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Radicalisation : « Vous avez une barbe vous-même », lance le député El Guerrab à Christophe Castaner

A quoi voit-on, au premier coup d’œil, qu’un individu est sur la voie de la radicalisation ou s’est déjà radicalisé, sans risque de se tromper ?
Comment déceler « l’hydre de l’islamisme », telle qu’Emmanuel Macron la définit, qui sommeillerait chez un voisin, une connaissance, un collègue, sans se laisser abuser par une vue de l’esprit,  embrumée par l’appel présidentiel solennel à faire de la France une « société de vigilance » ?
Six jours après l’attaque meurtrière commise à la préfecture de police de Paris, et à l’heure où le port de la barbe est devenu ultra tendance, il semble pour le moins hasardeux d’en faire le signe de radicalisation par excellence… Sauf à faire la chasse à tous les barbus sur le territoire national, sans exclusive, au nombre desquels figurent le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et le Premier ministre, Edouard Philippe…
C’est précisément à sa pilosité faciale qu’a été renvoyé, hier, le premier flic de France, lors de son audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale, par M’jid El Guerrab (PRG), député de la 9e circonscription des Français établis hors de France.
Eminent barbu, s’il en est, le locataire de la place Beauvau était en train de passer en revue les signes qui, selon lui, sont révélateurs d’une radicalisation en cours de cheminement ou aboutie – parmi lesquels, outre la barbe, la parenthèse sacrée du mois de Ramadan, empreinte de ferveur religieuse, est désormais entachée de suspicion – quand M’jid El Guerrab l’a interpellé sans détour.
« Une pratique religieuse rigoriste, particulièrement exacerbée en matière de ramadan, c’est un signe, qui doit permettre de déclencher une alerte sur ses sujets », a déclaré Castaner, ajoutant : « Un changement de comportement dans l’entourage, le port de la barbe, qu’il fasse la bise ou qu’il ne la fasse plus, même si pour ce sujet nous avons des informations très contradictoires concernant l’affaire qui nous préoccupe. »
« Un signalement d’une faible ou d’intensité, c’est quoi ? Qui évalue le signalement ? », a interrogé le député El Guerrab, avant d’alerter sur la grave dérive que représenterait la proposition d’une de ses collègues. Cette dernière n’a rien trouvé de plus judicieux à suggérer que d’intégrer « la conversion à l’islam » dans les signes de radicalisation, en exigeant son signalement auprès des forces de l’ordre. Et au diable la liberté de culte et de conscience !
Devant un excès de zèle frisant l’ubuesque, M’jid El Guerrab n’a pas manqué d’appuyer là où le bât blesse : « « Pendant le ramadan, il y a une pratique un peu plus forte de la religion puisque le soir, tous les musulmans qui sont un peu pratiquants se rendent à la mosquée pour prier et font des séries de prières qui s’appellent les tarawih. Donc, il y a de fait une pratique exacerbée de la religion pendant le ramadan ». 
Et d’enfoncer le clou : « Je constate que vous avez une barbe vous-même, si vous étiez musulman, j’espère que vous ne seriez pas signalé ».

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