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Sadiq Khan, le maire de Londres, appelle à annuler la visite d’Etat de Trump au Royaume-Uni

Sadiq Khan describes President Trump's travel ban as "cruel an…

"While there is a cruel…and shameful ban in place, we should not be rolling out the red carpet for the President of the United States of America."Sadiq Khan, Mayor of London, responds to President Donald J. Trump's travel ban on Syrian refugees and nationals from seven majority-Muslim countries. President Trump says he is not banning Muslims from the US.

Publié par Channel 4 News Democracy sur lundi 30 janvier 2017

On le savait, la démagogie de caniveau et les violents coups de boutoir de Donald Trump, le candidat républicain d’hier qui se rêvait un grand destin, n’étaient pas la tasse de thé de Sadiq Khan, le maire de Londres. Mais le décret sur l’immigration, honteusement anti-musulmans, qui porte son sceau de président fraîchement intronisé et franchit un nouveau palier dans l’abjection, lui inspire aujourd’hui la plus grande répugnance.

La voix de l’édile dont l’islamité avait été raillée par le nouvel homme fort de Washington, à coup de sarcasmes « trumpiens » pur jus, s’élève au-dessus de la clameur d’indignation qui monte un peu partout, aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, pour dire haut et fort combien lui fait horreur ce racisme d’Etat « cruel et offensant » qui risque fort de se briser sur les récifs de l’anticonstitutionnalité.

Loin d’user de la langue de bois lénifiante ou de se retrancher derrière le paravent de son devoir de réserve, Sadiq Khan laisse au contraire éclater son vif mécontentement et tape du poing sur la table en appelant à annuler la prochaine visite d’Etat de Donald Trump à Buckingham Palace et au 10 downing Street. A l’unisson de 1,5 million de ses concitoyens qui ont signé la pétition exhortant Theresa May à revenir instamment sur sa décision, il hausse le ton pour que la deuxième femme Premier ministre après Margaret Thatcher entende la colère qui gronde dans tout le royaume, sauf à vouloir déshonorer la couronne britannique.

Interrogé par une journaliste, le premier magistrat de l’une des capitales européennes les plus rayonnantes, place forte de la finance islamique en Occident, n’a pas tourné autour du pot (voir vidéo ci-dessous dans sa version originale ) :

« La visite d’Etat de Donald Trump au Royaume-Uni ne devrait pas avoir lieu. Je serais épouvanté que notre Premier ministre, Theresa May, consente à le recevoir sur notre territoire national. Ma position est très claire : aussi longtemps que l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis, cruelle et honteuse, frappera des populations musulmanes respectueuses des lois et pacifiques, en raison de leur appartenance religieuse et de leur pays d’origine, majoritairement musulman, nous ne devrions pas dérouler le tapis rouge pour le président américain.
Nous sommes souvent en désaccord avec les différents chefs de gouvernement d’autres pays. Mais quand il s’agit d’un allié proche, avec lequel on entretient une relation privilégiée, qui conduit une politique aussi offensante, cruelle et honteuse, alors on se doit de le dire et de le condamner.

Isis, Daesh affirment que les valeurs occidentales sont incompatibles avec l’islam, que l’on ne peut pas être à la fois occidental et musulman. Mais nous savons pertinemment qu’il y a des occidentaux, dont je fais partie, qui sont tout à la fois fiers d’être occidentaux et musulmans, et de pratiquer leur foi. Il y a des milliers d’Américains qui se disent fiers d’être américains et musulmans. Il y a aussi des millions de gens de par le monde qui sont fiers d’être musulmans, qui aiment l’Amérique et sont désireux de la découvrir et d’y séjourner. Trump, involontairement peut-être, fait le jeu d’Isis et Daesh et alimente ce préjugé. Le mauvais message qu’il envoie en fermant les frontières aux ressortissants de sept pays musulmans se résume ainsi : vous ne pouvez pas être un musulman pieux et pratiquant, aimer l’Amérique et vouloir la visiter ».

S’il y a peu encore, Sadiq Khan, propulsé aux plus hautes destinées municipales, aurait volontiers accueilli sur ses terres le populiste américain à seule fin de faire la leçon à cet « ignorant », selon ses propres termes, il serait plus enclin à présent à lui faire subir le même sort outrageant que ce dernier veut réserver aux ressortissants ostracisés de sept pays musulmans blacklistés : lui barrer l’accès, voire le bouter hors du royaume de Sa Gracieuse Majesté.

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