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Promouvoir la tolérance religieuse : le pouvoir des médias

L’essentiel du débat sur le récent autodafé d’un Coran dans une église de Floride par le pasteur Terry Jones a porté sur l’impact dévastateur de l’acte à l’étranger. Mais outre le fait que cet acte symbolique a le pouvoir d’exacerber les tensions religieuses, il montre à quel point les nouvelles technologies peuvent accélérer la diffusion de messages de haine dans notre village mondial qui ne cesse de se resserrer.

Le foisonnement de nouveaux médias a un impact potentiellement très positif ou négatif sur les relations interethniques et interreligieuses. Les sites des réseaux sociaux en ligne comme Twitter, YouTube et Facebook, ainsi que les stations satellites globales ont facilité la diffusion immédiate de l’information. A titre d’exemple, l’autodafé du Coran a d’abord été annoncé sur YouTube avant d’être diffusé, de manière répétitive, par les télévisions satellitaires.

Nous savons tous que les mauvaises nouvelles se propagent plus vite que les bonnes. Les actes de haine diffusés à maintes reprises peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur les relations intercommunautaires, ainsi que le montrent les événements survenus en Afghanistan suite à l’acte méprisable de Terry Jones.

Mais que pouvons-nous faire pour contrer l’impact négatif des nouveaux médias ? Comment pouvons-nous exploiter le pouvoir des nouveaux médias pour propager des actions et des mots qui favorisent la compréhension, la tolérance et la compassion ?

Il y a trois types d’actions possibles : diffuser plus de nouvelles interreligieuses qui reflètent la compassion et la compréhension ; soutenir une utilisation responsable des ondes radio et surveiller les médias.

En partenariat avec le CGNews Pour ce qui est du premier type d’actions – comment convaincre les médias de rétablir l’équilibre et d’apporter plus de « bonnes nouvelles » ? – un moyen peut être de chercher des faits qui contiennent des éléments de suspens, de courage et de sacrifice. Des faits qui racontent, par exemple, comment un musulman a sauvé la vie d’un juif lors d’un crime ou comment un garçon, juif, a sauvé une femme âgée, musulmane, lors d’un ouragan, pourraient être portés à l’attention des producteurs de télévision et des créateurs du contenu des nouveaux médias.

Néanmoins, des événements moins spectaculaires peuvent aussi susciter de l’intérêt. A cet effet, la visite d’une mosquée effectuée récemment par un groupe de notre église de Floride a contré, certes dans une moindre mesure, ce qui s’est produit dans l’église de Terry Jones à Gainesville, à seulement trois heures de là. Notre groupe a engagé la conversation avec l’imam. L’exceptionnelle expérience qui consiste à apprendre et le lien affectif engendré par le contact personnel ne peuvent pas se transmettre uniquement en prêchant la tolérance. Le face-à-face entre nos deux communautés a brisé les obstacles.

Il se peut que ce genre de récits personnels n’intéressent pas les grands réseaux de télévision mais nous pourrions exploiter l’existence de médias en ligne qui se sont faits seuls pour diffuser notre message interreligieux et encourager des événements semblables.

Le deuxième type d’actions – le soutien en faveur de médias libres et justes – apparaît déjà. Les partisans informent les gens que les communautés locales ont le droit d’avoir voix au chapitre à la radio ou à la télévision. La prépondérance de la presse est mondiale aussi est-il nécessaire decorriger cette situation au niveau global, peut-être région par région.

Aux Etats-Unis, Sue Wilson – une réalisatrice installée en Californie qui est pour des médias libres et honnêtes – fait pression sur des responsables nationaux pour obtenir une meilleure législation, ridiculise l’alarmisme des pontifes et mobilise les communautés locales.

J’ai entendu Madame Wilson parler avec passion de la possession des médias le mois dernier après la projection de son film . Madame Wilson pense que les gens devraient posséder leur propre onde radio locale. Elle implore : empêcher votre journal local, vos stations de radio et de télévision locales de tomber entre les mains d’une société consolidée, autocratique, inquiétante et intéressée.

Cependant, une nouvelle législation et une action sociale ne peuvent, à elles seules, contrôler les médias traditionnels. Une réglementation et un contrôle des médias en matière de diversité religieuse pourraient contraindre, dans une large mesure, à une discipline professionnelle. Un tel contrôle devrait se faire au niveau mondial car le problème ne se limite pas aux Etats-Unis. Le « Center for Religious Freedom » (Centre pour la liberté religieuse) basé à Washington, compare chaque année la tolérance des pays à la diversité religieuse. Pourrions-nous imaginer de créer un organisme international pour noter les médias en fonction du respect qu’ils accordent à la diversité culturelle et religieuse ?

Si nous ne pouvons mettre fin aux partis pris des médias, nous pouvons les atténuer à l’aide de récits positifs qui témoignent de la compréhension interreligieuse. Une éducation religieuse tolérante et fondée sur la diversité peut donner lieu à des histoires fascinantes. Remettre en question le sens des valeurs des médias et préconiser un journalisme socialement responsable – au sein des principaux réseaux et des forums en ligne – pourrait permettre un meilleur équilibre dans le traitement de l’information. La création d’institutions importantes pour contrôler les médias obligerait davantage les rédacteurs en chef, les producteurs et les reporters à diffuser des nouvelles qui nous donnent de l’espoir.

En partenariat avec le CGNews

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