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Une savoyarde interdite de vol pour les Etats-Unis à cause de son nom pris pour « Al-Qaïda »

Pour partir l’esprit tranquille chez l’oncle Sam, gare aux homonymies ou aux anagrammes des patronymes qui rendent brutalement infréquentables et indésirables à bord des compagnies aériennes !  

Aida Alic, 33 ans, une savoyarde née en Bosnie-Herzégovine, qui s’apprêtait à s’envoler mercredi en compagnie de son mari, Sébastien Michel, et de leurs enfants, pour la destination de ses rêves, est restée bloquée sur le tarmac de l’aéroport de Genève, frappée de la terrible disgrâce de l’interdiction de vol qui l’a d’abord laissée interdite, avant de réaliser en consultant les sites de l’administration américaine que la consonance de son nom n’était peut-être pas étrangère à son classement d’office dans les obscures « no-fly list ».

De Aida Alic à Al-Qaïda, il n’y avait qu’une improbable similitude, sonore ou graphique, à établir qui a manifestement sauté aux yeux des autorités américaines, lesquelles, ignorant le doute, n’ont pas hésité à gâcher les vacances de toute une famille qui les attendait avec impatience depuis plus d’un an.

"Dans le cas présent, si l'administration américaine émet une interdiction d'entrée pour un citoyen, qu'il soit Suisse, Français ou autre, c'est notre devoir d'empêcher la personne de monter à bord. Si la personne arrive à New York, on est en tort", a insisté un porte-parole de la compagnie aérienne Swiss, en précisant que la compagnie ne connaissait jamais les motifs des interdictions.

Comme un avant-goût de l’arbitraire américain qui peut sévir à tout moment, la jeune femme, conseillère en formation, a découvert en Suisse les joies de cette spécificité tyrannique « made in US » qui met sur des listes noires des citoyens ordinaires, surtout s’ils sont arabo-musulmans, ou ont un nom un peu trop arabisant, ou en l’occurrence un peu trop évocateur d'une organisation classée terroriste, sans justification, sans égard, et sans autre forme de procès.

"Je ne veux pas en rester là, je veux comprendre. J'estime que c'est injuste", a déclaré l’infortunée Aidac Alic à l’AFP, à qui cette mésaventure aura coûté 2 700 euros et beaucoup coûté à sa dignité. Celle-ci, déterminée à obtenir des explications, compte écrire au Premier ministre, au président de la République ainsi qu’à l’administration américaine. Reste à savoir si ses courriers ne finiront pas à la poubelle à la seule vue de son nom qui, après avoir créé l’émoi dans les hautes sphères, risque fort de les gêner aux entournures…

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