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Quand Barack Obama était déstabilisé par la question d’une étudiante sur Israël

Ce qui fait le charme des débats publics, c’est la petite question fusante que personne n’attendait et qui pose un énorme problème, à défaut de lui poser un cas de conscience, au politicien en campagne pour un second mandat, en l’occurrence Obama.

Emanant d’une souriante étudiante du Sud de la Floride, qui commença par un chaleureux préambule, remerciant Barack Obama d’avoir associé les jeunes à sa première campagne électorale, en précisant qu’elle y avait elle-même pris part, la question sensible, et en l’état très déstabilisante, a fait mouche : « Vous avez évoqué hier les droits de l’Homme. Pourquoi êtes-vous resté silencieux sur les violations commises par Israël et l’Egypte contre les Palestiniens, alors que nous (les Etats-Unis) continuons à les financer à coups de millions de dollars avec nos impôts ? ».

La réaction de l’homme fort de Washington est éloquente ( voir en dessous de la vidéo la traduction Oumma.com de la réponse d’Obama) . Riant jaune, tentant l’esquive par une pirouette avec le public, avant de s’y coller, Barack Obama bredouille péniblement une réponse, visiblement gêné aux entournures. Concernant Israël et le conflit israélo-palestinien, la tentation de bâillonner la démocratie un peu trop participative doit en démanger beaucoup ! A voir ou à revoir.

Traduction d’ Oumma.com de la réponse d’Obama :

“La situation au Moyen-Orient est un problème qui ronge la région depuis des siècles. Un problème qui demande beaucoup de patience. Voici mon point de vue : Israël est notre plus proche allié, c’est une démocratie avec laquelle nous partageons nombre de valeurs communes. Il est crucial pour nous d’assurer la sécurité de l’Etat d’Israël, et d’aider les Israéliens à assurer leur propre sécurité. Je ne vais pas m’excuser pour cela.

Ce qui est vrai également, c’est que le sort injuste réservé aux Palestiniens doit attirer toute notre attention.Ce n’est bon ni pour la sécurité d’Israël, ni pour la nôtre, que des millions de Palestiniens soient désespérés, sans aucune possibilité de s’éduquer, de trouver un emploi, etc… Je n’ai pas le temps de traiter là des souffrances des deux côtés. Nous recherchons une solution à deux Etats, grâce à laquelle Israéliens et Palestiniens pourraient vivre côte à côte, en paix et en sécurité.

Mais pour cela, les deux camps doivent faire des compromis. Le premier pas que les Palestiniens doivent franchir c’est de renoncer à la violence et de reconnaître Israël, et Israël doit admettre les souffrances, les doléances des Palestiniens. Nous savons ce que pourrait être la solution, mais nous sommes confrontés à des politiques opposées et divisées.

Les électeurs qui ont porté au pouvoir le gouvernement de Netanyahu ne sont pas prêts à faire toutes les concessions, alors que le Premier ministre israélien fait des efforts au-delà de ce que sa coalition est disposée à accepter, et de l’autre côté le président palestinien Abbas qui, je le pense, veut vraiment la paix, doit composer avec le Hamas, une organisation qui ne reconnaît pas Israël et n’a pas renoncé à la violence. Aussi, nous travaillons pour amener les deux parties à s’asseoir autour d’une table ronde et entamer des négociations sérieuses.

Je crois que quand on aborde ce dossier très sensible, il faut veiller à ne pas enflammer les choses par notre discours, que ce soit les Israéliens ou les Palestiniens, les deux ont besoin que les Etats-Unis agissent pour favoriser leur compréhension mutuelle, et non pour la dynamiter”.

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