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Un journaliste franco-marocain expulsé d’une messe par deux femmes gendarmes “en raison de ses origines”

La peur, cette mauvaise conseillère, aurait-elle dicté la décision prise par deux femmes gendarmes d’expulser un journaliste de Ouest France, sans autre forme de procès, venu assister à la messe célébrée dimanche dans l’Eglise Saint-Nicolas de Châteaubriant, dans la Loire-Atlantique ?

Rapporté par le site du premier quotidien régional qui s’est ému de cet ostracisme qui a frappé l’un de ses correspondants locaux, en précisant qu’il a été jugé « suspect » à cause de son sac, de son casque de moto, mais aussi « en raison de ses origines » franco-marocaines, l’incident fâcheux aura eu pour seul mérite d’exhorter à savoir plus que jamais raison garder dans un climat ambiant des plus anxiogènes.

« Elles (les deux femmes gendarmes NDLR) m’ont demandé si c’était mon sac et mon casque qui étaient au sol. J’ai répondu oui et elles m’ont demandé de les suivre à l’extérieur », a confié le journaliste qui préfère conserver l’anonymat, tandis que Ouest France révèlait que l’un des paroissiens avait signalé sa présence « suspecte » à la gendarmerie.

« C’est tombé sur moi, mais je pardonne. La peur n’est pas quelque chose de raisonné. Ce qui s’est passé servira peut-être de leçon et permettra à chacun d’être plus prudent et moins jugeant afin que ça ne se reproduise plus », a-t-il ajouté, animé d’une volonté fort louable d’apaiser les choses et d’effacer de sa mémoire ce délit de faciès préjudiciable, touché par le réconfort que lui ont apporté le maire de Châteaubriant et de nombreux paroissiens qui sont restés avec lui à la fin de la messe. Selon sa rédaction, il se disait toutefois « encore peiné, mais debout », au lendemain de cet office religieux gâché, entre autres, par un excès de zèle.

De son côté, le père Patrice Éon, qui célébrait la messe, a exprimé sa plus vive indignation, tout en demandant pardon « au nom de toute la communauté chrétienne » au journaliste de Ouest France si injustement refoulé, appelant à ne pas céder à la peur irrationnelle qui conduit à des actes déraisonnés.

« Va-t-on se mettre à suspecter tout visage nouveau qui entre dans notre assemblée sous prétexte que nous ne le connaissons pas ? Entrer dans une église, qui est un lieu de paix, de recueillement, de communion, et en sortir entre deux gendarmes, alors que l’on n’a rien fait d’autre que d’être là en empathie avec une communauté catholique ébranlée par l’assassinat d’un prêtre, c’est profondément humiliant, et il y a de quoi être déstabilisé », s'est-il désolé sur le site de la paroisse.

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