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Les musulmans de l’Oklahoma font entendre leurs voix au cœur du pouvoir local

L’effervescence des grands jours régnait jeudi autour de l’Assemblée législative de l’Oklahoma, alors que près de deux cents citoyens américains de confession musulmane se pressaient à ses portes pour prendre part à la troisième édition de la Journée annuelle des Musulmans.

Venus seuls, en famille ou accompagnés de concitoyens non musulmans solidaires, tous ont répondu à l’appel lancé avec une solennité particulière par Adam Soltani, le directeur régional du Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR), conscients de l’importance de se fédérer pour faire entendre leurs voix sous l’imposant dôme blanc du pouvoir local.

En ces temps troublés par l’avènement retentissant de Donald Trump et son islamophobie d’Etat qui ne relève pas du mythe mais de l’effarante réalité, Adam Soltani, l’air grave, avait appelé ses coreligionnaires à profiter de ce jour spécial qui leur était dédié pour sensibiliser les élus aux menaces qui pèsent sur eux dans une Amérique qui met à mal ses valeurs cardinales.

« Les Musulmans ont été les cibles de prédilection de la haine attisée par Trump durant des mois. La seule façon de voir un changement s’opérer dans notre Etat, c’est de provoquer un sursaut de conscience chez nos représentants politiques, de leur ouvrir les yeux sur le sort peu enviable qui nous est réservé. Il faut briser le silence et élever nos voix », a exhorté Adam Soltani, en se réjouissant d’avoir été largement entendu par ses concitoyens musulmans.

Avec à leur tête l’imam Imad Enchassi, ce groupe d’hommes et de femmes, dotés d’un sens aigu du civisme et animés d’une curiosité insatiable, a pénétré dans le temple législatif de l’Oklahoma avec le respect dû à une enceinte publique prestigieuse, heureux de découvrir l’ensemble de ses bureaux et de ses salles de réunion, avant de se rendre dans la rotonde située au quatrième étage où ils ont été autorisés à prier collectivement.

« C’était incroyable ! », s’est exclamée Hannah Zeidan, 17 ans, une lycéenne étudiant à l’école islamique de Tulsa, enchantée de sa toute première visite dans le saint des saints du pouvoir local, et plus encore par l’accueil interconfessionnel chaleureux qui, à l’extérieur, saluait et applaudissait les musulmans à leur entrée et sortie de l’Oklahoma State Capitole.

Parmi les habitants non musulmans de Oklahoma City qui formaient, ce jour-là, une grande chaîne de la solidarité sous les fenêtres de l’Assemblée du comté, Kim Roberts arborait fièrement son T-shirt aux couleurs de l’étendard national sur lequel était inscrite une formule éloquente : ” Les droits des Musulmans sont des droits humains ». « Je suis ici, avec tant d’autres, pour témoigner mon soutien à la communauté musulmane », a-t-il expliqué avec un enthousiasme communicatif, avant de déplorer : « Le climat politique actuel pollue l’unité et encourage les discours et comportements délétères qui sont propices à la division ».

Provoquant une forte dissonance, des slogans orduriers ont malheureusement fusé d’une foule hétéroclite où s’étaient faufilés des islamophobes primaires. Contrairement au but recherché par ceux qui les ont proférées, leurs paroles outrageantes ont inspiré le plus grand mépris à Sheryl Siddiqui, la présidente du Conseil islamique, qui leur a opposé une tolérance et un légalisme à toute épreuve…

« S’ils se retranchent derrière le premier amendement de la Constitution pour nous insulter, grand bien leur fasse », a-t-elle rétorqué, résolue à ne pas donner prise à l’expression de la haine et à ne pas faire ce plaisir à ceux qui la sèment pour récolter la tempête.

 

 

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