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« Mme Maya », la reine de la corruption en Algérie (www.lemonde.fr)

Un temps présentée comme la fille naturelle de l’ancien chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, la mystérieuse femme d’affaires comparaît le 30 septembre pour corruption. Elle entraîne dans sa chute plusieurs anciens hauts fonctionnaires.

On dit d’elle qu’elle avait le carnet d’adresses le plus fourni d’Alger. Ministres et préfets comptaient parmi ses obligés et lui auraient ouvert toutes les portes du pays.

Dans le sillage de l’éviction du pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, en avril 2019, « Mme Maya », qu’une partie de l’establishment algérien présentait ou considérait comme la « fille cachée » de l’ancien chef de l’Etat, aura entraîné dans sa chute deux ministres, un chef de la police, un préfet et un sénateur. Poursuivie avec ses deux filles pour « blanchiment d’argent dans le cadre d’une association criminelle organisée », « demande et acceptation d’indus avantages en recourant à un agent public », « complicité dans l’abus de fonction » et de violations en matière de circulations de capitaux, Lechnach Zoulikha-Chafika comparaîtra le 30 septembre devant la justice algérienne.

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L’affaire débute en juillet 2019 avec la perquisition de l’une de ses demeures : la villa 143 de Moretti, une résidence sécurisée à l’ouest d’Alger. Dans les murs : 17 kilos de bijoux, 270 000 euros, 30 000 dollars, 120 millions de dinars. La villa cachait une forêt : les enquêteurs découvriront par la suite une kyrielle de biens immobiliers et de terrains acquis ou octroyés dans des conditions troubles. Sans compter les dons en nature « d’entrepreneurs » qui l’auraient sollicitée pour son réseau, Lechnach Zoulikha-Chafika étant présentée comme une « entremetteuse ».

Alger, ton univers impitoyable

Personnalité qualifiée par la presse de « mystérieuse », dont la nature réelle des liens avec l’ancien chef de l’Etat reste à définir, « Mme Maya » défraie la chronique médiatico-judiciaire tant son affaire raconte en creux la nature du régime algérien ces deux dernières décennies : un monde de connivences et de passe-droits, mais aussi de rivalités et de règlements de comptes sur fond de corruption débridée. Sa trajectoire est à bien des égards semblable à celle des nouveaux riches, parfois issus de nulle part, qui ont fait fortune à l’ombre d’Abdelaziz Bouteflika. Autrefois tout-puissants, ils peuplent aujourd’hui les prétoires avec d’anciens ministres, préfets et responsables de services de sécurité, dont certains auraient frayé avec Lechnach Zoulikha-Chafika, « Mme Maya ». Commerçante de tissu jusqu’à la fin des années 1990, selon une enquête menée par Le Soir d’Algérie, la quinquagénaire entame son ascension en 2001 après une rencontre avec l’ex-président, auquel elle se serait présentée comme la fille d’un vieil ami, vétéran de la guerre de libération. Ces entretiens, qui « dépassent les simples échanges amicaux », lui donnent accès à l’appareil d’Etat et feront sa fortune, selon ses accusateurs.

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