in

Trump ne célébrera pas l’Aïd el-Fitr à la Maison Blanche

C’en est-il fini des soirées ramadaniennes à la Maison Blanche ?
Démarrée de manière fracassante, la présidence Trump inaugure une ère nouvelle à bien des égards, de celle qui rompt brutalement avec la tradition, vieille de près de deux décennies et instituée par l’ex-secrétaire d’Etat de Clinton, Madeleine Albright, célébrant l’Aïd el-Fitr en grande pompe dans l’enceinte de la Maison Blanche.
Nul besoin d’être grand clerc pour deviner que le nouvel homme fort de Washington, sinistre artisan du décret anti-immigration, allait volontiers sacrifier ce grand rituel gouvernemental sur l’autel de son islamophobie d’Etat, sans s’embarrasser de formules de politesse, ni de justifications…
Dans les antichambres du pouvoir, les langues se délient au sujet du refus opposé par Rex Tillerson, l’actuel secrétaire d’Etat américain, à la demande du Bureau de la religion et des Affaires mondiales d’accueillir cet événement incontournable, qui était inscrit à l’agenda présidentiel depuis dix-huit ans.
« Les ambassadeurs américains sont encouragés à célébrer le Ramadan, à travers diverses opérations événementielles qui se déroulent chaque année dans le monde », a botté en touche le Département d’Etat via un communiqué officiel des plus laconiques, cité par le Washington Post, sans fournir la moindre explication sur les raisons de la disparition soudaine de ce grand rendez-vous annuel washingtonien, marquant la fin d’une époque.
Si, pour ses prédécesseurs, fêter l’Aïd el-Fitr n’était pas un legs empoisonné, il n’en va pas de même pour le populiste Trump, dont on peut avancer sans risque de se tromper qu’il rechigne à perpétuer une autre tradition entrée dans les us et coutumes de la Maison Blanche : présider un dîner de gala dans le cadre d’un Iftar de prestige, en présence de personnalités musulmanes triées sur le volet, au son d’un « Ramadan Karim » qui lui écorcherait la bouche…
Pour nombre de musulmans américains, encore sous le choc de sa campagne incendiaire et profondément affectés par son ostracisme anti-musulmans, le contraire eût été non seulement stupéfiant, mais aussi très malvenu, et c’est un euphémisme. Un sentiment que partagent pleinement des figures de l’islam aux Etats-Unis, lesquelles ont confié qu’elles n’hésiteraient pas à boycotter les soirées ramadaniennes dont Trump serait l’hôte et le maître de cérémonie.

Publicité
Publicité
Publicité

Commentaires

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Chargement…

0

D’un Traoré à l’autre, ou les limites des mouvements de quartiers populaires

Jacques Faty: « J’ai perdu mon brassard à cause d’une prière avec Ribéry »