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Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel, ignorait qui était DSK

Redevenu simple justiciable, déchu de ses précieux passe-droits, face à une machine judiciaire américaine qui s’est mise en branle à la vitesse de l’éclair, le col blanc déviant, Dominique Strauss-Kahn, a vu s’effondrer en 48h son univers doré, au confluent de l’ivresse des cimes, de l’abus de pouvoir, et de l’assouvissement de désirs débridés.

Un univers, hors de l’espace temps et au-dessus des lois, dans lequel évoluait comme un poisson dans l’eau l’économiste bon teint et éminent, surprotégé par un entourage qui savait, qui veillait au grain, et qui, bien que le mettant récemment encore en garde contre ce que la gauloiserie française se plaît à taxer de « petite faiblesse » pour la gent féminine, se projetait néanmoins à travers lui aux plus hautes responsabilités de la France.

Le sérail politique, toutes sensibilités confondues, qui parle avec lyrisme du devoir d’exemplarité, et qui le dévoie constamment, ne pouvait décemment ignorer les notes de RG décrivant par le menu les pratiques sexuelles invétérées de l’ancien ministre. Cette même élite dirigeante, notamment socialiste, qui se dit incrédule et ne sort plus de l’état de sidération dans lequel l’a plongée l’arrestation de son homme providentiel.

Alors que la thèse farfelue du complot est sur toutes les lèvres, et entonnée en chœur par les Strauss-Kahniens – comble de l’hypocrisie ! – la compassion pour la victime présumée est muette, un silence assourdissant à l’égard d’une sans-grade, noire et musulmane de surcroît, qui a fait choir le grand homme.

Mais la malheureuse femme de chambre du Sofitel de Manhattan, qui aurait été sauvagement violentée par DSK, est faite de chair et de sang, répond au nom de Nafissatou Diallo, est d’origine guinéenne, et ignorait qui elle avait en face d’elle au moment des faits, comme le relate RMC.

Comment d’ailleurs, cette jeune mère courage, extrêmement bien notée par sa direction, aurait-elle bien pu connaître le patron du FMI, alors même que la personnalité de DSK, hormis les cercles d’initiés, était inconnue du grand public américain ?

Son meilleur ami, interviewé par RMC, et qui l’héberge aujourd’hui, insiste sur la stupeur qui a envahi Nafissatou Diallo quand elle a découvert, le soir de l’arrestation, à la télévision, l’identité de DSK. C’est même ce proche qui a dû lui expliquer l’importance de la personnalité politique française. Aujourd’hui, Nafissatou vit sous haute protection policière, dans un lieu tenu ultra-secret. Son confident décrit une femme traumatisée, en état de choc : « Elle a passé deux jours entiers à pleurer », a-t-il déclaré.

Autre point non négligeable qui démonte l’instrumentalisation de la conspiration pour tenter de sauver le « soldat DSK » : la jeune femme n’a pas formellement porter plainte, c’est le procureur qui est à l’origine des poursuites actuellement en cours contre le directeur du FMI, et pour lesquelles celui-ci ne risque pas moins de 74 années de prison.

Ce qui fut historiquement le Nouveau Monde est aujourd’hui une autre planète !

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