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Barcelone : des musulmans se rassemblent à Las Ramblas en hommage aux victimes du terrorisme aveugle

TOPSHOT - Muslim residents of Barcelona pay tribute at the Canaletas fountain during a demonstration on the Las Ramblas boulevard in Barcelona, to protest against terrorism and in tribute to the victims of the Barcelona attack on August 19, 2017, two days after a van ploughed into the crowd, killing 13 persons and injuring over 100. Drivers have ploughed on August 17, 2017 into pedestrians in two quick-succession, separate attacks in Barcelona and another popular Spanish seaside city, leaving 14 people dead and injuring more than 100 others. / AFP PHOTO / LLUIS GENE

A l’heure où les drapeaux et les cœurs sont en berne à Barcelone, mais aussi dans toute la péninsule ibérique et au-delà des frontières, des Espagnols, des expatriés ou encore des touristes de confession musulmane, ces victimes directes ou par ricochet de la fureur meurtrière de Daech et d’un « djihad» gravement dévoyé, se sont mêlés samedi à une foule bouleversée pour rendre hommage aux vies fauchées sur Las Ramblas.
« Nous condamnons les terroristes ! Nous sommes si tristes pour Barcelone ! », s’est exclamée, étreinte par une vive émotion, la Marocaine Naima Aselman, entourée de ses deux sœurs et d’un parent proche sous le choc, alors qu’ils apprenaient que quatre terroristes marocains, dont un imam présenté comme étant le cerveau du commando, étaient impliqués dans les attaques sanglantes qui ont endeuillé la capitale flamboyante de la Catalogne.
Barcelone n’a pas de secret pour Naima Aselman, qui en connaît les moindres ruelles et a fortiori son avenue la plus emblématique pour y vivre, heureuse, depuis deux décennies. Aussi, sa tristesse n’en est-elle que plus profonde et indicible face à l’horreur du terrorisme sans foi ni loi qui a cruellement frappé la « cité couronnée », ce haut lieu du tourisme mondial prisé pour sa célèbre muraille romaine flanquée de nombreuses tours.
« Nous sommes tellement choqués » a poursuivi la quadragénaire, en regardant, affligée, l’un de ses amis marocains s’asseoir en silence sur le bitume, en essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues. « Les auteurs de ces actes atroces sont totalement déséquilibrés et ne peuvent pas représenter les musulmans », a-t-elle martelé sur un ton indigné qui trahissait une inquiétude très perceptible quant à l’avenir, et aux fractures sociales désastreuses qui risquent fort d’en résulter, désagrégeant un peu plus le vivre-ensemble.
Quatre jours après le drame, l’accablement de Naima Aselman a laissé place à la peur, difficile à réfréner ou à rationaliser, de croiser des regards noirs à la vue du hijab qui recouvre sa tête et d’assister, impuissante, à la montée en flèche de l’islamophobie sous les violents coups de boutoir d’un populisme assoiffé de vengeance.
« Je ne connais pas le futur, mais je le redoute. Peut-être devrions-nous être plus vigilants à l’avenir », a-t-elle confié avec une appréhension d’autant plus grande que pour l’une des rares fois, en l’espace de vingt ans, elle s’est fait insulter par un passant espagnol hors de lui, tandis qu’elle déposait une gerbe de fleurs sur le lieu où des destins ont été brisés. « Dans un sens, nous sommes également victimes du terrorisme », s’est désolée cette Barcelonaise d’adoption, la voix étranglée par les sanglots.
 

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