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Le député Charles Alloncle voit les Frères musulmans partout et amalgame Ghaleb Bencheikh à ces courants

Le rapporteur ciottiste Charles Alloncle, membre de la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, s’est illustré lors de l’audition de Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, par une sortie aussi grave qu’approximative en mettant en cause l’émission Questions d’islam diffusée sur France Culture — et plus particulièrement son animateur, Ghaleb Bencheikh.

Lors de cette audition, Alloncle a notamment ciblé certains contenus du programme, parmi lesquels des épisodes consacrés à la pratique religieuse en entreprise ou encore aux discriminations vécues par les musulmans en France. Il est allé jusqu’à affirmer que Ghaleb Bencheikh aurait participé à des colloques associés aux Frères musulmans « en tant qu’ami », laissant entendre une proximité idéologique.

Des accusations non seulement infondées, mais révélatrices d’une grille de lecture où les Frères musulmans semblent surgir partout dès lors qu’il est question d’islam dans l’espace public. À force de tout amalgamer, le député finit par raconter n’importe quoi, trahissant surtout une méconnaissance manifeste de l’islam, de ses courants, de ses débats internes — et du positionnement intellectuel de ceux qui, comme Bencheikh, s’inscrivent précisément dans une démarche réformiste en rupture avec les lectures politico-religieuses, en faveur d’un islam éclairé et adapté à l’époque moderne.

Aujourd’hui, le niveau de suspicion à l’égard des musulmans confirme une dérive inquiétante : il suffit d’être musulman pour devenir suspect. Parler de discriminations, évoquer sa foi ou participer à un débat public expose désormais à être perçu comme un islamiste potentiel. Dans ce climat, n’importe quel musulman peut être transformé en menace supposée. Interrogé sur les risques liés à la visibilité accordée à de telles figures dans des émissions religieuses, Vincent Meslet a pour sa part reconnu que Radio France n’exerçait qu’un « contrôle limité » sur ces programmes, dans la mesure où ils ne sont pas produits en interne. Une réponse qui, loin d’éclairer le débat, a surtout mis en lumière la fragilité des accusations brandies.

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