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Massacre Christchurch : le CFCM porte plainte contre Facebook et Youtube

Le massacre de masse, qui a lourdement endeuillé les mosquées Al Noor et Linwood à Christchurch, porte non seulement l’empreinte sanglante du terrorisme d’extrême droite, mais a aussi franchi un nouveau palier dans l’horreur : son auteur, le monstre d’inhumanité Brenton Harrison Tarrant, équipé d’une caméra GoPro, l’a filmé et diffusé en direct sur les réseaux sociaux.
Des réseaux sociaux – au premier rang desquels figurent les mastodontes Facebook et Youtube – vers lesquels des doigts accusateurs se pointent aujourd’hui, et à juste titre, pour avoir manqué cruellement de vigilance en amont, et avoir fait preuve d’une absence de réactivité atterrante pendant 17 minutes insoutenables, visionnées en temps réel par plus de 4 000 personnes.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM), à travers l’Observatoire national contre l’islamophobie, a annoncé hier, lundi 25 mars, le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la République de Paris, contre les filiales françaises de Facebook et de Youtube pour « diffusion de message à caractère violent incitant au terrorisme ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine susceptible d’être vu ou perçu par un mineur », en vertu de l’article 227-24 du Code Pénal.
Le libellé de la plainte, en mettant les géants Facebook et Youtube face à leurs responsabilités pour mieux faire état de leurs graves manquements, dénonce le fait que la  vidéo du massacre ait été laissée sur Facebook « 29 minutes après le début du « live » », avant son retrait. Des « minutes durant lesquelles des mineurs ont eu accès à ce film, et notamment des mineurs de confession musulmane, profondément traumatisés par ce film ».
« Le défaut de célérité de Facebook pour supprimer la vidéo litigieuse a eu pour conséquence sa publication sur YouTube peu de temps après le direct », est-il encore stipulé. « La vidéo litigieuse a ainsi été diffusée sur le territoire national par le biais de ces deux plateformes. Ces réseaux sociaux engagent leurs responsabilités pénales en raison de la gravité du crime et des conséquences psychologiques chez les plus jeunes. »
Dans les heures qui ont suivi cet épouvantable drame, la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, avait très vite exigé des explications de la part de Facebook quant à son inertie coupable.
« Au cours des 24 premières heures, nous avons retiré dans le monde 1,5 million de vidéos de l’attaque, dont plus de 1,2 million bloquées lors de leur téléchargement », avait indiqué deux jours après l’attentat Mia Garlick, une responsable de Facebook en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, le mal était déjà fait et depuis longtemps.
 
 
 

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