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Submiters : un miracle sinon rien (suite et fin)

En effet, pourquoi ne pas d’emblée se réjouir de la « démonstration mathématique » de l’immuabilité du Coran, et l’accueillir de suite comme la résolution d’une énigme qui a fait réfléchir tant de penseurs musulmans, qui a fait couler tant d’encre et qui enfin devrait corroborer de manière irréfutable, à qui voudra bien nous écouter, l’authenticité absolue du Coran ? Car l’examen au premier abord des éléments de corrélation présentés sur le site

C’est en cela que les thèses des submiters laissent à désirer. Elles paraissent largement insuffisantes sur toutes les conclusions extrapolées, de même qu’elles souffrent d’absence de tout véritable projet. Ainsi nous dit-on, Allah dévoilerait, 1406 ans après la révélation du Coran, tous les mystères des Cieux et de la Terre sans autre volonté que d’attester de l’authenticité de Son Ecriture et d’enjoindre à ne vénérer que Lui, à pratiquer la Zakat, à douter des Hadiths et de la Sounnah… Tout ça pour ça, aurait-on presque envie de dire.

Cela pour le moins nous paraît curieux.

Mais nous avons d’autres arguments que nous ne développerons pas dans ce texte, appuyant la certitude que les extrapolations de la révélation du « miracle mathématique », sont contradictoires sur plusieurs points avec d’autres événements tout aussi importants.

 

 

Voici pour l’heure ce qui nous paraît raisonnable de dire sur cette affaire :

Notre position ne se fonde pas sur une méfiance primaire par rapport à tout concept nouveau lié au Coran, aussi surprenant soit ce concept, car nous avons une foi ferme dans le Coran et dans l’œuvre accomplie par le Prophète Mouhammad.

Notre position n’est pas non plus une attitude acharnée contre tout ce qui semblerait bafouer une certaine tradition théologienne, car nous avons appris à nous prémunir contre le discours officiel sur l’Islam ou le discours de l’Islam officiel.

Notre position n’est pas non plus l’expression d’une mentalité colonisée qui chercherait à minimiser l’impact du Coran, car nous avons systématiquement recherché sa justification par sa cohésion avec les événements historiques, comme nous avons toujours soutenu son caractère authentiquement révélé, mais nous n’avons jamais fondé notre réflexion uniquement sur des miracles, car si nous devions tout expliquer par les miracles, nous pourrions dès à présent nous abstenir de réfléchir et rentrer dans une foi passive.

Notre position n’est pas motivée par un hypothétique orgueil qui situerait le Dr Rashad comme un rival des thèses intellectualistes d’un certain Islam académique que nous chéririons, car notre spiritualité est existentielle, c’est-à-dire qu’elle ne se justifie que dans son accomplissement, et son accomplissement ne se fait qu’en libérant et en sauvant notre prochain, et pas en lui assénant des discours imbues ou dogmatiques.

Notre position ne consiste pas à exprimer un hypothétique « droit de veto » sur ce qui serait admissible et ce qui ne le serait pas, selon notre propre jugement, car nous nous gardons bien d’autoproclamer notre point de vue infaillible.

Notre position n’est pas dictée par un reniement obstiné du défunt Dr Rashad (qui aurait identifié son nom même dans le Coran ) &

 

Nous trouvons, comme nous l’avons déjà signalé, que des éléments de vérité évoqués par le Dr Rashad tels que le caractère réfutable des Hadiths, la contestation de l’idolâtrie des personnages religieux fussent-ils prophètes, la nécessité de vouer les cultes à un Seul et Unique Dieu, le rejet du mythe de l’intercession, le rejet de nombreuses interprétations théologiennes corrompues, la nécessité de ré-expliquer et de purifier les Ecritures, l’impératif de réunir les juifs, les musulmans et les chrétiens, dans une même vocation spirituelle, sont tout autant de points de vues que nous partageons volontiers. Cependant, ces vérités apparaissent comme noyées, dans la thèse du Dr Rashad, dans un ensemble moins cohérent d’affirmations plus douteuses et plus radicales à la fois.

 

 

Nous laisserons aussi en suspens la question de savoir si ceux qui disent représenter de bonne foi le Dr Rashad n’affichent pas au passage leurs thèses personnelles avec des extrapolations que le Dr Rashad n’aurait peut-être quant à lui pas affirmé.

 

 

Mais notre position s’appuie sur une inquiétude quant aux conséquences irrémédiables des interprétations et extrapolations des thèses soutenues par le Dr Rashad, dont voici énumérées les plus dangereuses :

 

 

D’abord on relève ce passage suivant dans les affirmations des submiters  :

 

 

« les lecteurs hypocrites – ceux qui lisent le Coran pour y trouver des erreurs – sont détournés du Coran [7:146, 17:45, 18:57, 41:44]. En fait, les forces invisibles de Dieu les aident à trouver les fautes qu’ils cherchent. Étant donné que le Coran est parfait, ces ’erreurs’ ne servent qu’à révéler la stupidité des ennemies de Dieu. »

 

 

 

Une telle véhémence met en garde quiconque n’adopterait pas de suite les thèses du « miracle mathématique », et clôture le débat avant de l’avoir commencé. Cette démarche qui est une utilisation du Coran intentionnellement coercitive n’est propice qu’à jeter l’anathème et encourager les fanatismes dont l’islam à déjà beaucoup souffert.

 

Si tout le Coran, en l’état de sa compilation, a été construit autour d’une combinaison de codage secret chiffré, et avec la projection de dévoiler dans le futur ce codage par un homme dont le nom prémonitoire aurait figuré depuis toujours dans le Coran, alors il n’y aura plus de limite à l’exaltation des ésotéristes et des numérologistes de tout bord, et des théologiens du déterminisme absolu et de la prédestination. Cela voudrait dire aussi qu’Allah aurait consacré quasiment plus d’importance au contenant qu’au contenu, jusqu’au point de diffuser Sa Parole compilée dans le désordre avec le risque d’une part de la rendre inintelligible, et d’autre part de la voir fétichisée tout en contestant contradictoirement toute idolâtrie. L’enfermement dans l’ésotérisme justifié et la fétichisation d’un Coran quasi magique, ne pourraient qu’entraîner la recrudescence de la superstition alors que le Dr Rashad la conteste. En effet si la Coran se trouve auréolé du mystère de l’inexplicable dont le sens n’est réservé qu’à un homme désigné de droit divin, il n’encouragera plus le raisonnement humain (ijtihad) ni l’épanouissement spirituel, qu’il culpabilisera au contraire et rendra méprisables car insuffisants pour comprendre ses arcanes. Or un tel sentiment favorisera la superstition et le retour à l’irrationnel. Ce n’est plus Allah, mais le Coran et tout ce qu’il englobe comme puissance et mystère, qui deviendra vite l’objet d’un culte, paradoxalement. Aussi, n’est-il plus question de maturation de l’esprit du croyant dans l’exégèse puisque les seuls versets coupables sont identifiés parait-il : « les deux faux versets [9:128, 129] ». Que devient alors le rapport entre les versets et les circonstances de leur révélation, seule méthode d’analyse objective et instructive pour rendre intelligible le sens d’un très grand nombre de passages du Coran ? Sur ce détail, les théories du Dr Rashad jettent un voile obscur.

Quant à la question de l’immuabilité du Coran, tant soutenue par la tradition théologienne pour contrecarrer toute analyse historique rationnelle &

 

« Dévoiler la date de la fin du monde » fait partie des fonctions du Messager du Pacte envoyé par Dieu selon Dr Rashad. On imagine aisément l’attentisme qui s’ensuivrait. Ce serait un véritable retour à une sorte de millénarisme médiéval. Le monde n’a plus qu’à prier en attendant la date fatidique. On imagine plus difficilement le Créateur confiant une telle date à un homme. Mais ce qui est plus absurde, c’est qu’une telle date puisse être annoncée ouvertement. La notion de ghayb n’a plus lieu, et voilà Dieu qui ferait étalage de tous Ses secrets sans s’inquiéter des délires qui pourraient en découler.

 

 

La description eschatologique du rôle de l’homme sur la terre selon le Dr Rashad, le détail des différents Paradis, Purgatoire et Enfer, le secret de la fin du monde, voilà tout un ensemble d’informations dont raffolent une certaine catégorie de croyants. Curieusement, quasiment toutes les informations cruciales avancées par le Dr Rashad, se calquent de très près sur un imaginaire collectif religieux. Ces révélations apparaissent comme une sorte d’exutoire laissant ressurgir les tréfonds de l’anxiété religieuse populaire avec tout son cortège de djinn, d’ordonnancement des Cieux, de châtiment fatidique, de querelles célestes, de possession. Il ne faudra pas s’étonner par exemple de voir proliférer les rites d’exorcisme quant on pense que, toujours selon de Dr Rashad, les djinns et les hommes cohabitent dans le même corps, et que l’un cherche à désorienter l’autre. En effet, il ne tardera pas à venir à l’esprit d’un marabout bien intentionné qu’une bonne séance d’exorcisme pourrait résoudre définitivement le problème.

 

 

Puisque les âmes sont déjà apprêtées et attendent dans un reposoir, selon le Dr Rashad, et que leur attribution au nouveau né lui prescrit d’emblée une partie de sa destinée, alors l’homme ne participe plus beaucoup à la construction de son âme ; il lui est juste alloué le droit de se racheter par une vie d’observance rituelle et religieuse. On devrait assister assez vite à une floraison du cultuel au détriment du spirituel, car l’homme devra s’acquitter d’abord de son devoir de musulman et en suivant de préférence le Coran à la lettre, car jusqu’au moindre signe diacritique, le Coran sera irréfutable plus que jamais. Autrement dit, il ne viendrait plus à l’esprit de quiconque d’avancer l’hypothèse hasardeuse qu’il faudrait adapter le Coran à son époque, ou qu’il serait sage de le considérer comme une Ecriture à l’interprétation évolutive, ce qui est d’ailleurs le propre d’une Parole révélée en fonction des circonstances. Le malheureux qui oserait affirmer cela serait vite désigné comme mécréant. Le mépris d’ailleurs affiché aux intellectuels musulmans n’augure rien de constructif. On remarquera qu’en terre d’Islam, les premiers sur lesquels pèse la réprimande du radicalisme religieux sont toujours d’abord les femmes et ensuite ceux considérés comme des intellectuels.

 

 

L’observance religieuse en perspective à laquelle on enjoint formellement le croyant se traduit aussi par l’importance affichée de la Zakat (aumône légale) qui est entendu comme le correcteur social fondamental ; comme si aujourd’hui, aucune perspective de réforme sociale, de nouvelles mesures équitables, d’initiative humaine et humanitaire, que l’imagination et la créativité de l’être humain pourrait concevoir pour aider son prochain, ne pouvait avoir autant de sens que la Zakat car parmi les fonctions du Messager du Pacte il est prévu de « Proclamer que la Zakat est indispensable pour celui ou celle qui veut se racheter aux yeux de Dieu [7:156] et expliquer la bonne méthode pour la donner  ». L’homme n’est plus co-créateur et responsable de ce monde que Dieu lui a confié, et il n’est plus en demeure de l’améliorer en s’améliorant, il n’est plus que le dépositaire d’un rite à suivre scrupuleusement pour se racheter. Car se racheter devient la finalité de tout acte humain. Il n’est guère question d’épanouissement spirituel ni même de véritable projet de société. Or l’avènement du Coran a profondément bouleversé les règles de la société préislamique, et doit rester perpétuellement un moteur de réforme constructive plutôt qu’un moyen de coercition ou un levier réactionnaire.

 

 

L’absence de tout véritable projet de société dans les perspectives du Dr Rashad, telles qu’affichées par ses adeptes, inquiète d’autant plus qu’une fois considéré la justification du « miracle mathématique », le musulman n’a plus vraiment à se remettre en cause. Il est déjà musulman, lui ; et cela est un dû puisque l’âme qui a été attribuée à son corps physique de musulman méritait certainement son corps de musulman en terre d’Islam. C’est plutôt aux autres (les juifs, les chrétiens et le reste) de reconnaître leur erreur et de se convertir en masse pour se racheter. Nous voilà de plein pieds dans le triomphalisme musulman attentiste. Ce schéma traduirait un sentiment de revanche profondément ancré dans la mémoire collective musulmane. Il correspond exactement aux attentes, comme nous l’avons relevé précédemment, d’un certain imaginaire religieux. Il ne faudra donc pas s’attendre à une remise en question profonde de nos sociétés musulmanes, critiquables à plusieurs égards, dans un monde arabo-musulman auréolé de la gloire du « miracle mathématique ». Beaucoup de traditionalistes réfractaires à toute ouverture ou libre réflexion en Islam en dehors des jalons qu’ils ont établis, étaient déjà convaincus de l’immuabilité du Coran ; alors avec le « miracle mathématique », ils pourront jubiler davantage en continuant à ignorer le mal auquel ils ont participé en infligeant une régression incommensurable à toute la société musulmane.

 

 

Nous avons relevé aussi les passages de la thèse du Dr Rashad insinuant clairement par l’interprétation qu’il fait d’un verset [74 :31] que ceux qui n’admettraient pas séant le « miracle mathématique » ne seraient que « ceux qui ont une maladie au cœur ainsi que les mécréants ». Cela en dit long sur l’avenir du monde musulman sous la houlette du « miracle mathématique ».

 

 

C’est pour toutes ces raisons que le projet d’Allah que nous pensons constructif nous paraît loin des affirmations du Dr Rashad, ou de ceux qui ont repris ses thèses. Mais Allah Seul détient la Vérité.

 

 

Ces conclusions, nous les avançons en notre âme et conscience. Nous affirmons qu’un être humain ne se rachète pas par ce qu’il croit ou ce qu’il ne croit pas, pas plus que par l’exercice d’un rite ou d’un autre, mais bien par l’accomplissement du monde en bien. Nous pensons que même un athée peut être dans les Pas de Dieu sans le savoir, et construire son âme, pour peu qu’il accomplisse de tout son cœur le bien et ni ne juge ni ne nuit à son prochain. Nous pensons que le monde ne changera et que l’homme ne se rachètera devant le Créateur que si le cœur de l’homme change. Or les thèses du Dr Rashad, et l’ésotérisme en général, ne changent en rien le cœur de l’homme, bien au contraire, ils risquent de l’endurcir dans des convictions radicales, et le conduire à confondre les voies de la pénitence avec celles de la passion et de la superstition. Nous souhaitons que nos frères croyants qui se laisseraient séduire par les thèses du Dr Rashad n’oublient jamais que nous ne leur vouons ni mépris, ni condescendance, mais que nous espérons avec une main tendue vers eux, garder l’Islam et les musulmans unis vers un monde meilleur et digne devant la Face de l’Eternel et pour Sa Gloire. Car pour eux comme pour nous, Islam veut dire soumission à Allah.

 

 

Enfin, pour terminer, nous souhaitons soumettre juste une question aux lecteurs, et quelques éléments à ceux d’entre eux qui voudraient creuser le problème par le calcul (sans préjuger du résultat).

 

 

Nous les invitons à réfléchir à la question suivante :

Qui aurait intérêt à affirmer qu’un descendant de Satan, le djinn, cohabiterait intimement et indissociablement avec l’être humain, dans le même corps ?

 

 

Les corrélations du « miracle mathématique » se basent essentiellement sur les nombres et numéros de sourates, les nombres et numéros de versets, et le nombre des initiales ; la dite protection du Texte coranique contre toute falsification se fonde sur les contraintes de ses corrélations.

Or curieusement, le nombre de mots et la nature même des mots composants le Texte coranique pourraient être modifiés sans enfreindre ses contraintes, de même que les mots pourraient être interchangés d’un verset à l’autre. Autrement dit, un mot peut très bien être remplacé par un autre sans trahir la règle. A la limite même, un mot pourrait être réécrit avec les mêmes lettres et le même nombre de lettres sans modifier apparemment les corrélations. Fondamentalement, cette règle ne serait donc pas infaillible.

 

 

Par ailleurs, pour essayer d’approcher la corrélation suivante (figurant parmi les corrélations présentées) et évaluer son infaillibilité :

 

 

« Le nombre total de versets dans le Coran est de 6346, soit 19 x 334 (6234 verset numérotés et 112 verset non numérotés (Basmalla). 6234 + 112 = 6346. Notez aussi que 6+3+4+6= 19 »

 

 

nous avons écrit ce petit programme extrêmement simple (en java) pour trouver tous les multiples de 19 dont la somme des chiffres soit égale à 19.

 

 

/////// début du programme

public class nombre19

static int x,y,z,t ;

static public void main(String[] args)

for (x=0 ; x<9 ;x++)

for(y=0 ; y<9 ;y++)

for (z=0 ; z<9 ; z++)

for (t=0 ; t<9 ; t++)

 

 

if((((x*1000)+(y*100)+(z*10)+t)%19 == 0)&&(x+y+z+t==19))

System.out.println(x+’’+y+’’+z+’’+t) ;

 

 

 

 

 

 

/////// fin du programme

 

 

(Note : en modifiant la clause conditionnelle de ce petit programme, le lecteur intéressé pourrait évaluer de même d’autres corrélations)

la liste de nombres (colonne de gauche) données par ce programme permet de tester différentes combinaisons du nombre total de versets :

 

 

nbr versets

nbr -112

nbr/19

nbr/19 – 334

874

762

46

1387

1275

73

1558

1446

82

2584

2472

136

2755

2643

145

3268

3156

172

3781

3669

199

4465

4353

235

4636

4524

244

4807

4695

253

5662

5550

298

5833

5721

307

-27

6175

6063

325

-9

6346

6234

334

0

6517

6405

343

9

7372

7260

388

54

7543

7431

397

63

7714

7602

406

72

8056

7944

424

90

8227

8115

433

99

8740

8628

460

126

 

Par exemple : si le Coran comportait 6517 versets (répartis en 114 sourates) dont 112 Basmalla, soit 6517 – 112 = 6405 versets numérotés, on aurait aussi 6+5+1+7 = 19 et 6517 = 19 x 343. Pour cela, il faudrait ajouter au Texte original 9 x 19 versets. L’exercice consiste à trouver l’endroit (les sourates) auquel rajouter ces versets sans perturber les autres corrélations. On évitera par exemple de les rajouter entre les deux Basmalla de la sourate 27 entre lesquelles sont comptés 342 mots. Pour la suite, on laisse le soin au lecteur intéressé de poursuivre la recherche. Nous le prions juste de nous dire si à l’issue d’un tel exercice, il sent que sa spiritualité s’est élevée…

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