur des fantasmes banalisés ont érodé le lien social, surtout depuis le 11 septembre, l’impact sur le terrain du jour férié musulman a renforcé une proximité spontanée, généreuse et pédagogique, à l’initiative des étudiants musulmans qui, dès la reprise des cours, ont distribué des bonbons, organisé une fête pour le déjeuner, en parlant de leur culture, et en expliquant à leurs camarades de classe la signification de l’Eïd al-Adha.

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