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Maroc : Nasser Zefzafi, le leader du Hirak, demande à être déchu de la nationalité marocaine

Depuis la prison de Fès où il croupit désormais, après que sa lourde condamnation à 20 ans de prison ferme a été confirmée en appel, Nasser Zefzafi, 39 ans, le leader du mouvement contestataire Hirak, dans le Rif marocain, a adressé une requête aux autorités du royaume chérifien qui en dit long sur le désespoir et le ressentiment qui le rongent face à l’iniquité de son sort.
Animés par les mêmes sentiments, Nabil Ahamjik, Ouassim el Boustati, Samir Ighid, Mohamed el Haki et Zakaria Adechour, cinq autres militants logés à la même enseigne que lui, ont apposé leur signature à côté de la sienne pour demander à être déchus de la nationalité marocaine.
Arrivée sur le bureau du ministre de la Justice et du procureur général du Roi près de la Cour de Cassation, ainsi que l’a révélé le père de Nasser Zefzafi sur les réseaux sociaux, cette requête sera-t-elle balayée d’un revers de main, comme l’ont été les accusations de « harcèlement, provocations et tortures » portées contre l’institution pénitentiaire par les six détenus du Hirak ?

           Ahmed Zefzafi, père du leader du Hirak

Dans cette missive au vitriol, dont ils ignorent quelle suite lui sera donnée, le chef de file de la fronde nord-marocaine et ses partisans emprisonnés à ses côtés n’ont pas manqué de dénoncer, encore une fois, « l’instrumentalisation de la justice » qui a « rejeté les preuves de leur innocence », en s’indignant contre les « tortures » subies à l’ombre des barreaux, au cours d’interrogatoires musclés. Ils ont aussi déterré des faits mentionnés dans un rapport officiel qui, lui, a été hâtivement « enterré » par les autorités.
Voici ce qu’écrivait en avril 2019 l’insurgé du Rif, Nasser Zefzafi, après avoir décidé de s’infliger un terrible supplice, imité en cela par Mohamed El Haki, son compagnon d’infortune : ils se sont cousu les lèvres en signe de leur plus vive protestation.
« J’ai décidé de mener cette bataille, car je suis convaincu de mon droit à la liberté. Je m’oppose à la militarisation du Rif, à l’assassinat et à l’enlèvement des rifains. A ces points, s’ajoute le refus de l’administration de la prison de me remettre mon dossier médical ».
Alors que ses principaux fers de lance ont été embastillés, il est bon de rappeler que le mouvement de protestation pacifique du Rif marocain est né d’un drame épouvantable, en octobre 2016, quand un malheureux vendeur de poissons, qui s’opposait à la saisie de sa marchandise, finit broyé dans une benne à ordures.

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