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Un survivant du massacre de Christchurch entame une «Marche pour la Paix» pour l’anniversaire de la tragédie

Le vendredi 15 mars 2019, après avoir marché d’un pas léger vers la mosquée Al Noor, heureux de suivre le chemin qui, chaque semaine, lors de la grande prière Al-Jumu’ah, le menait vers Allah, Temel Aracocugu se recueillait avec ferveur, lorsque de fortes détonations retentirent brusquement.

Tiré violemment de sa prosternation devant le Très-Haut, il se souvient avoir aussitôt levé la tête, puis l’avoir tournée nerveusement à droite, à gauche, pressentant le pire. Il croisa les regards hagards et terrorisés de ses frères, avant d’être littéralement transpercé par celui, noir et glaçant, que posa sur lui un tueur de la pire espère : Brenton Harrison Tarrant, un terroriste d’extrême droite australien, qui venait de faire irruption dans la Maison de Dieu, équipé d’une caméra, pour y commettre un carnage en direct.

Insoutenable, le massacre de Christchurch, qui endeuilla lourdement les mosquées Al Noor et Linwood, et au-delà, la Nouvelle-Zélande tout entière, fut, comble de l’abjection, retransmis sur Youtube pendant de longues minutes. Des minutes effroyables, au cours desquelles 51 fidèles, hommes, femmes et enfants, furent abattus froidement, tandis que des dizaines d’autres, touchés grièvement, gisaient sur le sol.

Les victimes musulmanes de la barbarie islamophobe

Temel Aracocugu n’aura pas eu le temps de prendre ses jambes à son cou. Devenu Néo-zélandais par amour pour une femme, rencontrée en 2000 en Turquie, son pays natal, et qu’il épousa en 2001, ce père de deux enfants, aujourd’hui divorcé, n’aurait jamais pu imaginer qu’une telle horreur se produirait sur la terre hospitalière et bigarrée des Kiwis, et encore moins dans deux enceintes sacrées musulmanes.

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Malgré ses souvenirs évanescents du jour du drame, il revoit toutefois, dans ses nuits encore peuplées de cauchemars, une fumée blanche s’échapper de l’arme du terroriste, après qu’il l’eut pointée sur lui pour l’atteindre mortellement. Ce dernier, ivre de haine, tira pas moins de neuf balles sur Temel Aracocugu, qui s’écroula à côté de son tapis de prière, à jamais éclaboussé de son sang.

A l’approche du troisième anniversaire de la tragédie de Christchurch, ce survivant, qui n’en revient toujours pas d’avoir réchappé d’une mort certaine, et dont chacun, en Nouvelle-Zélande, salue l’extraordinaire courage et énergie déployée pour se rétablir, crie lui-même au miracle : « C’est un miracle ! Neuf balles m’ont touché, cinq aux jambes, et je m’en suis quand même sorti ! J’ai même pu affronter le tueur, ce monstre de cruauté, au tribunal, où je me suis rendu en m’aidant de béquilles ».

Le vice-président turc, Fuat Oktay, au chevet de Temel Aracocugu et de trois autres compatriotes gravement blessés


« Les familles musulmanes et turques sont grandes et fortes. Nous nous soutenons toujours », a-t-il insisté, les yeux brillants, devant les médias néo-zélandais qui, mardi 1er mars, étaient venus en nombre recueillir ses impressions, quelques heures avant qu’il ne tente de relever son nouveau grand défi : entamer une « Marche pour la Paix », longue de 360 km, ayant pour point de départ  Dunedin, la ville natale du terroriste, en vue de rallier Christchurch, mardi 15 mars 2022.

« Le terroriste est parti d’ici…  à chaque fois qu’il pensait à la haine et essayait de répandre sa haine. Mais aujourd’hui,  je marche contre sa haine », a-t-il clamé haut et fort, fier d’être à nouveau debout sur ses jambes qui, grâce à une rééducation intensive, ne se dérobent plus sous lui. 

Animé de convictions inébranlables et avec une dignité qui l’honore, Temel Aracocugu sait qu’il tient désormais sa plus belle revanche sur la barbarie islamophobe : « Je marche pour la paix, pour la tolérance, pour ma religion, encore trop méconnue, pour mes enfants et ceux de ma mosquée, qui ont tant besoin de grandir dans l’amour et la paix ».

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