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Un député UMP veut diffuser une “version de référence du Coran en français”

Ils sont nombreux à droite, et voire même à droite de la droite, à phosphorer sur la deuxième religion de France, au point de faire voler en éclats le sacro-saint principe de non ingérence de la politique dans la sphère religieuse qui s’applique pour tous les cultes sauf, bien entendu, pour celui qui détient la palme des controverses passionnelles…

Dans la lignée des Umpistes ambitieux qui ont fait de l’islam leur cheval de bataille, n’hésitant pas à prendre des libertés avec la loi de 1905, et rivalisant d’idées sur le sujet pour exister au sein d’un parti miné par les divisions intestines et sa dette abyssale, Hervé Mariton, le député de la Drôme qui brigua en vain la présidence de l’UMP, est passé de sa croisade anti-mariage pour tous à celle en faveur  « d’une forme française de l’islam », et ce dans des débats à huis-clos où les citoyens français de confession musulmane, objet de son étude de cas, n’ont pas voix au chapitre.  

Dans ce bouillonnement d’idées pour façonner l’islam à sa guise et inciter les fidèles à se fondre dans la masse, c’est à celui qui damera le pion à l’autre à l’UMP ! En effet, alors que Sarkozy, l’ex-oligarque aux innombrables casseroles, dévoilera en juin le fruit de sa réflexion devant ses militants déjà conquis d’avance, Hervé Mariton vient de le devancer lors d’un petit-déjeuner de presse où il s’est fait un malin plaisir de  présenter ses huit propositions phares, en tirant à boulets rouges sur l’ancien président du « mouton dans la baignoire ».

"Le travail de fond de la droite sur l'islam n'est pas à la hauteur, le débat politique manque d'engagement et de conviction", a-t-il lancé en préambule, donnant ainsi le ton incisif de son exposé en présence de ses proches collaborateurs, dont il a loué le travail long de 8 mois pour faire rentrer le culte musulman dans le moule.

Sans consulter ceux qui sont concernés au premier chef, voici les projets échafaudés pour la deuxième religion de France par un parlementaire Umpiste qui escompte bien les marquer de son empreinte  : « étendre les missions de la Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) », « faire évoluer le conseil français du culte musulman », « poser le principe du non-financement étranger des lieux de cultes musulmans », mieux encadrer juridiquement l'édification de lieux de cultes, créer une formation et un diplôme pour les imams et imposer « l'emploi du Français dans les prêches », sans omettre la large diffusion d’une « version de référence du Coran en français ».

Parallèlement, il prône le port de l’uniforme à l’école, exhorte à l’intransigeance envers la moindre « remise en cause de la mixité », et plaide en faveur du « pragmatisme local » pour les menus de substitution dans les cantines scolaires.

Au cours de cette conférence à laquelle assistaient ses fervents partisans, dont certains étaient manifestement obsédés par la théorie fumeuse et funeste du « Grand remplacement », si chère aux excités de l’extrême droite française, Hervé Mariton trônait entouré de deux invités de marque : Jonathan Laurence, professeur associé au Boston College, et auteur prolifique sur l'islam, mais aussi et surtout Xavier Lemoine, maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) et vice-président du Parti chrétien-démocrate, connu pour ne pas faire dans la nuance quand il s’agit de dépeindre la présence musulmane sur le territoire national.

"Dans mon département, on assiste à une bascule démographique et culturelle. 40% de la population est musulmane, et 60 à 90% des enfants dans les écoles de ma ville aussi ", a-t-il martelé, en affirmant se baser, non pas sur le même fichage que son homologue et triste sire de Béziers, Robert Ménard, mais sur un « simple constat » qu’il a vu de ses yeux vu, en « passant devant les écoles à la sortie des classes ». Celui-ci a profité de la tribune offerte par Hervé Mariton pour y aller de sa vision alarmiste, notamment en pointant l’évolution des tenues vestimentaires : "Avant c'était jean, t-shirt, et on se faisait la bise, puis c'est devenu jean-foulard et serrage de main, et maintenant c'est le voile et on se salue de loin", a-t-il déploré, en insistant sur la «confusion» de l'islam, et son risque «totalisant».

L’UMP, l’incubateur d’idées sur l’islam que ne renierait pas le FN, poussera jusqu'où le bouchon de l’ingérence dans le culte musulman et du dévoiement de la loi de 1905 ?

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