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Pour François Hollande, “La femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain”…

Quand on vous dit « islam », vous répondez quoi, Monsieur le Président ?

C’est bien là que le bât blesse, car si d'aucuns attendaient de François Hollande qu’il se démarque de Manuel Valls, son Premier ministre arc-bouté sur sa croisade anti-voile, qu’il fasse preuve d’un peu plus de hauteur de vue dans un débat public parasité par l’obsession de l’islam et ne s’enferre pas dans la laïcité dogmatique devenue la marque de fabrique de la France, la désillusion n'en sera que plus amère au fil des pages de " Un président ne devrait pas dire ça…"

Pour connaître le vrai fond de pensée du chef de l’Etat sur le sujet passionnel par excellence, qui a l’art d’éclipser tous les autres au nom de la liberté d’expression – ce prodigieux paravent derrière lequel l’islamophobie institutionnelle se déchaîne et ceux qui nous gouvernent masquent leurs échecs patents, notamment sur le front de l’emploi – il faut lire les bonnes feuilles du dernier ouvrage « Un président ne devrait pas dire ça… » signé des journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publiées par l’Express, ce mardi 11 octobre, et mentionnées par Marianne.

Hollande faisant du Valls sur l’islam et l’immigration, qui l’eût cru ? Et pourtant…

"Il y a un problème avec l'islam", affirme-t-il de manière péremptoire, à la manière de son Premier ministre autoritaire, lequel ne rate jamais une occasion d’empoigner le voile en épouvantail de la République jusqu’à s’enliser dans les sables mouvants de l’hystérie anti-burkini. "Ce n'est pas l'islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu'elle veut s'affirmer comme une religion dans la République. Après, ce qui peut poser un problème, c'est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine…", assène le "président normal" d'un quinquennat tumultueux.

Si François Hollande prend soin de préciser qu'il ne vise pas l'islam en tant que dogme mais bien la pratique de cette religion en France, sa position républicaine sur le voile le range d’office dans la catégorie de ceux, nombreux, qui crient à l’asservissement de la femme à la seule vue d’un hijab, niant par là même l’existence d’un autre modèle féminin, assumé librement et pleinement, dans la France plurielle de 2016 et, pire encore, estimant qu’une femme voilée n’est pas tout à fait française…

 "La femme voilée d'aujourd'hui sera la Marianne de demain", prophétise-t-il avec un paternalisme confondant, avant de dévoiler sa vision néo-coloniale de la République laïque : "Si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l'être, capable de porter un idéal. Finalement, quel est le pari que l'on fait ? C'est que cette femme préférera la liberté à l'asservissement."

Il ne lui reste plus qu’à recommander aux musulmans, hommes et femmes, de se fondre dans la masse jusqu’à l’invisibilité totale, et l’on jurera entendre les conseils de « discrétion » prodigués par un Jean-Pierre Chevènement à peine sorti de son placard doré pour être parachuté président de la nébuleuse Fondation pour l’Islam de France, et repris à son compte par Valls en les amplifiant…

                                                                             

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