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Trouver Dieu seulement dans la pratique religieuse ? (2/7)

Cet article s’inscrit dans une série de 7 sous parties, constituant un dossier sur le soufisme au XXIème siècle, par Shaykh Hamdi ben Aissa.
Pour accéder aux précédentes parties : https://oumma.com/auteur/shaykh-hamdi-ben-aissa/

Jamais un prophète n’a dit que le cheminement vers Dieu devait se faire exclusivement à travers la pratique des rites religieux.

Notre maître Jésus (que Dieu continue de nourrir son être et notre connexion à lui) a enjoint ses apôtres à “aimer son prochain“, et le Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et  notre connexion à lui) a mis en avant la valeur de l’investissement (jihâd) dans la Voie, dans la recherche de Dieu, exigeant de savoir donner, de savoir se donner et s’adonner en totalité, sans retenue, sans mesure. Entièrement.

Par exemple, notre bien-aimé Prophète a décrit Abu Bakr As-Siddiq (que Dieu soit satisfait de nous pour l’amour que nous lui portons) à ses autres compagnons, en disant : “Abu Bakr ne vous a pas précédés ou surpassés par beaucoup de pratiques religieuses, mais il vous a surpassés par quelque chose qui était dans son cœur : l’amour (el mahabba)”.

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C’est dans ce même sens qu’un enseignement prophétique, souvent oublié, nous explique la marche à suivre pour nous rapprocher de Dieu :

« Dieu dit : “Ô Mon serviteur ! J’ai eu faim, tu ne M’as pas nourri.” Le serviteur Lui dit : “Mon Seigneur, Tu es le Seigneur, Tu es le Créateur, Tu n’as jamais faim, c’est Toi qui nourris les affamés. Comment pourrais-Je Te nourrir ?”.  Dieu répondit : “n’as-tu pas su que untel, Mon serviteur, a eu faim et tu avais la capacité de le nourrir et tu ne l’as pas nourri ?” Puis Dieu dit : “Ô Mon serviteur, J’étais chagriné (ou dans une autre narration “assoiffé”) et tu ne M’as pas donné à boire ou tu n’es pas venu Me consoler”. “Comment, Dieu, pourrais-je Te consoler, Toi qui es le Consolateur de toutes les âmes ? Comment, Dieu, pourrais-je Te donner à boire alors que c’est Toi qui donnes à boire à toute la création ?” Dieu dit : “N’as-tu pas su que untel, Mon serviteur sur cette terre, a eu soif, ou a été chagriné et tu avais le pouvoir de le consoler ou de lui donner à boire et tu ne l’as pas fait ?”. Puis Dieu dit “Ô mon serviteur, J’étais malade et tu n’es pas venu Me rendre visite. Le serviteur répondit : “mon Dieu, Tu ne tombes pas malade. Tu es le Guérisseur de toutes les âmes”. Il dit : “Mon serviteur untel était malade et tu le savais, tu étais capable d’aller lui rendre visite et tu ne l’as pas fait. Tu ne savais pas que si tu allais lui rendre visite, tu allais Me trouver chez lui ?”.

Il nous faut prendre toute la mesure de cet appel horizontal qui est bien ici une condition essentielle du cheminement spirituel vers Dieu.

Le fait de répondre à l’appel et aux besoins de notre contexte, d’y découvrir une opportunité de servir, tout cela est la porte même qui permet d’accéder à de nouvelles perspectives dans notre relation à Dieu, si l’on prend la peine de l’emprunter.

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Un certain soufisme a clairement délaissé le développement personnel, ce travail d’élévation de l’âme et des qualités humaines toujours lié à un désir fondamental de servir, au profit d’une soi-disant “initiation” et de la quête d’un bien spirituel.

C’est en ce sens que l’on peut parler ici d’un simulacre de soufisme, un soufisme dans l’extériorité des codes initiatiques, d’un soufisme qui, loin de mettre au travail et de mettre au service, est désir de possession.

C’est pourquoi on peut, dans ce genre de “club”, être confronté à des gens médiocres et petits. Ils se disent spiritualisés, mais humainement, ils ne sont pas des grands hommes et encore moins des hommes de Dieu.

Par Shaykh Hamdi ben Aissa qui remercie l’ensemble de ses étudiants qui travaillent à la retranscription de ses enseignements. Parmi eux, Thalia Archaoui et Félix Sayd pour leur travail de retranscription et de rédaction, ainsi que Siham Lamti, Raphaël Gély et Mahdi Gabriel Rouani pour leur travail de relecture.

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Retrouvez  l’ensemble des enseignements de Shaykh Hamdi ben Aissa en français sur sa page facebook : https://fr-fr.facebook.com/shaykhhamdifr/

Commentaires

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  1. “Le fait de répondre à l’appel et aux besoins de notre contexte, d’y découvrir une opportunité de servir, tout cela est la porte même qui permet d’accéder à de nouvelles perspectives dans notre relation à Dieu, si l’on prend la peine de l’emprunter.”
    Ya Allah permets nous d’emprunter cette porte.
    encore un article fort instructif merci beaucoup

  2. “ما فضلكم أبو بكر بكثرة صيام ولا صلاة ، ولكن بشيء وقر في صدره ”
    (“لا أصل له مرفوعًا كما قال العراقي في “المغني عن حمل الأسفار)
    وعنه السَّخاوي في “المقاصد الحسنة
    “ونسبه إلى بكر بن عبد الله المزني من كلامه ممَّا أسنده إليه الحكيم الترمذي، وهو في”نوادر الأصول

    “Abû Bakr ne vous devança ni par sa prière ni par son jeûne. Il vous devança par une chose installée dans son cœur.”

    Récit rapporté par Al-Ghazâlî ; d’après Al-`Irâqî. . Il fut rapporté par At-Tirmidhî, dans Nawâdir Al-Usûl selon Bakr Ibn `Abd Allâh Al-Muzanî. Cf Al-Maqâsid Al-Hasanah d’As-Sakhâwî, p. 196.
    Cette parole est aussi attribuée à Abû Bakr Ibn `Ayyâsh, dans Minhâj As-Sunnah An-Nabawiyyah d’Ibn Taymiyah, vol. 8, p. 493.

    • السلام عليكم و رحمة الله
      Mon devoir est de partir du principe que vous n’y avez pas prêté attention mais la traduction française que vous donnez ne dit pas du tout la même chose que le texte en arabe
      لا أصل له مرفوعًا
      Qui au passage n’apparait pas du tout dans la version française, est une phrase qui dans ce domaine signifie
      لا أصل له مرفوعًا الي رسول الله
      Ce qui peut être traduit par « personne ne dit nulle part que c’est le messager de Dieu qui l’aurait dit », pas un hadith quoi… Hé oui
      Autre souci et non des moindres, écrire : « Il » fut rapporté par At-thirmidii pourrait en implicite laisser supposer que ce… « il », un hadith what else, a en fait été rapporté par At-tirmidhi l’un des six
      Pas de bol, ce que dit le texte arabe est un chouya – trois fois rien-, à 180° de cette affirmation tendancieuse puisque ledit texte que vous-même donnez dit ceci :
      Pas un hadith comme le dit Al Iraqi lui-même cité par Al Sakhaoui dans… Et il l’attribue –comme parole ndlr-, à Bakr bnou abdillah al mouzani entre autres de ses paroles… (Min kalamihi n’est-ce pas) qui lui sont attribuées par hakim al tirmidhi dans …
      Enfin et pas du tout pour chipoter le hakim al tirmidhi auteur de nawadhir al oussoul dont il est question est un certain
      محمد بن علي الحكيم الترمذي أبو عبد الله
      Qui n’a rien à voir avec l’imam (un sur six) auteur notamment de sunan al tirmidhi…
      محمد بن عيسى بن سَوْرة بن موسى بن الضحاك، السلمي الترمذي، أبو عيسى
      Merci

  3. Salam aleykoum

    Votre texte semble assez décousu. Beaucoup de concept non défini. Quelques notions, mais pas vraiment de pensée. Où vous voulez en venir exactement ? Peut-être vous pouvez nous aider a mieux vous comprendre.

    Vous avez mis en citation la phrase suivante: Abu Bakr ne vous a pas précédés ou surpassés par beaucoup de pratiques religieuses, mais il vous a surpassés par quelque chose qui était dans son cœur : l’amour (el mahabba).

    En dehors des questions de “validité” prophétique de cette parole dans la science du hadith, je n’ai jamais vu cette phrase sous cette variante où il est explicité ce qu’est ce “quelque chose qui est dans son coeur”. Vous avez écrit “l’amour (el mahabba)”. Pouvez-vous nous dire la référence de cette variante ? Il ne faudrait pas qu’on puisse vous accuser de mentir sur le compte du Bien-Aimé Prophète en mettant des citations là où il ne devrait pas y en avoir.

    Vous semblez avoir une manie de parler des “autres” comme si vous n’étiez de facto pas concerné. Êtes-vous certain de ne pas être vous même concerné pas ce que vous appelez les “clubs soufis” ?

    Que Dieu vous protège

  4. “Notre maître Jésus … et le Prophète Mohammed”
    Le “Notre” et le “le” indique tout de même un choix dans le texte. Se soumettre à Dieu c’est pratiquer Sa Religion Agréée. La pratiquer ne signfie pas que nous somme muumin mais que nous souhaitons le devenir. Sans pratique point d’élévation sauf si Dieu veut.

    • Quelques lignes plus loin, il est écrit “notre bien-aimé Prophète Mohammed”… pour lire souvent les articles de Shaykh Hamdi ben Aissa, je pense que “notre Maître” est la traduction de “Sayyidna”, voilà tout…

  5. Je vous cite
    « Par exemple, notre bien-aimé Prophète a décrit Abu Bakr As-Siddiq (que Dieu soit satisfait de nous pour l’amour que nous lui portons) à ses autres compagnons, en disant : “Abu Bakr ne vous a pas précédés ou surpassés par beaucoup de pratiques religieuses, mais il vous a surpassés par quelque chose qui était dans son cœur : l’amour (el mahabba)”. »
    Ah il a dit ça, notre bien-aimé prophète ? Sans blagues…
    C’est déjà « la croix et la bannière » pour rétablir la vérité et combattre les pseudos-ahadiths innombrables qui ont façonné une religion qui n’est pas celle de Dieu –Celui d’Abu huraira rapporté par Muslim que vous citez en deuxième lieu par exemple oui, entre autres…-, alors si en prime, vous prenez des paroles de salafs a-no-nymes et que sans la moindre hésitation vous osez les attribuer –aussi – au messager, tant qu’à faire n’est-ce pas… Le prophète à dit si je veux quoi
    Je résume, ça n’est pas un hadith dont nous pourrions éventuellement examiner l’authenticité et surtout le contenu, ça n’en est même pas un, de hadith…

    https://binbaz.org.sa/fatwas/17185/%D8%A8%D9%8A%D8%A7%D9%86-%D9%81%D8%B6%D9%84-%D8%A7%D8%A8%D9%8A-%D8%A8%D9%83%D8%B1-%D8%B1%D8%B6%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%84%D9%87-%D8%B9%D9%86%D9%87-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%AD%D8%B0%D9%8A%D8%B1-%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A7%D9%81%D8%B6%D8%A9

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