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Royaume-Uni : une exposition rend hommage à la bravoure des soldats indiens musulmans lors des deux guerres mondiales

Ce n’est pas seulement sous l’effet de l’inexorable érosion du temps que la flamme de la mémoire vacille, et que le souvenir du lourd tribut payé par des milliers de soldats indiens musulmans aux deux guerres mondiales (14-18 et 39-45) se fait de plus en plus évanescent…

Enseveli sous les cendres du passé, rares sont ceux qui, au Royaume-Uni, connaissent le sacrifice consenti par ces valeureux combattants qui gonflèrent les rangs de l’armée de l’Empire britannique, et emportés par les violents tumultes de deux conflits cataclysmiques, tombèrent au champ d’honneur et dans les abîmes de l’oubli.

C’est précisément pour les extraire des oubliettes de la grande Histoire et leur rendre l’hommage qu’ils méritent qu’une belle exposition intitulée « Quand la neige fond : les guerres mondiales, les soldats de l’empire et les soldats musulmans », abritée dans une galerie d’art à Nottingham, vient d’ouvrir ses portes.

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Alors que les rangs des grands témoins de ces deux pages funestes du début du XXème siècle sont de plus en plus clairsemés, la présence à l’inauguration d’Inayet Ali, 99 ans, un héros de la Seconde Guerre mondiale à la stature imposante, sur lequel le temps semble ne pas avoir eu de prise, a fait forte impression.

Entouré de deux de ses petits-fils, Nadeem Fayaz, 30 ans, et Waseem Ishaq, 45 ans, remplis d’admiration devant le portrait de leur grand-père qui y est exposé, Inayet Ali, assailli de questions par les journalistes britanniques, a confié son immense émotion. Le vieil homme ne pouvait détacher son regard de la vitrine derrière laquelle son uniforme militaire et certaines des médailles qui récompensèrent son courage et son abnégation ont été soigneusement disposés.

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« Je suis arrivé à Nottingham en mars 1960. Ma génération a servi à sauver les alliés de leurs ennemis », a-t-il déclaré sobrement, avant d’avoir une pensée émue pour les grands absents, pour ses frères d’armes musulmans mais aussi non musulmans qui ne sont plus là pour découvrir l’exposition qui leur est dédiée. « C’est triste de venir ici parce que tout le monde est parti. J’ai presque l’impression d’être la dernière personne debout, alors oui, je suis profondément triste », s’est-il épanché d’une voix tremblante qui trahissait sa peine.

« Si je pouvais exiger quelque chose en échange de ma loyauté à la Couronne britannique, je demanderais au gouvernement d’intervenir au Cachemire avant qu’il ne soit trop tard, avant que la situation ne s’aggrave », a-t-il ajouté avec gravité.

Très touché par l’extraordinaire dignité de son grand-père, Nadeem Fayaz fait partie de cette jeune génération britannique de confession musulmane pour qui le devoir mémoriel est d’autant plus impérieux qu’il a des vertus éminemment éducatives et fédératrices. « Cette exposition est géniale ! Il faudrait qu’il y en ait d’autres ailleurs, dans le reste du royaume ! », s’est-il enthousiasmé.

  Inayet Ali aux côtés de ses deux petits-fils

Alors qu’elle est encore très vacillante, nombreux sont ceux qui, de l’autre côté de la Manche, ont pris conscience de l’urgence d’alimenter la flamme de la mémoire et de la rendre même très vivace, car elle seule a la faculté d’éclairer le passé pour mieux illuminer le présent.

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Un petit rappel historique : près de 1,5 million de combattants indiens musulmans furent enrôlés dans les rangs de l’Empire britannique au cours de la Première Guerre mondiale. 74 000 d’entre eux sont morts au front, plus de 8 500  les armes à la main, et plus de 50 000 en ont porté à vie les graves séquelles.

 

 

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2 commentaires

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  1. moins d’ingratitude de l’autre côté des eaux!
    En Australie ces dernières années, on voit de moins en moins de “blancs” fêter l’arrivée des anglais dans ce pays et de plus en plus d’asiatiques ( chinois, indous, philippins…) qui, opportunément, mettent plus d’enthousiasme” lors de la fête !
    les “blancs” se sentent de plus en plus responsables et ne peuvent que regarder en face le traitement que leurs ancêtres avaient réservé aux aborigènes.
    Il y a des pays où l’en étouffe la mémoire et tue la conscience. J’ai hâte de voir LA CONSEQUENCE

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