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Pour un calendrier musulman basé sur le calcul astronomique : justification et avantages (1ère partie)

Les principaux arguments des opposants au calcul astronomique

C’est utile de commencer par rappeler les principaux arguments des pourfendeurs ou opposants à l’utilisation du calcul astronomique, aux fins de la détermination des mois lunaires. La revue de littérature sur ce sujet indique qu’ils sont principalement les suivants :

  1. L’existence d’un consensus (Ijmâ ‘) sur l’obligation de l’observation visuelle du croissant de Lune pour déterminer le mois lunaire[1]

Selon la plus part des oulémas anciens comme contemporains, il existe un consensus définitif sur ceci : c’est seulement et seulement si le croissant de Lune est visible à l’œil nu[2] que le mois « musulman » commence et, le cas non échéant, le mois en cours est estimé à 30 jours.  Cette position est adossée à des hadiths dont ceux-ci : « jeûnez si vous le voyez et rompez si vous le voyez. Si les nuages vous gênent, estimez-le » ; « …Si les nuages vous gênent, estimez-le à 30 jours ».   

  1. Les critères de facilité, d’accessibilité et de prévention des divergences

Selon les défenseurs de l’observation visuelle obligatoire, par sagesse (hikma), la Charia vise toujours à rendre les pratiques cultuelles et les conditions d’accomplissement y afférentes faciles et accessibles à tous les fidèles, et aussi à prévenir des divergences au sein de la Oumma. D’où la consécration définitive de l’observation visuelle pour déterminer les débuts et fins des mois « musulmans » vu que c’est le moyen qui remplirait le mieux lesdits critères.

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  1. La confusion et le manque de confiance

Les défenseurs de l’observation visuelle obligatoire du croissant de Lune ne font souvent pas de différence entre astrologie et astronomie. De plus, ils font montre d’une grande méfiance relativement au degré de fiabilité et de précision du calcul astronomique.

  1. Le moyen pris pour la cause légale

Le défunt Cheikh Faysal mawlawi[3] est un des jurisconsultes contemporains qui a le plus insisté et clarifié la confusion que les opposants au calcul astronomique ont installé dans l’esprit des gens. Pour lui, ils confondent la cause légale (as-sabab achar ‘iy) de la détermination des mois lunaires avec le moyen (al wasîla) permettant de le faire. Dans ce cadre, Faysal mawlawi précise que la cause légale est ici l’avènement du mois de Ramadan, si on prend ce mois pour exemple. A notre sens, il importe de noter que la détermination du début et de la fin du mois de Ramadan est une condition de l’accomplissement du jeûne. L’observation visuelle ou le calcul astronomique sont à considérer comme des moyens.

Les réponses des défenseurs du calcul astronomique

Pour ce qui est du point (1), grosso modo, il suffit de retenir que le recours à l’observation visuelle relève du registre des moyens pour déterminer les débuts et fins des mois « musulmans », et pas du tout du culte en tant que tel[4]. De grands oulémas anciens et contemporains soutiennent que ledit consensus n’est pas vraiment constitué du point de vue de la définition que les principologues musulmans « usûliyyûn » en donnent, au sens de son caractère explicite et définitif.

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Ces oulémas expliquent que pour être légalement constitué et par conséquent s’imposer comme règle de la Charia, un consensus ne doit souffrir d’aucune divergence. En d’autres termes, tous les oulémas connus pour leurs compétences en la matière devraient tomber d’accord sur une même compréhension d’un sujet donné. Il se trouve que depuis les premières générations de musulmans, y compris l’époque des compagnons du prophète (saws), il y a eu d’autres compréhensions qui remettent donc en cause le caractère indiscutable de ce supposé consensus définitif[5].

Dans ce cadre, rappelons que de grands jurisconsultes comme Mutarrif ibn chikhîr, Tâbi ‘iy, – qui a rencontré un compagnon du prophète (saws), m.87H, qutayba (m.267H), ibn surayj (m.306H), Quchayri (m.465)[6] et d’autres ont compris l’expression « estimez-le » comme une autorisation du calcul astronomique, au sens de la détermination du mois « musulman » à travers le suivi des phases de la Lune en cas de ciel nuageux.

Quant au comptage à 30 jours le mois « faqdurû lahû thalâthîn» (estimez-le à 30) en cours, certains oulémas ont soutenu l’avis selon lequel, c’est un procédé optionnel pour les musulmans qui ne maîtrisent pas le calcul astronomique. A noter aussi cette pratique du compagnon du prophète (saws) Abdullahi Ibn Oumar et fils d’Oumar Ibn al Khatab, qui indique bien qu’il appliquait le principe que nous défendons, à savoir, « il suffit de savoir et pas forcément de voir »[7].

C’est ainsi qu’au XVIe siècle, le grand ouléma et jurisconsulte Subki demande aux gouvernants de ne pas valider un témoignage visuel contredit par les données du calcul astronomique relatives à l’instant de la conjonction[8]. A la même époque, comme le signale l’imam Bajrafil, Ar ramli affirmait que le mois de la Charia n’est pas autre que celui des astronomes[9]. Il en découle que le calcul astronomique peut être utilisé en lieu et place d’une estimation de 30 jours en cas de ciel nuageux[10].

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Par rapport au point (2), on se rend compte à l’examen que ce principe éminemment noble et moderne d’égal accès de tous les musulmans aux conditions du culte est dépassé vu le changement de contexte qui est intervenu. D’abord parce-que les divergences persistent au sein de la Oumma. Ensuite de nos jours, il y a suffisamment de musulmans compétents en matière de calcul astronomique[11]. Un autre argument est que si le prophète (saws) avait enjoint aux musulmans de l’époque de déterminer les mois lunaires par le calcul astronomique, cela aurait été très difficile pour eux.

En effet, peu de gens chez les Arabes à l’époque du prophète (saws) étaient compétents en la matière, comme le dit Ibn hajar, et An nawawi rajoute que ce peu était surtout des non Arabes qui vivaient dans des villes éloignées de Médine. Il faut ajouter, à notre sens, que les rares qui maîtrisaient le calcul astronomique à l’époque avaient un langage et des signes propres à cette discipline, à laquelle peu d’Arabes étaient familiers[12].

Pour le point (3), il faut dire que beaucoup d’oulémas parmi les anciens et des plus érudits comme Ibn Taymiya et An nawawi se sont montrés réfractaires au calcul astronomique, tout en acceptant le recours à des calculs pour la détermination de la Qibla et des temps légaux des cinq prières[13], en raison d’une confusion entre astrologie et astronomie. Et d’autre part, en raison d’un jugement considéré comme absolu et définitif par la plus part des oulémas qui sont venus après, sur le degré de fiabilité et de précision du calcul astronomique à leurs époques[14].

La réponse à apporter à ces réticences est que l’astronomie moderne s’est constituée comme une discipline scientifique[15], avec toutes les exigences épistémologiques requises, et ne peut plus être confondue avec l’astrologie qui relève du domaine de supposées correspondances entre le mouvement des astres et la destinée des humains.

D’autre part, le degré de fiabilité et de précision des données astronomiques s’est beaucoup amélioré de nos jours. C’est ainsi que les astronomes du monde entier sont capables de donner, à l’avance, l’instant de la conjonction vraie pour chaque cycle lunaire. Et dans ce cadre, c’est le temps écoulé entre deux instants de conjonction vraie qui constitue la durée du mois lunaire, que Ramli considère comme étant aussi celui de la Charia.

Toujours à ce propos, certains jurisconsultes ont interprété le seul hadith qui mentionne le calcul (hisâb) explicitement de façon étrange. Voici le hadith : « Nous sommes une communauté illettrée. Nous n’écrivons pas et nous ne calculons pas. Le mois est ainsi, et il plia le pouce, et le mois est ainsi, c’est-à-dire, tantôt 29, tantôt 30 » (Bukhari et Muslim).

Les défenseurs de l’observation visuelle comme moyen exclusif de détermination des mois « musulmans » en ont compris que la Charia interdit de recourir au calcul astronomique pour déterminer le mois de Ramadan et par extrapolation, les autres mois ! A cet argument, les Cheikhs Qaradawi et Zarqa comme d’autres répondent que cela voudrait dire que l’écriture est interdite dans le culte musulman puisque elle est associée au calcul dans ce même hadith ! D’autre part, ces deux érudits expliquent que le prophète (saws) ne fait que caractériser par ces propos les arabes de son époque qui n’avaient que des connaissances rudimentaires en matière de calcul astronomique et d’écriture, pas plus.

Dans son commentaire du hadith précité, Ibn Hajar ne dit pas autre chose : « Le calcul désigne ici le calcul des positions des astres et de leur mouvement, dont ils ne connaissaient que peu de choses. Aussi, la prescription du jeûne fut liée à l’observation visuelle afin de leur éviter toute gêne liée à la difficulté de l’étude des mouvements des astres.

La difficulté vient de ce qu’Ibn Hajr ajoute après : « Cette prescription a continué à s’appliquer au jeûne, même s’il y a eu par la suite des gens qui connaissaient ce calcul. D’ailleurs, le sens littéral du texte réfute l’idée de lier la prescription au calcul. Le hadith précédent clarifie ceci puisqu’il dit : ‘Si elle vous est cachée par les nuages, alors compléter le mois à trente jours’ Il n’a pas dit : demandez à ceux qui connaissent le calcul ».

A notre humble avis, Ibn Hajar et les oulémas qui ont partagé sa compréhension du sujet ont trop vite fait d’évacuer la question incontournable du contexte. Ibn Hajar semble soutenir que c’est pour éviter aux musulmans arabes de cette époque d’avoir à déployer d’énormes efforts pour acquérir des connaissances en calcul astronomique que la législation islamique a prescrit le recours à l’observation visuelle. Il se trouve qu’il en fait découler une prescription définitive et obligatoire, mais sur la base de quel justificatif ?

Sur la base de ceci que le prophète (saws) « n’a pas dit ‘demandez à ceux qui connaissent le calcul’ » Or, si le prophète (saws) avait dit ce qu’il n’a pas dit (allez voir du côté des connaisseurs en matière de calcul astronomique), cela reviendrait à les mettre dans une position inconfortable. En effet, il leur aurait fallu, entre autres, aller loin pour en trouver, apprendre leurs langues et les signes qu’ils utilisaient, le faire pour chaque mois, être obligé de faire des arbitrages entre des données différentes, etc.

D’autre part, et comme a eu à le rappeler le défunt islamologue sénégalais Cheikh Ousmane Mbow, le Droit islamique enseigne qu’il n’est pas justifié de se prévaloir d’un jugement lié à une contrainte qui a disparu.  Pour ce qui est du recours au comptage de 30 jours le mois en cours en cas de ciel nuageux, il suffit d’accepter que c’est juste un mode d’estimation (comme l’indiquent les expressions « complétez-le », « estimez-le ») qui était le plus simple à l’époque, et que le calcul astronomique est plus précis et fiable pour sortir du dilemme.

Dans la même veine, le grand Cadi, connaisseur du hadith et jurisconsulte, Ahmad ibn Muhammad Châkir fait un commentaire fort instructif[16]. (à suivre)

 

 

[1] C’est l’avis notamment de la plus part des grandes figures de la science du hadith et du Fiqh comme Ibn Hajar, An Nawawi, Ibn Taymiya. Le premier dit « La Charia veut que la détermination du mois de Ramadan se fasse par l’observation visuelle »

[2] On ne sait pas ce que les oulémas des premières générations auraient dit des instruments optiques modernes.

[3] Grand jurisconsulte contemporain (m.2011), auteur d’un ouvrage de référence sur ce sujet, La cause légale de la prescription du jeûne de Ramadan : est-ce l’avènement du mois ou l’observation  du croissant de Lune ? Duban, 2008-1429H. Il a été vice-président du Conseil Européen de la Fatwa et des Recherche (CEFR)

[4] Le Cheikh contemporain Mustafâ Zarqâ dit à ce propos : « Il est clair d’après tout cela que l’ordre d’adopter la vision de la nouvelle lune n’est pas dans le sens que cette vision est un acte cultuel en soi. Il s’agit plutôt du seul moyen à leur disposition à cette époque, permettant à ceux qui sont dans ce cas, c’est-à-dire, illettrés n’ayant aucune connaissance de l’écriture et du calcule astronomique, de déterminer le début et la fin du mois lunaire » voir lien « https://www.havredesavoir.fr/pourquoi-diverger-sur-le-calcul-astronomique/ »

[5] Le problème d’interprétation se pose notamment en cas de ciel nuageux : de grands compagnons hommes et femmes comme Oumar, Ali, Abdullah ibn Oumar, Aïcha, Asmâ bint Abi bakr et d’autres procédaient à une estimation par calcul des phases de la Lune lorsqu’au soir du 29e jour du mois en cours, le ciel était nuageux. Voir aussi les textes et vidéo de Moncef Zenati sur le site « Havre de savoir.fr »

[6] Grand ouléma et imam, m.465H. Il dit : « si le calcul conclut que le croissant apparait à l’horizon de façon visible s’il n’y a pas d’obstruction comme la couverture du ciel par exemple, ceci relève de l’obligatoire par la présence de la cause légale et la vision en tant que telle n’est pas une condition d’obligation… », cité par Mohamed Ramousi dans son livre « Le calcul astronomique en question », 2015-1436, Ed, ALBOURAQ, p46.

Dans la même veine, al qaylubi rapporte ces propos d’al-‘Abbadi : « Si le calcul catégorique indique l’impossibilité d’observer la nouvelle lune, l’attestation des témoins intègres de l’avoir vu n’est pas accepté et leur témoignage sera rejeté ». Puis, al-Qoulaybi dit : « Ceci est clair et manifeste. Dans ce cas il n’est pas permis de jeûner. Contrevenir à cela n’est qu’obstination et arrogance. » Voir ce lien « https://www.havredesavoir.fr/pourquoi-diverger-sur-le-calcul-astronomique/

[7]  Si au soir du 29e jour du mois de Cha ‘bân, le ciel était nuageux gênant ainsi l’observation visuelle, il jeûnait le lendemain considérant que celui-ci (le croissant de Lune) était présent. Ce qui veut dire qu’il procédait à une estimation selon laquelle le mois faisait 29 jours et que ce sont les nuages qui empêchaient de voir le croissant de Lune. La pratique de ce compagnon ne correspond pas à ce qui est communément considéré comme une tradition établie, à savoir, compter 30 jours le mois de Cha ‘bân si au soir du 29e jour, des nuages couvrent le ciel et gênent la vue. Il découle de ce qui précède que ce compagnon procédait à une estimation (taqdîr) et considérait que la possibilité de voir le croissant de Lune ou son observabilité était suffisante pour déterminer le début du mois de Ramadan.

[8] Cité par Qaradawi dans son ouvrage, La sounna du prophète, Al Qalam, 2002

[9] Voir ce lien http://www.mohamedbajrafil.com/non-consensus-sur-consensus-cas-determination-du-mois-ramadan

[10] Aux oulémas qui reconnaissent que l’estimation à 30 jours en cas de ciel nuageux comporte la possibilité d’une erreur vu qu’il se pourrait que le nouveau croissant de Lune fut observable mais qu’il n’y a pas moyen de faire autrement, mawlawi répond ceci : « pourquoi ne pas recourir alors au calcul astronomique qui permet justement de prévenir cette erreur au lieu de dire ‘Dieu nous pardonnera cette erreur !’ »

[11] De plus, le développement des techniques d’information et de télécommunication et la coopération scientifique internationale et entre les gouvernements des pays musulmans est tel qu’il est facile de véhiculer les données astronomiques pour que toute la Oumma en prenne connaissance. Surtout que non seulement, le calcul astronomique permet de dessiner des cartes de première visibilité pour le monde entier, en plus, il permet d’avoir des données sur des dizaines d’années à l’avance sur l’instant des conjonctions successives qui marquent les débuts et fins des cycles lunaires.

[12] Voici le commentaire d’Ibn Hajar : « Le calcul désigne ici le calcul des positions des astres et de leur mouvement, dont ils ne connaissaient que peu de choses. Aussi, la prescription du jeûne fut liée à l’observation visuelle afin de leur éviter toute gêne liée à la difficulté de l’étude des mouvements des astres. Cette prescription a continué à s’appliquer au jeûne, même s’il y a eu par la suite des gens qui connaissaient ce calcul. D’ailleurs, le sens littéral du texte réfute l’idée de lier la prescription au calcul. Le hadith précédent clarifie ceci puisqu’il dit : « Si elle vous est cachée par les nuages, alors compléter le mois à trente jours ». Il n’a pas dit : demandez à ceux qui connaissent le calcul. La sagesse réside ici dans le fait que le chiffre en cas où le ciel est couvert, met tous les « astreints » (moukallafin) à égalité et évite la divergence et les querelles » Voir ce lien « https://www.havredesavoir.fr/est-il-permis-de-les-determiner-juridiquement-a-laide-du-calcul-astronomique/

[13] Zarqa dit ceci à ce propos : « Dans son commentaire du « mouwatta », az-Zorqani relate les propos suivants d’an-Nawawi : ‘Ne pas se fier au calcul des « astrologues » car il s’agit de conjecture et d’approximation. On ne prend en compte que ce qui permet d’identifier la direction de la qibla et les temps légaux » C’est-à-dire que le calcul est pris en compte uniquement pour les temps légaux de la Prière. » Voir ce lien https://www.havredesavoir.fr/pourquoi-diverger-sur-le-calcul-astronomique/

Zarqa a raison de dire que c’est moins compréhensible que des oulémas vivant à l’époque moderne adoptent la même attitude à l’égard du calcul astronomique mais cela se comprend si l’on sait que la plus part des institutions qui forment les oulémas contemporains sont déconnectées de l’enseignement des savoirs scientifiques et des techniques y associées

[14] Ces réticences sont étroitement liées au niveau de développement du calcul astronomique à leur époque. Le même problème se pose pour le calcul astronomique relativement à la détermination des temps légaux des cinq prières. Et pourtant, ce précédé est largement accepté de nos jours partout dans le monde musulman ! Aussi, il faut savoir que l’erreur sur l’estimation par le calcul astronomique est prise en compte dans les modèles mathématiques développés par les astronomes modernes, ce qui n’est pas le cas de l’observation visuelle en cas de ciel nuageux. Une estimation (taqdîr) veut dire qu’on essaye de s’approcher de la vraie valeur de ce qu’on cherche à quantifier. Donc, on ne peut pas reprocher à une estimation de ne pas être exacte à 100%. Car, même pour l’estimation à 30 jours du mois en cours en cas de ciel nuageux, cela ne veut pas dire que le croissant de Lune n’était pas visible au soir du 29e jour. On sait aussi que l’estimation est pratiquée pour réduire les prières de 4 unités à 2. Pour dire que l’estimation (taqdîr) est connue en droit islamique et dans le culte sans que la marge d’erreur qu’elle comporte ne pose problème.

[15] Ses modèles théoriques, ses méthodes, ses outils et techniques, son approche qui consiste à solliciter maintes disciplines scientifiques comme la cinétique, la chimie, l’astrophysique, la spectrographie, les mathématiques, des instruments optiques, comme des télescopes de plus en plus performant, des caméras sophistiquées, des sondes, etc. De nos jours, l’instant de la conjonction est déterminé à la seconde près comme l’avènement d’éclipse et d’autres phénomènes astronomiques le sont des années à l’avance.

[16] Le Cadi Ahmad Ibn Muhammad châkir écrivait en 1939 : « Ainsi, si la communauté est sortie de son illettrisme et a appris l’écriture et le calcul, j’entends par-là qu’elle compte parmi ses membres des connaisseurs de ces sciences, tous les gens, initiés ou pas, seront en mesure de déterminer le début des mois d’une manière certaine et catégorique, et ils pourront avoir confiance au calcul comme ils ont confiance en la constatation visuelle, et plus encore. Si tel est le cas et si la cause l’illettrisme a disparu, ils devront se référer à ce qui est sûr et formellement établi et déterminer les débuts du mois sur la seule base du calcul. Ils ne pourront se référer à la constatation visuelle que s’ils n’ont pas accès à la connaissance du calcul, à l’instar des bédouins ou des habitants des villages isolés, auxquels les informations formellement établies par les spécialistes du calcul ne parviennent pas » Voir ce lien « https://www.havredesavoir.fr/est-il-permis-de-les-determiner-juridiquement-a-laide-du-calcul-astronomique/

Voici à ce propos un commentaire du jurisconsulte contemporain Mustafa Zarqa : « …En effet, le Messager de Dieu,  que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, explique la raison pour laquelle il a ordonné la considération de la vision de la nouvelle lune, à l’œil nu, pour le début et la fin du jeûne, à savoir, qu’il appartient à une communauté qui ne sait ni écrire ni calculer. Le seul moyen qu’elle possède lui permettant de connaître le début et la fin du mois est la vision de la nouvelle lune, étant donné que le mois est composé tantôt de vingt-neuf jours, tantôt de trente. » Voir ce lien « https://www.havredesavoir.fr/pourquoi-diverger-sur-le-calcul-astronomique/ »

Il ajoute : « La teneur du texte juridique implique qu’à cette époque, si le Messager de Dieu, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, et son peuple Arabe connaissaient l’écriture et le calcul, de manière à être capable d’observer les astres, d’écrire et calculer leurs trajectoires déterminées par la puissance de Dieu, Le Sachant et L’Omnipotent, d’une manière constante et imperturbable, au point de connaître au préalable, par le calcul, le moment de l’apparition de la nouvelle lune qui marque la fin du mois écoulé et le début du suivant, ils auraient adopté le calcul astronomique »

De son côté Qaradawi écrit : « En réalité, le hadith auquel se réfère an-Nawawi n’est pas un argument car il décrit l’état de la communauté à l’avènement du Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. Mais son illettrisme n’est ni nécessaire ni demandé. En effet, le Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, s’est employé à sortir la communauté de son illettrisme en lui apprenant l’écriture. Il a commencé cela depuis la bataille de Badr. Rien n’empêche donc que la communauté connaisse une ère dans laquelle elle saura écrire et calculer » Voir ce lien https://www.havredesavoir.fr/la-determination-du-debut-du-mois-du-ramadan-au-moyen-du-calcul-astronomique-par-cheikh-youssef-al-qaradawi/

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6 commentaires

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  1. Moi je détermine le mois sacrée de ramadan au 9 ième mois de l’année en cours .Avec une probabilité d’erreur de zéro % .Pourquoi ? parce que je reste fidèle au coran .Donc vous avez jeûnez ce mois dernier c’est très bien mais il n’a servie à rien .Il ne sera pas valider par le créateur,celui-ci et tout les années passées.

    • « vous avez jeûnez ce mois dernier c’est très bien mais il n’a servie à rien .Il ne sera pas valider par le créateur,celui-ci et tout les années passées »
      Naaan cévré ?
      Et s’il décide quand même de les valider, comment le punirez-vous au juste ?
      Vous êtes à peu près aussi musulman que Gainsbourg était un militant de la prohibition.

  2. qu’ est qui vous a fait peur dans mon commentaire sur le sujet ?! je n’ai pas parlé des juifs je sais que vous avez une peur bleue des juifs ils sont capables de fermer votre site(leurs commentaires injurieux,blessant,crasses vous les publiez intégralement;alors que moi je ne les ai jamais injuries cela ne sert à rien et c’est lâche;je ne fais que rapporter leurs faits et surtout méfaits et pourtant vous ne publiez pas mes commentaires; pour cela j’ai décidé de ne plus commenter leurs méfaits!Enfin je vous défie de publier le présent commentaire!

  3. Au 21ème siècle on continue à abrutir les musulmans:on leur inculque,cela en faisant le jeu des abrutisseurs en chef,j’ai nommé les al yahoud-saoud- que l’Islam et sa chari3a sont compliqués,et qu’ils sont fossilisés,contre le progrès alors que l’astronomie est sortie de l’astrologie grâce aux Savants Musulmans.La question du calcul astronomique et de la vision du croissant a été résolue au 20ème,oui au 20ème siècle de 2 manières:1)celle des turcs:si le croissant est visible dans une région,c’est valable pour toute la planète.personnellement,cela ne répond pas à la chari3a en effet le musulman jeune si il voit le croissant dans son pays lui ou une commission,le problème n’est pas là.2)l’autre manière est la plus logique,elle fait la synthèse entre le calcul astronomique et la vision à l’œil nu,elle a été adoptée par le conseil de l’iftaa de l’Europe qui dit que le calcul astronomique doit être pris en compte dans la négation:si le calcul astronomique établit que le 29 cha3bane le soir il est impossible de voir le croissant dans une région il faut terminer la “3oudda”. Ce ramadhan les “”””3olama”””” algériens ont été de fieffés menteurs, non seulement ils l’ont vu,mais comme ce sont de crasses incultes ,ils l’ont vu dans la wilaya d’el oued située à l’Est de l’algérie;alors que l’astronomie “disait” que le croissant était visible au dessus des Amériques,à l’Ouest!Si au moins ils avaient décrétés que le croissant a été vu au dessus de la wilaya de tindouf située à l’extrême Ouest de l’algérie! Je suis entièrement d’accord avec le commentaire de aliazen.

  4. Oui, et vraiment, vraiment, c’est là tous nos problèmes? Notre impuissance est cause que nous nous occupons de ce qui est à notre portée et plutôt mal, et qui est secondaire quand la Nation Islamique est agressée sur presque toutes ses terres. Je tiens pour la table astronomique, mais s’il suffisait de cela, je me résignerais au principe de la vision oculaire pour peu que nous ayons ainsi des armées puissantes pour nous défendre de nos ennemis et par faire notre développement et marche vers le progrès et la prospérité. La hiérarchie des priorités, la hiérarchie des causes me feraient volontiers me résigner au point de vue ignorantiste de la vision oculaire, qu’à cela ne tienne, je dirais, mais hélas, mais hélas.

    Croissant de lune.

  5. Est -ce là vraiment un problème important:les pays musulmans feraient mieux de penser et de réfléchir à leur développement économique et surtout militaire pour qu’ils puissent mettre en place un rapport de force face à l’Occident tout puissant devant lequel,en dehors de quelques exceptions,ils se prosternent et se comportent comme des larbins.Choisissez un calendrier une fois pour toutes et cessez de vous masturber sur le sexe des anges.Occupez vous plutôt de vrais problèmes et sortez de l’analphabétisme politique sinon vous serez toujours la risée du monde qui avance.

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