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Samir Nasri tacle Didier Deschamps et la France

Il fut longtemps le « petit prince du ballon rond », Samir Nasri fait désormais partie de ces Bleus mal-aimés, voire même à abattre, dans une France en proie à une exaltation malsaine dès qu’il s’agit du sport roi, plus proche du lynchage du multiculturalisme que de l’engouement pour le onze Tricolore.

Une France pétrie de contradictions, à la fois impatiente de vibrer à l’heure brésilienne et très critique envers les masses d’argent brassées par le football, à la fois aveuglée par le nationalisme revanchard mais prête à s’enflammer en cas de victoire de son équipe nationale, sur laquelle plane plus que jamais le spectre de la tragi-comédie du Mondial 2010, mais aussi de l’ex-oligarque Sarkozy dont la vulgarité, la dérive droitière et la fixette électoraliste sur la Marseillaise auront fait sauter toutes les digues.

Si les véritables artisans du dévoiement des valeurs républicaines se trouvent davantage dans les antichambres du pouvoir, voire sur le trône de notre monarchie qui ne dit pas son nom que sur les terrains de football, ce sont les Bleus que l’on accuse de souiller le maillot, à l’instar de Samir Nasri qui, en 2012, a eu le triste privilège de faire la Une du journal d’extrême droite « Minute », tout en étant la cible d’une diatribe assassine de Zemmour.

Renvoyé à ses origines, quand certains de ses co-équipiers sont renvoyés à leur islamité ou à leur couleur de peau, affublés des noms d’oiseaux de « caïds ou de racailles » dans une rhétorique populiste bien huilée et dangereusement banalisée, Samir Nasri ne supporte manifestement plus la crispation identitaire à la française qui châtie bien ceux qu’elle adore détester. Alors qu’il ne se fait plus d’illusions sur sa sélection pour le Mondial, ce dernier n’a pas tourné autour du pot pour tacler Didier Deschamps et exprimer son ressentiment à l’égard de la France

Pour être honnête, si j’avais à évaluer mes chances aujourd’hui, ce serait 70/30 contre moi. Si j’arrive à avoir Didier Deschamps au téléphone et que nous avons une discussion honnête, je saurai où j’en suis. Je pourrais savoir : OK, j’ai fait ça mal. Je dois changer ceci ou cela pour aller à la Coupe du monde”, a-t-il confié au quotidien britannique Telegraph.

Depuis quelques temps en France, si vous êtes un footballeur professionnel, votre image est très mauvaise. Il y a une crise économique en France. Le gens pensent que les footballeurs ont trop d’argent, qu’ils sont arrogants, mal élevés. Ce n’est pas bien. Si vous êtes issus d’une communauté, c’est encore pire. La France a beaucoup changé. Je n’aime pas ça. J’aime l’Angleterre, j’aime Londres. C’est très fort pour moi d’être ici. C’est l’endroit où je peux imaginer mon futur», a lâché Samir Nasri dont le rêve « Black, Blanc, Beur » s’abrite désormais sous un autre étendard que l’étendard Tricolore.

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